DzActiviste.info Publié le ven 1 Nov 2013

« Greffe, don d’organes, don de vie : problématiques, réflexions éthiques et perspectives »: colloque à Tizi Ouzou.

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La Faculté des sciences humaines et sociales de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou vient d’organiser un colloque national dédié à la transplantation d’organes. C’était à la fin de ce mois d’octobre (30 et 31) 2013. « Greffe, don d’organes, don de vie : problématiques, réflexions éthiques et perspectives ». C’est le thème choisi par les organisateurs pour annoncer cette manifestation qui s’est déroulée dans l’auditorium du pôle universitaire de Tamda.

Un sujet de société important, un réel problème de santé publique dans notre pays, dont s’est saisie la Faculté des sciences humaines et sociales – sa vocation – mais qui n’a pourtant pas suscité l’enthousiasme attendu. L’assistance était en effet très peu nombreuse et la salle de conférence était presque vide. Une vingtaine de personnes, tout au plus, s’étaient données la peine de se déplacer pour la deuxième journée. Un désintérêt qui témoigne de l’état d’esprit qui prévaut chez nos universitaires. Les enseignants de cette faculté étaient absents, quand aux étudiants… j’imagine qu’ils ont suivi l’exemple de leurs « maitres ».

Le colloque a été marqué par des interventions intéressantes où médecins et psychologues ont échangé leurs expériences respectives. Les difficultés que rencontre la transplantation d’organe a été évoquée – très peu de personnes sont greffés dans notre pays – et les raisons identifiées. A titre d’exemple, 119 greffes de reins ont été pratiquées en 2012 en Algérie pour 160 000 personnes en dialyse. 34 transplantations de foie seulement ont été réalisées dans notre pays en 10 ans. Des chiffres insignifiants au regard de ce qui se fait dans les pays du même niveau de développement que le nôtre.

En ce qui me concerne, je suis persuadé – c’est d’ailleurs ce que j’ai développé dans ma communication – que l’obstacle principal à la transplantation dans notre pays est le bas niveau de développement des citoyens. La société algérienne n’a pas atteint un stade d’évolution (culturel notamment) qui lui permette d’accéder à des débats de société tel que celui-ci; et les responsables politiques, citoyens avant d’être responsables et émanation de cette société, n’ont pas le savoir, la culture et la sensibilité (valeurs qui fondent l’humanité, faut-il le souligner), indispensables pour initier sur le terrain des projets citoyens d’une telle ambition. Car il s’agit ici citoyenneté, de don d’organe, d’éthique, d’éthique sociale, de Lois et de gouvernance. Voici que nous entrons dans le domaine politique. N’est-ce pas que la greffe d’organe souffre, dans notre pays, d’une politique de santé inadaptée pour ne pas dire hasardeuse? Mais il n’y a pas que cela. Le scepticisme, le manque de conviction des praticiens – la greffe d’organe a besoin de médecins militants déterminés à la promouvoir – et l’absence flagrante de volonté politique de ceux qui nous gouvernent sont également responsable de la situation catastrophique de la greffe d’organes. Sans doute par manque de culture des uns et des autres, peut-être aussi par désintérêt à la souffrance et par mépris de la vie humaine.

Voici le titre de ma communication à ce colloque : « La transplantation d’organes : un indicateur du niveau culturel et du développement d’une société ? ».

La transplantation d’organes: un indicateur du développement et de l’évolution d’une société


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