DzActiviste.info Publié le ven 25 Jan 2013

Il n’y a pas d’autre solution qu’une rupture radicale avec le système politique …..

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Adel HERIK

Pour tous ceux et celles qui estiment que notre pays mérite mieux que le marasme économique, social et culturel et la déchéance morale dans lesquels il baigne depuis trop longtemps, malgré un pétrole à plus de 100 dollars, il n’y a pas d’autre solution qu’une rupture radicale avec le système politique mis en place par le couple Ben Bella – Boumediène et reconduit sous divers déguisements par les différents groupes qui leur ont succédé à la tête du pays depuis 1979. Cette rupture devra englober aussi bien le mode de fonctionnement des institutions que la mentalité et les réflexes créés par 50 années de mensonge, de tromperie, de mépris du peuple et d’exclusion. Ce système a largement démontré sa totale incapacité à se réformer afin de répondre aux attentes du peuple algérien. Pire encore, il est devenu une maladie mortelle, semblable au cancer qui ronge le corps d’un individu et le condamne à une mort certaine à brève échéance.

Aujourd’hui, tout parti ou personnalité politique qui soutient le pouvoir en place, d’une manière ou d’une autre, et participe à ses simulacres d’élections, permet à ce cancer de produire toujours plus de métastases et participe à la mise à mort du pays. La seule attitude réellement patriotique est celle qui consiste à faire pression sur les tenants du pouvoir, de manière pacifique et sans recourir à une quelconque forme de violence, afin qu’ils reconnaissent leur échec et leur incapacité à redresser une situation catastrophique et qu’ils tournent définitivement la page de 50 années de mensonge, de déni de réalité et d’exclusion. Cette rupture radicale avec un système obsolète ne pourra se faire que par l’élection d’une Assemblée Constituante. Cette dernière aura la responsabilité de mettre en place, de manière libre et souveraine, le cadre légal et institutionnel qui permettra aux nouvelles générations d’Algériens et d’Algériennes de donner enfin corps au rêve de leurs parents et grands-parents, rêve qui leur a été volé par une classe dirigeante bornée, incompétente et hostile à toute forme de démocratie véritable, classe dirigeante qui s’est progressivement transformée en caste mafieuse qui n’a d’autre préoccupation que d’amasser des fortunes en pillant les richesses nationales et en recourant à toutes sortes de combines et stratagèmes et même aux méthodes les plus barbares telles que celles qui ont eu cours dans les terribles années 90.

La tâche est en même temps simple et complexe. Simple, car il suffirait, en effet, d’un sursaut de patriotisme au sein des élites dirigeantes ou qui gravitent autour du pouvoir pour que cette rupture ait lieu. Complexe, car la pieuvre mafieuse tient le pays prisonnier de ses multiples tentacules et la population, tout autant que les élites encore saines, adopte une attitude de spectateur passif. Le peuple algérien est comme ce malade qui refuse de reconnaître l’existence de sa maladie et adopte une attitude faussement désinvolte au lieu d’avoir le courage d’admettre la vérité et d’affronter la table d’opération. Cette attitude est proprement suicidaire, car le mal continue de se propager, détruisant de plus en plus de centres vitaux et diminuant chaque jour un peu plus les chances de guérison.

Il n’y a donc pas d’autre alternative que l’union la plus large de tous les patriotes sincères convaincus de la nécessité de cette rupture salutaire. Les différents groupes et associations qui se reconnaissent dans cette démarche et refusent de jouer le jeu du pouvoir en place n’ont d’autre choix aujourd’hui que d’engager un processus de communication entre eux et de travailler sérieusement à l’élaboration d’une plate-forme commune d’action et à la mise en place d’une instance de coordination des activités de l’opposition. Les petits groupes qui activent aujourd’hui sur internet ou sur le terrain n’arriveront à rien s’ils ne se mettent pas d’accord sur une vision commune de l’Algérie du futur et s’ils ne s’entendent pas sur la démarche à adopter face au pouvoir en place.

Pour nous, cette Algérie ne saurait être gouvernée par autre chose qu’un État de droit démocratique, dont le personnel, quelque soit son niveau dans la hiérarchie, n’aurait d’autre but que de servir le peuple algérien et d’améliorer ses conditions de vie. Du Président de la République à l’employé qui délivre les pièces d’État-civil à la mairie, tous les agents de l’État, civils et militaires, reconnaîtraient la souveraineté du peuple algérien et son droit d’élire librement et de révoquer ses représentants, dans le respect des règles universelles de la démocratie. Ils reconnaîtraient son droit de regard sur tout ce qui touche à la chose publique et s’interdiraient d’exercer sur lui une quelconque forme de tutelle. La loi y serait au-dessus de tous et serait appliquée à tous de la même manière par une Justice indépendante. Tout cela, le peuple algérien ne l’a pas aujourd’hui et ce n’est pas faute de le vouloir, mais parce que la caste qui s’est accaparée du pouvoir par la force depuis 1962 s’obstine à le lui refuser.


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