DzActiviste.info Publié le ven 9 Août 2013

HISTOIRE DU THEATRE EN ALGERIE UN TROU DE MEMOIRE DANS LES MEMOIRES DE MAHIEDDINE BACHTARZI Bachtarzi était-il un Collabo !?

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Par : Abdelkader BENBRIK

Mahieddine Bachtarzi

Mahieddine Bachtarzi

Mahieddine Bachtarzi est présenté comme le Boss du théâtre en Algérie, comme aussi l’initiateur de la création du théâtre selon ses mémoires.  Il était aussi l’organisateur et l’initiateur et le guide des troupes musicaux-théâtrales dans les tournées à travers le pays durant la période de l’occupation.  Bachtarzi a de son vivant rassemblé  dira t-il ses mémoires qui les a publié dans deux tomes. C’est, une idée ancienne déclare Bachatarzi. C’est pourquoi, nous avons jugé bon d’exhumer de l’oubli un entretien effectué avec l’auteur avant sa mort, le 6 février 1986. Bachtarzi nous raconte son histoire :                                                                                                                 « Au début, je ne pensais pas pouvoir écrire un jour mes mémoires, jeune, je prenais des notes et j’étais arrivé par la suite à faire mon journal, le l’avais commencé en 1929, et c’était devenu une habitude que j’ai maintenue durant toute ma vie. C’est la guerre de libération qui m’a donné l’idée d’écrire mes mémoires. Ce qui m’intéressait à l’époque, c’était la représentation  artistique et le théâtre en particulier. Après la rédaction, j’ai déposé mes mémoires à la SNED en 1966. Le premier tome n’a pas mis longtemps à paraître, il est sorti en 1968. Il avait eu beaucoup d’échos dans le monde artistique. J’avais promis d’écrire le second tome quelque temps après. Seulement, on ne peut pas faire ce qu’on veu   Quand je suis rentré en Algérie, j’ai été chargé de diriger le conservatoire d’Alger. Ce n’est que huit ans après que j’ai remis mon second tome à l’éditer à la SNED en 1978 et il n’a paru qu’en 1985. Il a donc mis sept ans pour sortir. C’est vrai, il y avait 700 pages. Noua avons décidé de diviser le second tome en deux parties. La première partie prend en charge la période 1939-1951, alors que la seconde est consacrée aux vingt-trois années suivantes (1951-1974).

Mahieddine Bachtarzi, nous parle de son expérience, de son parcours :  « J’ai débuté en 1919 à Tlemcen, je chantais des chants religieux. Tahar Aichi, m’avait remis un poème que j’avais chanté en m’inspirant de la méthode de « comme la pluie » de Rigoberto. En 1922, j’ai édité un disque « Ô frères algériens ». Jusqu’en 1937, année d’interdiction de mes pièces, j’ai tenté d’emprunter cette voie politique, je me suis exilé en France. A l’époque, l’Emir Khaled, petit fils de l’Emir Abdelkader, qui était capitaine de l’armée revendiquait l’égalité avec les Européens jusqu’en 1938  on ne cherchait que l’égalité. L’Emir Khaled, cherchait à suscité une conscience politique chez les Algérois. La troupe de Grorges Abied, venue à Alger en 1921, avait attiré très peu de gens. L’Emir Khaled avait fait beaucoup de publicité pour la pièce. Les deuxième et troisième représentations s’étaient jouées devant un public très nombreux »                                                      

Mahieddine Bachtarzi, nous trace l’itinéraire dé débuts du mouvement artistique typiquement Algérien. Lui qui fait partie  « En 1920 ou plus exactement en 1919, la jeunesse algérienne commençait à remuer. A l’époque, je chantais. Au contact des Français, je découvrais le théâtre, je voulais en faire. Nous étions quatre ou cinq à être séduits par cet art. Par bonheur, la troupe égyptienne de Georges Abied était venue se reproduire à Alger. C’est à partir de ce moment que le théâtre commença à intéresser les gens.                                                                        

Jusqu’à la première guerre mondiale. Les Algériens ignoraient complètement le théâtre. Vous avez parlé des formes traditionnelles, je peux vous dire que la Halqa ! (le cercle) existait au Maroc. Mais en Algérie, nous avions des sketches qu’on montait à l’occasion des fêtes et des pèlerinages. Les gens rendaient visite à des marabouts à Sidi Brahim à Cherchell, à Miliana. A Alger les gens venaient célébrer  Sidi M’hamed un marabout. Tous les jeudis, dans la Rahba ! (la cour), on organisait des fêtes en l’honneur de ces pèlerins qui venaient de toute la région d’Alger. Le soir, autour d’un couscous, des amateurs présentaient des scénettes. C’est la seule source algérienne, Ksentini et Allalou étaient partis de là. On nous accusait de copier le théâtre français. A l’époque, on ne savait pas ce que c’était. On ne fréquentait pas les lieux où les Français donnaient leurs représentations. L’Algérien était complètement séparé de l’Européen. Seulement, on aimait le théâtre ».   

Bachtarzi, continu dans son récit, pour nous dessiner l’image des comédiens algériens de cette époque ; « C’étaient des amateurs qui faisaient du théâtre, ils aimaient jouer, ils y étaient prédisposés. On les appelait ‘’ Al Adjadjbiya’’, une sorte d’amuseurs publics. Ils se produisaient bénévolement, ils riaient, ils s’amusaient. C’est cette voie que nous avions empruntée. Mais le véritable départ de l’activité théâtrale fut la venue de George Abied.

Avant que les autorités Françaises n’imposent le service militaire aux Algériens, nombreux étaient parmi ces derniers qui émigraient en Orient. La famille Mansali s’était établie à Beyrouth, Mohamed Mansali revint à Alger en ramenant des pièces de théâtre. Parmi elles : ‘’Fi Sabil Al Watan’’ et ‘’Feth Al Andalousse’’. Ce n’est que quarante années après que j’ai appris que ‘’Fi Sabil Al Watan’’ n’était en fait que la traduction de ‘’Pour la Patrie’’ de Sardou. A l’époque, la pièce nous avait touchés parce qu’elle parlait de patrie. Nous l’avons interprétée en 1922. L’accueil du public n’était pas du tout favorable. Les gens ne comprenaient pas l’arabe littéraire. Quant la troupe de Georges Abied avait été bien reçue, nous avons cru bien faire en interprétant des pièces en arabe littéraire. Ce fut un échec. On jouait souvent dans la salle du Kursal, une salle de 1000 places. Les gens de la médersa fréquentaient ce lieu. Les gens de l’époque n’étaient pas des « mordus » du théâtre. Ils savaient que ça ne leur appartenait pas. Cela les laissait indifférents. Ce n’est qu’après qu’ils nous ont combattus.            Allalou a été le premier qui a eu l’idée d’écrire une pièce en arabe dialectal : ‘’Djeha’’, une adaptation des légendes de Djeha. Ses pièces ont eu un énorme succès. Pourquoi ? Je ne dis pas que les Algérois de l’époque avaient devant eux des génies. Seulement pour la première fois, ils sentaient qu’il y avait quelque chose qui les liait. C’est là, le vrai départ du théâtre algérien. Allalou a adaptés les contes de Djeha. Il a pris l’idée et en a composé une pièce.  Allalou a adapté ‘’Djeha’’ en s’inspirant des pièces qu’il a vues à Alger. Nous connaissons Djeha. Nous lisions ses histoires, mais il n’y avait jamais eu Djeha sur scène. Allalou utilisa les costumes de l’époque. Pour le public, c’était Djeha. La pièce était composée en trois actes. Comme il n’y avait pas de femme comédienne le regretté Dahmoune joua le rôle de la femme de Djeha.

Aucun travail sérieux. Pour l’époque, il n’y avait pas de mise en scène dans le sens moderne du terme. On était très pointilleux pour les entrées et les sorties. Sans plus, On avait affaire à des artistes qui aimaient le théâtre. La mise en scène avait commencé à être « tracée » au moment où on avait entamé la réalisation d’opérettes. On avait joué ‘’Othmane en Chine’’, ‘’l’Etat des femmes’’, ‘’La Princesse d’Andalousie’’. Nous étions obligés dans ce genre théâtral à faire un travail de mise en scène. 

La mise en scène s’est améliorée grâce à l’apport des jeunes après l’indépendance (Mustapha Kateb, Allel El Mouhib). A notre époque, le public ne s’intéressait pas à la mise en scène. Ce qui intéressait, c’étaient les jeux des artistes, le dialogue et le sujet de la pièce » Bachtarzi, ne parle pas de Kaki, ni de Abderrahmane Djillali, ni de Mustapha Touri, ni de Keltoum, ni de Bahi Foudala. Comme s’ils n’avaient jamais existé.

Dans les mémoires de Mahieddine Bachtarzi, nous apprenons aussi de l’auteur les raisons du retard dans le développement du théâtre en Algérie, surtout on dit de plus en plus que l’adoption du théâtre européen a été à l’origine de la disparition des formes traditionnelles à l’exemple du Goual, la Halqa, le Muqqalid (l’imitateur) , que dit Bachtarzi ? : «  Le Goual (le diseur ou le conteur), le Meddah ne sont pas des formes théâtrales. C’est le conteur. En Europe également existaient des personnes qui racontaient des histoires, des contes. C’est exactement la même chose chez nous. Le Goual connait une histoire et la raconte dans les cafés et les souks. Le Goual se trouve surtout à Oran. Il n’y avait pas eu tellement de Gouals dans l’Algérois. Le Goual n’a rien à voir avec le théâtre.                                                                                                                                                                        
Je dis que les formes traditionnelles ne sont pas du théâtre. Nous avions appris le théâtre durant la colonisation. Au début, il y avait de belles performances. Mais par la suite, il y a eu stagnation. Comme aujourd’hui. Pourquoi n’a-t-il pas trouvé sa voie ? Dans mes mémoires, tome ll , j’ai cité un ancien ministre tunisien qui avait répondu à une question relative à la crise du théâtre tunisien. Il avait dit que pendant la colonisation, les comédiens se considéraient comme des militants. Cette remarque était également valable pour l’Algérie. 

Allalou et Ksentini avaient opté pour une voie claire : la critique des vices de la société. C’est l’éducation du peuple. Ksentini critiquait le public algérien et plus particulièrement algérois. C’est cette voie que j’ai empruntée, je n’ai commencé à écrire qu’en 1932.

En Algérie le public savait que les comédiens ne pouvaient dire les choses crûment. On jouait donc avec les mots. On dit un mot, Le public le comprend autrement. J’ai écrit le tome ii pour faire comprendre aux jeunes ce qui se passait à l’époque, j’ai cité des journaux dirigés par des colons. A l’époque, ces journaux nous regardaient souvent avec mépris. Pour eux, c’était pour faire rire, En 1928, je chantais, Rachid Ksentini ne voulait pas se mêler de politique, il craignait d’être ‘’interdit de scène’’. Alors, il critiquait nos façons de vivre, nos défauts, nos vices »

Mahieddine Bachtarzi, répond aussi au sujet de plusieurs adaptations de pièces françaises, surtout celles de Molière, ont été montées par les troupes algériennes. On retrouve par exemple des pièces montées et réalisées déjà au Moyen-Orient, référence notamment à ‘’Abou Al Hassan El Mughafal’’ (Abou Al Hassan le dormeur éveillé) . Comment nous explique cela ?

« Après avoir été interdit de scène et pris le chemin de l’exil, il y a eu cassure, je suis revenu à Alger à la veille de la deuxième guerre mondiale. Les pièces étaient interdites. Nous ne faisions absolument rien. Les Français avaient compris qu’ils pouvaient se servir du théâtre, ils nous avaient fait appel et nous avaient demandé de faire des adaptations de Molière, j’ai entamé ce cycle avec ‘’El Mech’hah’’ (l’Avare) et ‘’ le Malade imaginaire’’.

Avant 1942, il n’y eu aucune adaptation de pièces française sauf une pièce montée par Ksentini : ‘’Un trou dans le mur’’. Ksentini était avec Marie Soussan qui exigeait de signer comme co-auteur toutes les pièces qu’adaptait l’auteur, il était obligé de le faire parce que Marie Soussan  était la seule comédienne de la troupe. Elle avait eu l’idée d’adapter ‘’Un trou dans le mur’’.

‘’Abou Hassan El Mughafal’’ a été adaptée par nombreux auteurs. Constatant le succès du théâtre algérien, des auteurs français avaient traité les auteurs algériens de plagiaires, je leur avais prouvé le contraire.                                                                                                                                                                                       Les Algériens, les musulmans ne pouvaient pas s’intéresser au théâtre de boulevard. Aujourd’hui, à la télévision on nous fait avaler des feuilletons égyptiens ».

Bachtarzi, parle beaucoup de Rachid Ksentini, mais ne lui réservait que peux de considération. Sollicité de parler clairement de Ksentini, qui était-il réellement, Bachtarzi répond : « Ksentini est arrivé à faire du théâtre parce qu’il était doué. Il a vu la pièce de Djeha de Allalou qui lui avait demandé de jouer un rôle dans la deuxième pièce ‘’Le mariage de Bou Âqline’’. Rachid Ksentini avait éclipsé Allalou. Ce dernier ne veut pas accepter cette évidence. Après avoir rencontré Marie Soussan, il avait commencé à faire du théâtre. Allalou ne faisait presque rien. Il avait d’ailleurs détruit ses pièces. Ksentini avait commencé à écrire quelque temps après. Il était fécond. Il a écrit une cinquantaine de pièces. Il n’écrivait que des canevas. Il comptait sur son jeu. Il dépassait tout le monde sur ce plan. Entre une répétée et une pièce créée, il y a tout un monde de différence. Comment j’ai écrit ‘’ Faqo’’ (ils sont au courant), je l’ai écrit avec sa collaboration. En l’écoutant improviser je transcrivais au fur et à mesure qu’il parlait. Nous avons joué cette pièce 123 fois. Chaque fois qu’on jouait cette pièce, on avait une autre pièce. Les mots et le vocabulaire changeaient. L’improvisation n’est pas simple.

A l’époque de Ksentini,  il n’y avait pas de critique politique directe. Mais on faisait de la politique autrement. Par exemple dans une pièce, le personnage musulman dit : « Tu as donné à Joseph un chocolat et tu m’a donné un caillou ». Voilà les questions politiques. Il y avait des politiciens, j’avais fait une pièce ‘’Les Béni Oui Oui’’ qui critiquait ceux qui disaient constamment OUI. Ksentini ne pensait pas du tout à la politique. Il faisait de la critique des mœurs. Il mettait en situation les Ouléma, les conseillers.

«  Dire que Rachid Ksentini était un nationaliste, c’est mentir ».

Mahieddine Bachtarzi, cible Rachid Ksentini de ne pas être un nationaliste Algérien ! C’est grave cette accusation, qui demeure noire sur blanc dans toute l’histoire, et les mémoires de Bachtarzi. Alors que dans nos recherches, nous avons obtenus le contraire, c’est Bachtarzi qui n’était pas un nationaliste Algérien ni un patriote. Document officiel à l’appui, que nous le publions, pour prouver un certain trou de mémoire d’un homme de culture, qui a récolté les honneurs après l’indépendance et devient le premier directeur du conservatoire d’Alger, 1966-1974. Honoré aussi à titre posthume le 21 mai 1992.

Ce que ne raconte pas Bachtarzi dans ses mémoires !?                                 Sa Trahison !!

Bachtarzi, qui accuse Rachid Ksentini  de ne pas être un nationaliste algérien. Alors que lui-même à collaboré avec le colonialisme Français. Bachtarzi, avait traduit Hymne national de la France ‘’La Marseillaise’’ en arabe en 1920 et l’avait interprété  avec sa voie, avec  enthousiasme et joie. Bachtarzi, honoré par la France colonialiste est porté dans le Livre d’Or de 1937, il est aussi auteur d’une cantate arabe à la gloire du Centenaire de l’Algérie (occupée) en 1930. Désigné par le roi du Maroc pour faire entendre le premier chant du Muézin à l’inauguration de la mosquée de Paris. Chante devant les Présidents de la République MM. Poincaré, Millerand, Doumer et Doumergue. Il a consacré ses efforts, surtout pour faire connaitre la France aux jeunes musulmans.  Quant à Ksentini il était un grand nationaliste à travers ses sketchs, comme Mohamed Touri ou Rouiched.  Mahieddine Bachtarzi  ne c’était montré oppressé par l’autorité d’occupation qu’une seule fois.. Dans le film ‘’Hassan Terro’’ !


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