DzActiviste.info Publié le dim 10 Fév 2013

Il a remporté près de 6,5 milliards de dollars de contrats en trois mois : les étonnantes affaires de l’italien Saipem en Algérie

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Deux contrats pour un total de près de 1,8 milliards d’euros avec Sonatrach en moins d’une semaine. Qui dit mieux ? Inexistante en Algérie il y a seulement quelques années, la société italienne Saipem a raflé la quasi-totalité des contrats pétroliers attribués par Sonatrach ces derniers mois. Dernier projet en date : annoncé le 12 novembre, il concerne la réalisation d’installations de traitement de gaz. En pleine crise financière, son montant peut faire rêver beaucoup d’entreprises européennes en difficulté : 1,3 milliards d’euros. Moins d’une semaine avant, le 5 novembre, le groupe italien avait remporté un autre contrat auprès de la société nationale des hydrocarbures : la réalisation d’un gazoduc long de 505 kms, pour un coût de 500 millions de dollars, reliant le champ gazier de Hassi R’mel au complexe pétrochimique d’Arzew.

Fin juillet, Saipem, dans le cadre d’un consortium avait également remporté le contrat de l’année : 4,5 milliards de dollars pour la réalisation d’un train de gaz naturel liquéfié (GNL) d’une capacité de 4,7 millions de tonnes par an à Arzew. L’attribution de ce contrat s’est déroulée dans des conditions surprenantes. Dans un premier temps, il avait été octroyé publiquement au consortium anglo-indonésien Petrofac/IKPT avant qu’il ne lui soit retiré en faveur de l’italo-japonais Snam Projetti-Chyoda. Les explications de Sonatrach sur ce revirement étaient peu convaincantes. Petrofac a tenté de protester mais l’affaire est restée sans suite. Dans le monde du pétrole, on évite de faire des vagues, surtout avec un pays comme l’Algérie. Depuis cinq ans, Sonatrach investit en effet entre 15 et 25 milliards de dollars, souvent dans des contrats avec des groupes étrangers et aucune société pétrolière ne prendrait le risque de se fâcher avec les Algériens.

Avant ces projets annoncés publiquement et qui ne concernent que les trois derniers mois, Saipem avait déjà remporté de nombreux autres contrats avec Sonatrach. Le groupe italien est présent dans la construction des deux gazoducs Medgaz et Galsi. Il est aussi candidat pour plusieurs autres projets lancés par Sonatrach, à commencer par le mégacontrat attendu pour la réalisation de la jetée de Mers El Hadjadj, à Oran.

« Aucun autre groupe pétrolier n’a remporté autant de contrats en si peu de temps », reconnaît une source proche de Sonatrach qui a requis l’anonymat. Mais au sein de la société nationale des hydrocarbures, personne n’ose émettre le moindre avis sur ces dossiers. « Sonatrach commence à nous poser de sérieux problèmes. Tous ses bons cadres sont partis. Les autres sont aux ordres. Or, Sonatrach, c’est l’Algérie. Si jamais, il lui arrivait quelque chose, on serait en danger », souligne un haut responsable algérien.

TSA


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