DzActiviste.info Publié le lun 20 Fév 2012

Il était une fois, un révolutionaire Krim Belkacem

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Krim Belkacem Un jeune homme, en Kabylie, a porté aux élections de 1946 un intérêt passionné. Il s’appelle Krim Belkacem. Il a vingt-quatre ans. Il est mandaté par le P.P.A.-M.T.L.D. Pour surveiller le déroulement des élections dans la région du douar Ouleb-Yahia-Moussa. La famille de Krim est très connue dans la région, elle est liée aux français. Le père de Belkacem a été caïd, puis, à sa retraite, sa grande sagesse, ses conseils éclairés lui ont valu de devenir président de la djemaa, le conseil de village. Krim Belkacem a également un cousin caïd et un autre garde des Eaux et forêts. Ces fonctions de caïd, de garde forestier, semblent subalternes et pourtant le pouvoir de ceux qui les exercent est considérable dans cette Algérie de l’après-guerre.

 Le caïd, par exemple, est choisi par les autorités françaises. Et dans les douars dépendant de communes mixtes c’est le seul contact que l’administrateur et les deux administrateurs adjoints aient avec la population. C’est au caïd que l’on s’adresse pour savoir ce qui se liasse, quel est l’état d’esprit de la population. C’est à lui que l’on indique la tendance que doit prendre telle ou telle élection, c’est lui qui « fait voter ses ouailles », en échange de quoi on donne tel ou tel poste de sous-ordre, tel ou tel avantage aux « protégés » du caïd, à qui, en outre, on laisse toute liberté pour « faire ses affaires ». Et la plupart ne s’en privent pas. Un papier d’état civil, pour lequel l’administration française demande le prix d’un timbre ou du papier timbré, devient un document fabuleux que le malheureux habitant du douar devra « acheter » au caïd mille ou deux mille francs ! La plupart de ces fonctionnaires avec la complicité de l’administration locale deviennent des petits seigneurs, tout dévoués aux Français, mais qui exploitent littéralement la masse des fellahs. Si le père de Krim Belkacem était de l’ancienne race des caïds qui défendaient leurs concitoyens, qui les faisaient bénéficier des avantages que l’administration française avait prévus, son cousin est de la « nouvelle vague ». Il a souvent proposé au jeune homme son appui, à condition de l’aider à savoir ce qui se passe, à ficher les membres ou les sympathisants du P.P.A. clandestin. Mais les relations se sont aigries car le jeune homme, délégué du M.T.L.D., devient lui-même l’un des «meneurs» de la Kabylie. Il a politisé la population. Et le cousin caïd ignorera toujours que c’est une de ses réflexions qui a été le détonateur de la révolte chez le jeune homme. Parlant de la population de son douar il a l’habitude de l’appeler « le troupeau de moutons dont je fais ce que je veux ». Et le jeune Belkacem s’est juré de « faire des hommes de ce troupeau de moutons ».

 C’est au jour des élections de 1946 que les deux cousins s’opposent sérieusement. Le caïd a réuni « sa » population et la dirige vers les bureaux de vote où il a placé comme chef de bureau son autre cousin, garde des Eaux et forêts. Comme cela, aucun risque que l’on vote dans le sens qui n’a pas été prévu ! Mais c’est la surprise. La population n’entre pas dans le bureau de vote. Elle obéit à Krim Belkacem. Elle ne votera que s’il en donne l’ordre. Le caïd fait très vite appel aux forces de l’ordre. Un léger accrochage se produit. Des chars prennent position pour intimider la population. La journée se passe sans autre incident. Krim a donné le feu vert. La population vote. Les élections comme dans beaucoup de douars seront truquées, préparées. Le jeune Krim s’en est aperçu mais il verra bien mieux en 1948 et surtout en 1951.

 Rentrant chez lui, c’est l’incident qu’il redoutait tant avec son père, l’ancien caïd. Il a pour le vieil homme le respect que tout fils musulman a pour son père. Mais celui-ci est outré de l’attitude de son fils.

 « Ils t’ont monté la tête, hurle-t-il, jamais la famille Krim n’a été contre la France. Et ce n’est pas mon fils qui va commencer ! Occupe-toi donc de mes figuiers et des champs comme je te l’ai proposé au lieu de monter les jeunes gens contre l’autorité !

 — Mais ils sont malheureux, on doit les tirer de là…

 — C’est ce maudit Messali qui t’a fourré ces idées dans la tête !

 — Nous avons tous la même idée : libérer cette population, ces hommes, de leur malheur…

 — Malheur ! J’ai bien vécu comme cela et tous ceux avant aussi. Restons à notre place… et tout ira bien. Avec l’instruction que je t’ai donnée tu pourrais trouver une place encore meilleure que celle que j’avais ! Au lieu de travailler tu cours la campagne, tu ne sais que parler, parler… pour nous apporter le malheur ! Comme s’il n’y en avait pas eu assez ! »

 Le vieux Krim s’est aperçu pour la première fois de l’influence politique de son fils sur la population. Il en est effrayé. La discussion continue, longtemps. Le père et le fils sont butés. C’est la rupture.

 « Va-t’en et fais ce que tu veux. Mais tu n’apporteras que le malheur. Sur toi, sur nous, sur la population… » La famille n’a pas renoncé, malgré la rupture, à faire rentrer au bercail le jeune « écervelé ».

 Quelques jours plus tard, Krim Belkacem rencontre « par hasard » le sous-préfet Ferret, qui engage la conversation. « Vous savez combien nous avons d’amitié pour votre famille qui fait honneur au douar… »

 Krim Belkacem est frappé par le ton décontracté, familier, de celui qui, pour lui, est un haut fonctionnaire, le représentant de la France. Le vouvoiement même le surprend.

 « Il ne faut pas perdre votre temps à faire de la politique. Vous êtes intelligent. Ne suivez pas les mauvais bergers… »

 Krim a sa gueule butée des mauvais jours. Il ne répond pas. Le sous-préfet soupire.

 « Enfin, réfléchissez. Venez frapper à la porte de la sous-préfecture. Elle vous sera toujours ouverte. Vous pourriez même y trouver un emploi… »

 Comme la carotte ne semble pas avoir de prise sur le jeune homme, les autorités vont utiliser du bâton. Une semaine après cette conversation, dix-sept gendarmes arrivent au douar avec l’ordre d’arrêter quinze hommes dont on connaît les opinions nationalistes. Quatorze sont arrêtés, enchaînés. Le quinzième, Krim Belkacem, est introuvable. Il est à vingt kilomètres de là. Il a profité du jour de marché dans un douar voisin pour faire de la propagande pour le M.T.L.D. Les gendarmes vont se retirer avec leurs quatorze prisonniers lorsqu’ils se heurtent à la population qui s’est réunie, hostile, et barre le chemin aux forces de l’ordre. Les gendarmes ont dégainé. Ils ne sont pas rassurés. Le vieux Krim, le président de la djemaa, se précipite. Il craint l’effusion de sang. Il est atterré par l’attitude de la population qu’il parvient tout de même à calmer. « J’irai demain à la commune mixte. On les relâchera. Je vous le promets. » Son pouvoir est grand sur la population qui fait confiance au vieux patriarche. Les gendarmes peuvent partir emmenant les hommes qu’ils ont arrêtés. Belkacem, revenant le soir, apprend les événements et donne ses ordres : « Tous demain chez l’administrateur de Dra-el-Mizan. Il faut prévenir les populations voisines. Asseyez-vous par terre, devant la commune, et n’en bougez plus jusqu’à la libération de nos frères. J’irai avec vous. Et même si l’on doit rester des jours assis là, nous n’en bougerons pas. On nous apportera de la galette, ce sera suffisant pour tenir. »

 A Dra-el-Mizan une commission composée du juge, de l’administrateur et de l’adjoint du sous-préfet doit statuer sur le cas des hommes arrêtés. Le lendemain, le bordj de l’administrateur est littéralement envahi par une foule silencieuse qui en bloque les abords. Dans le bureau de l’administrateur, le vieux Krim tente de défendre les hommes arrêtés.

 « Il faut les libérer. Ils n’ont rien fait, dit-il.

 — Si vous croyez que c’est par l’intimidation que vous y arriverez, Krim, tonne l’adjoint du sous-préfet, vous vous trompez ! » Le juge et l’administrateur renchérissent.

 « Mais je vous assure que ce n’est pas de l’intimidation, réplique le vieillard, c’est la touiza !

 — La touiza ?

 — La solidarité. Chez nous elle joue pour tout. Pour les moissons. Tout le monde y participe même si ce n’est pas son champ. Pour ramasser les récoltes. Pour construire une huilerie. Pour remplacer un bœuf qui meurt chez l’un de nous. Pour un mort, tout le monde est là. Pour quatorze des nôtres en prison, on est là aussi…

 — Bon, je vous crois, dit le juge, mais si nous relâchons les hommes pouvez-vous nous garantir que votre fils ne fera plus de politique ?

 — C’est difficile à dire ! Il est majeur et…

 — C’est à vous de le convaincre. Vous avez de l’autorité… »

  Là l’ancien caïd lève un bras au ciel.

 « Enfin, essayez, poursuit le juge, nous vous faisons confiance pour cette fois. Les élus de djemaa pourront aller les chercher demain à la prison. Ils seront libérés. Dites cela à la population. Et qu’elle déguerpisse. Allez ! »

 Se redressant dans sa djellaba, le vieux Krim annonce en kabyle ces décisions à la population. Au balcon de la commune, les trois membres de la commission l’observent. Mais personne ne bouge.

 « Allez, rentrez chez vous ! Nous irons les chercher demain. »

 Les hommes accroupis mangent leur galette en silence, regardent le sol, gênés de ne pas obéir au vieux chef. Celui-ci est bouleversé. Il ne sait que faire. Apercevant son fils, à qui pourtant il s’est juré de ne plus parler, il lui dit d’une voix tremblante d’émotion :

 « Allez, va. Dis à tes hommes qu’ils doivent rentrer. »

 Il a parlé en français. Krim Belkacem s’est levé lorsque son père s’est adressé à lui. Il voudrait lui prendre le bras, lui dire qu’il est toujours le chef respecté, incontesté, du douar, mais que pour cette affaire politique seulement c’est à lui que l’on obéit. Mais le vieil homme a tourné les talons.

 « Rentrez chez vous, crie Belkacem en kabyle, ils seront libérés demain.

 — Eh si la promesse n’est pas tenue ? crie-t-on.

 — Eh bien, nous irons tous à Tizi-Ouzou, je vous le promets. Allez, rentrez ! »

 Tous les hommes éclatent en applaudissements à l’adresse du jeune homme. On se sépare, on gagne les cars, les charrettes, les baudets en chantant les chants kabyles où il n’est question que de réveil du fils d’Amazir, le premier homme kabyle, de vie, de liberté. De la fenêtre, au premier étage du bordj, le juge désigne Krim Belkacem du doigt.

 « Voilà le vrai responsable, dit-il à l’adjoint du sous-préfet. On devrait s’en occuper sérieusement. »

 Et ça ne tarde pas. Si quarante-huit heures après le siège de la commune mixte les quatorze hommes sont libérés, moins de deux semaines plus tard Krim Belkacem est « invité » à comparaître le 23 mars 1947 pour atteinte à la souveraineté de l’État. Krim a compris. C’est la prison à coup sûr. Faut-il y aller ? Il se rend à Alger et demande conseil aux responsables du P.P.A. « Prends ta décision seul », lui dit-on.

 « J’ai hésité, j’ai revu en un instant ma courte vie de militant. J’étais né comme ça. Tout gosse, je ne pouvais comprendre cette discrimination. J’ai été à l’école Sarrouy a Alger, j’ai passé le certificat d’études européen, puis le certificat « indigène » plus facile. Pourquoi déjà français-indigène ? Aux chantiers de jeunesse, plus tard, je suis secrétaire. C’était à Laghouat, je devais écrire les noms des Européens en bleu et ceux des musulmans en rouge. Je crois que c’est cette image de liste bicolore qui m’a décidé. Cela va peut-être vous paraître stupide mais elle m’a rendu enragé. Mon frère est revenu d’Europe avec des médailles et les pieds gelés ! Là-bas on est bien égaux. Pourquoi pas ici ? J’ai pris contact avec le P.P.A. et rentrant chez moi je me suis attaqué à cette immense zone vierge qu’était la Kabylie pour y développer l’idée nationaliste. Je quittais la maison le soir après dîner et je ne rentrais qu’à 4 heures du matin. Mon programme était simple. Je disais aux jeunes : la dignité humaine n’a pas de prix. On ne doit pas accepter l’humiliation quotidienne. Il faut secouer les joueurs de dominos, les fumeurs, les buveurs d’alcool. Il faut nous libérer. En un an j’avais organisé 1 900 jeunes en cellules de 4 hommes. Je travaillais en même temps chez mon père à distribuer les vivres dont il était dépositaire. Je faisais l’apprentissage de la vie semi-clandestine. »

 Cette vie devient tout à fait clandestine le 23 mars 1947. Krim ne se présente pas à la convocation du juge d’instruction. Il sort une vieille Sten, dont la contrebande était importante, à cette époque, en Kabylie, et part vers la montagne.

 Krim Belkacem a pris le maquis. Il a vingt-cinq ans. Commence alors une des aventures les plus extraordinaires de la guerre d’Algérie qui conduira le fils du caïd d’un douar perdu de Kabylie à la table de conférence d’Évian où, quinze ans plus tard, représentant le peuple algérien, il signera les accords et le cessez-le-feu…

 Krim Belkacem devient une figure de la Kabylie. Sans relâche il parcourt le djebel, tentant de politiser la masse kabyle. Il est nommé chef de région du P.P.A. clandestin, recueille les cotisations, entreprend un programme d’éducation politique de la population.

 Il est infatigable. Il fait des rapports sur l’état d’esprit du peuple, sur ses réactions à chaque événement important. En même temps il commence une préparation psychologique au « coup dur ». « Si ça se déclenche, dit-il aux hommes, êtes-vous prêts à y aller ? »

 Les nouvelles recrues sont de plus en plus nombreuses. La bande rebelle de Krim Belkacem impressionne la population, galvanise les jeunes. Car Krim n’est plus tout seul, un sergent de l’armée française, Omar Ouamrane, l’a rejoint, puis bien d’autres. Ouamrane devient son lieutenant. Ils sont tous deux de taille moyenne. Krim a le front large, les yeux perçants, le visage plein. Sa vitalité et la Sten qu’il tient toujours sous sa veste lui donnent un grand prestige. Il sait aussi parler à la population, convaincre, donner confiance.

 Ouamrane, lui, ce n’est pas pareil, il fait peur. Il a un visage large et des mâchoires démesurées. Sa force est colossale. On a l’impression d’avoir un bison devant soi. Des petits yeux en amande semblent transpercer, fouiller celui sur qui ils se posent. Ouamrane, avec ses épaules de lutteur, surprend dans ces montagnes kabyles où les hommes paraissent si frêles, si secs, malgré une endurance extraordinaire. Il paraît déplacé, d’une autre race, venu d’un autre monde. Ouamrane, c’est une demi-douzaine de ces Kabyles, avec une seule tête. Énorme. Un bulldozer.

 Les autorités s’inquiètent de l’activité de la bande. On va créer des milices kabyles qui les traqueront avec l’aide des caïds et de leurs protégés. Puisque la population soutient ces hors-la-loi, tant pis pour elle. Perquisitions, arrestations, interrogatoires se succèdent. En vain. Krim court toujours et plus que jamais. Et la population des douars de cette partie de la Kabylie fait connaissance, avant l’heure, avec ce que sera la vie atroce de l’Algérien moyen, du fellah, pendant la guerre d’Algérie. La population a peur. Krim semblait bien sympathique, bien sûr qu’il a raison quand il parle mais il amène tous ces ennuis. Les milices qui viennent n’importe quand, les jeunes qui veulent tout casser, qui veulent partir. L’antagonisme qui a opposé Krim à son père se retrouve dans maintes familles de Kabylie. Le père de Belkacem n’est d’ailleurs pas au bout de ses ennuis. On l’a convoqué. On est brave avec lui. Pour l’instant.

 « On vous connaît, monsieur Krim, vous nous avez bien servis. Vous avez été un bon caïd, mais c’est de votre fils que tout le malheur vient…

 — Ah ! je le lui avais bien dit, gémit le vieillard.

 — Alors, livrez-le. C’est dans son intérêt. C’est ce qui peut lui arriver de mieux avant qu’il ne fasse de grosses bêtises. Et la population sera délivrée. Elle a peur, vous le savez bien, et elle risque de s’en prendre à vous, à votre famille, à votre maison. On peut vous tenir pour responsable. Ils vont tout démolir… »

 Si l’administrateur tient pareil langage c’est qu’il sait qu’une milice est en train de tenter de dresser la population contre la famille de Krim. On s’assemble aux alentours de la maison. C’est l’intimidation. Que faire ? Où est Krim ? Il ne revient que tous les deux ou trois mois chez lui pour embrasser les siens. Une nuit au maximum. Mais le hasard veut qu’il ait quitté l’autre partie de la Kabylie à laquelle il s’est attaqué pour venir voir les siens. Il arrive ce même soir au douar Ouled-Yahia-Moussa. Son père, affolé, lui explique la situation. Belkacem est fou de rage.

 « Jamais je ne me rendrai ! crie-t-il, si vous avez peur, alors chassez-moi. »

 Il découvre sa Sten.

 « Je vais y aller, face à eux. J’essaierai de parlementer mais s’ils veulent me prendre, je tire dans le tas. J’en tuerai le plus possible. Et comme ça vous serez débarrassés ! »

 Protestation de la famille qui l’entoure. Au fond, tout le monde en est fier ! On lui sert à manger, on l’embrasse. Il partira à l’aube.

 Voyant que le chantage auprès du vieillard n’a pas réussi, les gendarmes ordonnent le boycottage, la mise en quarantaine de la famille Krim. Personne n’a le droit de travailler pour elle, ni même d’adresser la parole à l’un de ses membres sous peine de prison !

 « On ne pourra pas faire la récolte ! » Le vieux Krim, le sage président de la djemaa, de l’assemblée de village, voit les gens du douar, qui hier lui témoignaient leur affection et leur respect, faire un détour dans la campagne pour ne pas le saluer, pour ne pas lui adresser la parole ! Le vieux est atterré mais les événements ne lui laissent pas le temps de réfléchir sur l’ingratitude humaine.

 Krim Belkacem et ses hommes ont décidé de passer à l’action, de punir ceux qui mènent les milices et participent à la mise à l’index de sa famille, qui perquisitionnent méthodiquement les mechtas. Ils dressent une embuscade contre le caïd et le garde champêtre. Le caïd est le propre cousin de Krim, l’homme qui disait « le troupeau de moutons… », la vengeance sera double ! L’embuscade est tendue à 2 km de Dra-el-Mizan. Le garde champêtre Aomar Mohamed est tué, le cousin, l’agha Dahmoun Slimane, échappe de justesse. C’est le coup de tonnerre en Kabylie. Krim Belkacem a franchi le pas. Il ne s’agit plus d’activités antifrançaises où il risque un ou deux ans de prison. Il est passé à la lutte armée. Il sera condamné à mort par contumace. Pour lui et ses hommes la révolution armée commence. Pourtant cela ne fait pas l’affaire du M.T.L.D. Krim a dépassé le parti, qui, pour l’instant, ne veut pas d’incidents de ce genre. Messali veut jouer le jeu parlementaire. Mais chez le jeune Kabyle l’esprit traditionnel a pris le dessus sur la politique. « Parti ou pas parti, dit-il, on ne peut pas nous empêcher de régler nos comptes avec nos ennemis. Cela s’est toujours fait chez nous ! ».


Article original rédigé par aziz3d et publié sur Guerre d’Algérie
Reproduction interdite sans autorisation


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