DzActiviste.info Publié le mar 20 Mai 2014

Hassi Messaoud : 1000 travailleurs de Schlumberger en grève

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Jeudi 15 mai 2014

Face aux vides juridiques, les travailleurs en grève sont menacés d’être remplacés par… des travailleurs indiens.

Un millier de travailleurs de Schlumberger Algérie sont entrés en grève ce mardi.

Mécontents et exaspérés à la fois de ce qu’ils qualifient de mépris, manque de considération et de maltraitance mettant les ouvriers dans de mauvaises conditions de travail, ces salariés dénoncent également des pratiques administratives abusives et un déni des engagements pris auparavant. Leur décision d’entrer en grève leur a même valu une menace d’être remplacés par des Indiens !   
Soumission ou licenciement  
Importer de la main-d’œuvre étrangère serait donc si simple et une solution aux revendications syndicales. Ainsi, les travailleurs ont le choix entre se taire ou perdre leur emploi. Remplacer un millier de grévistes par des Indiens serait donc la dernière trouvaille des gestionnaires en ressources humaines de Schlumberger pour faire taire la revendication après en avoir accepté la plateforme. Après avoir accepté à contrecœur la création d’un syndicat, vœu légitime dont la satisfaction relevait du rêve inespéré, c’est le déni du droit à la revendication pacifique et à la grève du travail. Mettre en veilleuse les droits fondamentaux des travailleurs algériens, profiter à fond des brèches et vides juridiques de la législation algérienne, faire fi des lois de la République, les travailleurs se savaient dans une situation délicate à la veille d’une grève qui ne manquera pas de laisser des séquelles, car le recours à la justice ne garantit pas les droits du travailleur algérien, pensent les syndicalistes.
Grève pour le respect et la dignité
Initiée par la section syndicale des services pétroliers de Schlumberger à Hassi Messaoud, la grève des travailleurs de Schlumberger survient à la suite d’un préavis déposé le 4 mai dernier au niveau de l’inspection du travail de Hassi Messaoud, puis un report du 11 au 13 du même mois en vue de donner à l’employeur un délai d’intervention rapide avant l’enclenchement du débrayage. La menace a donc été suivie d’effet après le silence de la direction de l’entreprise qui n’a pas tenu ses engagements pris lors de l’accord du 20 mars 2014, selon Sidi Ben Ali Bilal, SG de la section syndicale de Schlumberger.
Améliorer les conditions de travail
La lecture de la plateforme de revendication globale transmise à notre rédaction laisse constater des requêtes vraisemblablement légitimes visant à améliorer les conditions de travail et sauver les acquis des travailleurs qui ne sont pas loin de ceux revendiqués par d’autres travailleurs du secteur pétrolier exerçant au Sud. 
Celle-ci comporte trois volets. D’une part, les points de discussion préalable à la négociation du 12 mai 2014, à savoir le changement de l’équipe dirigeante des ressources humaines, le retrait de la plainte déposée auprès de la justice, excuses officielles suite à des menaces émises par un responsable, et le réajustement des fiches de paye.
L’accord du 20 mars 2014 comportait, quant à lui, plusieurs points que l’administration s’était engagée à respecter, allant de la régularisation des rotations des employés sujettes à des modifications du système de travail, l’application de l’engagement de respect mutuel dirigeants-employés, l’augmentation de l’indemnité de nuisance, l’installation du comité de participation des travailleurs fin juin 2014, la révision de la convention collective de 2002, l’application de l’indemnité forfaitaire de service permanent IFSP, avec effet rétroactif à partir de juillet 2013 et l’application des bonus de chantier. La grève, quant à elle, se prolongera encore une semaine dans l’attente de la réaction de l’employeur.
Houria Alioua


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