DzActiviste.info Publié le jeu 10 Jan 2013

Hydrocarbures : Les députés ne savent pas jouer dans la cour des grands

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Les quotidiens de gros tirages ont carrément relégué dans l’obscurité les avis des députés à l’occasion du débat sur les hydrocarbures à l’APN. A quelques exceptions, comme celle du journal « officiel » Horizons (dont la moitié des pages est alimentée de pub-Anep). Le quotidien, Le Temps d’Algérie, qui pratique habituellement un journalisme de terrain, était présent et nous donne quelques tuyaux.

Bakir Mohamed Kara, député RND : «Après avoir écouté les spécialistes de la question et les responsables du ministère de l’Energie, je crois que l’Algérie peut entamer l’exploration de cette énergie non conventionnelle vu que toutes les mesures et précautions ont été prises sur l’impact de cette utilisation sur l’environnement, la santé, la recherche et autres. L’Algérie peut avancer à l’aise dans ce projet d’autant qu’il est retenu pour le long terme et non pour l’immédiat»

Même sens de cloche du FLN et de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV).

Les députés du PT semblent plus royalistes que le roi. Djelloul Djoudi : «Nous sommes contre ces voix qui s’élèvent et parlent de l’impact catastrophique de l’utilisation de gaz de schiste sur l’environnement ». «On n’a pas le droit de sceller les mains de l’Etat qui cherche à préserver les ressources énergétiques du pays», rencherit son camarade  Ramdan Tazibt

La seule opposition vient  du Front de la justice et du développement (FJD), parti islamiste présidé par Abdellah Djabellah dont un député a déclaré : «Nous rejetons l’article 23 bis de cette loi sur l’exploration du gaz de schiste compte tenu des conséquences hydrologiques et hydrogéologiques désastreuses. Cette exploration va porter atteinte au plus grand réservoir d’eau de l’Algérie et de l’Afrique et va investir des montants faramineux sur ce projet».

Le projet d’amendement de la loi sur les hydrocarbures a donc été adopté à l’APN sans vraiment faire de vague. Une adoption par défaut en quelque sorte. Il est vrai aussi que les députés ne savent pas -ou ne veulent pas- jouer dans la cour des grands, celle où se décide la gestion du pactole national.

Les députés de la majorité  n’ont donc pas fait les malins  et le PT confirme son statut d’objet politique non identifié. Le désintérêt des quotidiens à gros tirage (El Watan, Le Quotidien d’Oran, Liberté, etc) à l’égard de cette discussion semble faire contrepoint à l’attitude des députés du FFS dont le groupe parlementaire a décidé de boycotter le débat sur les hydrocarbures.

Le chef du groupe parlementaire du FFS dans son intervention a déclaré d’emblée : « Nous nous abstiendrons de débattre de ce texte ». Ahmed Betatache saisit l’occasion pour annoncer la tenue d’« une Convention nationale sur l’énergie au cours de cette année ». Le FFS invite  « tous les acteurs politiques, économiques, sociaux et universitaires intéressés, pour débattre de la sauvegarde de ce secteur de souveraineté dont dépend la sécurité, l’indépendance et le bien être de notre population ». Une initiative qui semble répondre à une forte demande de débats citoyens.

Ahmed Betatache affirme, pour expliquer l’abstention au débat : « Nous ne savons rien des tenants et aboutissants de cette politique ». L’orateur relève « l’instabilité juridique » depuis la nationalisation des hydrocarbures en février 1971, avec des lois successives introduisant  les multinationales dans les prérogatives de souveraineté. Il constate l’opacité de la gestion des recettes d’exportation et du fonds de stabilisation, « absence de vision globale sur les perspectives de ce secteur, intégrant les autres sources d’énergie, non renouvelables et renouvelables », la passation « sans contrôle » des marchés qui alimente une corruption dont les révélations de la presse ne concernent qu’un « partie de l’iceberg ».

Synthèse blog, 10 janvier 2013


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