DzActiviste.info Publié le ven 17 Mai 2013

Il est possible de soutenir le peuple syrien dans sa lutte, tout en dénonçant le Qatar, et autres "Wahhabibites. "

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La concomitance, dans des paradigmes affirmés, peut provoquer la confusion. Ainsi, des gens réellement tournés vers le meilleur, pour tous les hommes, dans leur vie, et dans leurs revendications, se retrouvent-ils impliqués, de toute leur force, dans un combat à mort. Celle de la nation, ou celle du despote. Et, peut-être par science politique infuse, ils se rangent du côté le moins évident, qui ne colle pas à leur nature, ou celle qu’ils revendiquent. Ils s’engagent, de toute leur âme, aux côtés de celui qu’ils dénonçaient eux-mêmes, hier encore.

Ils disent qu’ils n’ont pas le choix, que trop d’enjeux sont en équilibre, que c’est peut-être le moment d’entrer en lutte, même s’il faut s’allier au diable. Pour eux, pour reprendre les vocables à la mode, en ce moment, de jerdane, ou de takfiristes, tous ceux qui ont levé la tête sont tombés dans une confrontation qui les dépasse, et dont ils ignorent que les ficelles sont tirées par le sionisme lui-même, et en personne.

Ils ont tous, et en même temps, éventé le complot. Ils ont pris un train pour l’histoire. Un train qui ne s’arrêtera qu’en gare.
Mais le plus étrange, pour moi, est que ces mêmes gens, qui ont estimé qu’il fallait rallier le diable puisqu’il le fallait, ne comprennent pas, eux-mêmes, que d’autres puissent, eux-aussi, s’allier avec le même opportun personnage, s’il le faut, et même s’il s’appelle le Qatar, ou tout ce qu’on voudra.
Les révolutionnaires syriens ne font rien d’autre.
Ils sont en état de légitime défense. Ils recourent aux moyens qu’ils trouvent.
Ils sont seuls, contre une armada qui n’a été créée, et développée que pour faire face à toute aspiration populaire. Ils ont commencé à exprimer leurs demandes de façon pacifique, avec des slogans modérés, preque ampoulés. La seule réponse qui leur a été faite était celle de la brutalité la plus débridée. En plus d’une propagande qui tentait d’éteindre leurs rêves.
Ils sont devenus comme du bétail dans des abattoirs. Le reste est connu.

Les syriens n’ont pas eu d’autre choix que d’accepter l’aide d’où qu’elle vienne. Et même l’arrivée un peu tonitruante d’étrangers qui sont venus les rejoindre, pour une idée ou une autre. Qu’ils crient le nom de Dieu ne doit pas être répréhensible  ni annonciateur d’une quelconque république islamique. Ces gens meurent par milliers. Ils voient tous les jours leurs frères tomber à leurs côtés, et ils savent qu’ils ne seront pas épargnés. Quoi de plus normal, en ces temps de terreur et de mort, que de se réfugier dans les promesses d’une autre vie ?
En ce moment, pour les syriens, les discussions byzantines sur les tenants et les aboutissants de la situation ne les intéressent pas, pas maintenant. Eux, c’est leur vie qui se joue, entre les deux, entre les tenants et les aboutissants. Ce qu’ils veulent, tout de suite, c’est que nous les soutenions. De la façon qui nous est possible. Pour le reste, faisons leur confiance ! Au moment venus, quand ils auront recouvré leur liberté, et pansé leurs blessures, ils sauront choisir la voie des hommes. Dans le sens le plus noble de l’humain. Ils se prendront en charge, et choisiront la voie qui leur semblera la plus opportune. Si cela peut se réaliser, en toute démocratie, les Syriens auront eu ce qu’ils cherchaient. Si tant est qu’aucun syrien innocent ne sera écarté de la vie publique, ni discriminé.

Soyons naïfs, et croyons en eux !
Le moment venu, ils sauront renvoyer l’intrus à ses douceurs habituelles. Leur liberté, ils l’auront conquise au prix de sacrifices inestimables. Ils le sauront, ou le découvriront. Et de la même manière que l’éveil a eu lieu en Tunisie, après la gueule de bois, les Syriens sauront rappeler qu’ils n’ont donné de chèque blanc à personne.

Personne n’ignore ce que cache la présence du Qatar au cœur de cette révolution. Personne n’ignore les méthodes, et les moyens, qu’il utilise, pour enfoncer son coin. Mais le fait, indéniable, qu’il ait investi de l’argent dans un bain de sang, pour des objectifs sales et noirs, ne doit pas nous faire oublier la cause première de tous ces sacrifices.
Ce serait trop facile, sinon, que le Qatar investisse dans un quelconque « projet », pour le compromettre. Il serait payé à prix d’or, et deviendrait un expert en déstabilisation des convictions. On l’envoie soutenir les Palestiniens, et hop ! Les Palestiniens deviennent un non peuple, et le moindre soupir de leur part signifierait qu’ils sont les agents de l’impérialisme. Ils ont bien accepté l’aide du Qatar, non ? Pardi !

Personnellement, j’ai adopté une attitude simple, naïve, et qui se revendique en tant que telle. On doit être naïf, à l’endroit de ses frères. Je suis du côté du peuple syrien, contre son despote. Ce qui compte maintenant, est qu’il puisse se libérer, sans plus de victimes, sans plus de dévastation. Et lorsqu’il aura recouvré sa liberté, alors ce sera un autre jour. Izid, wènsammiweh Yazid.
Je souhaite que la voie de la raison l’emportera sur celle de la haine. Et celle de la foi en les peuples sur tous les calculs politiciens.

DB


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