DzActiviste.info Publié le sam 3 Jan 2015

Il n’y a pas encore de web citoyen en Algérie

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Par Samir Hchicha

Juste une petite réflexion à propos du sujet abordé dans cette émission (voir vidéo). En commençant bien sûr par dire bravo à Abdou pour ce qu’il fait. Le sujet mérite d’être abordé et largement défendu, cela est mon humble conviction à ce propos depuis bien longtemps.

Je pense que malheureusement il n’y a pas encore de web citoyen chez nous. Je pense néanmoins que par ailleurs les autorités algériennes ont depuis depuis un petit moment déjà pris en compte (dans leur communication) « l’opinion publique algérienne » exprimée sur internet. Ils s’adressent même désormais de manière ciblée à cette sphère de l’internet, que les dirigeants ne connaissent pas, redoutent et appréhendent même à mon avis. Parfois on a l’impression que beaucoup de décideurs découvrent eux-mêmes les algériens au travers de facebook, par les photos venant de partout et de l’intérieur du pays en particulier, par le discours dans les vidéos filmées via des smartphones… etc

De là à penser que le citoyen algérien peut « soudaincoup » peser plus sur les décisions des décideurs algériens, je pense qu’il ne faut pas rêver non plus 🙂 Les dirigeants algériens ne prennent pas leurs ordres auprès des algériens, cela nous le savions déjà depuis longtemps 🙂

Il n’y a pas de web citoyen algérien car beaucoup d’indicateurs disent que la majorité des gens cherchent plutôt à beuzzer, au détriment donc de la qualité de l’information et du contenu des messages.

Ceci s’explique, je pense, largement par l’engouement des algériens pour les réseaux sociaux, facebook en particulier (réseau tourné vers l’image) au détriment des blogs et autres plateformes d’informations tournées vers le contenu, l’organisation, la collaboration, la réflexion et le débat.

Je relève ici la remarque de l’autre invité de l’émission Frédéric Bardeau qui rappelle que pour être citoyen à part entière sur internet il faut aussi des communautés de « codeurs » indépendants et citoyens. Décider de prendre la main sur l’internet et apprivoiser son usage, en dehors du bon vouloir des autorités en place, nécessite une conscience qui dépasse la simple course au beuzz, n’est ce pas. Cela suppose une réflexion collaborative et indépendante qu’on a rarement vu sur l’internet algérien, selon mon humble expérience. Créer de la plus-value et du contenu n’est pas notre fort, entre algériens malheureusement et la fracture classique évoquée par l’invité, entre ingénieurs et codeurs d’un coté et des larges couches d’internautes de l’autre, existe bel et bien et mériterait effectivement d’être réduite.

Nous avons ainsi rarement vu des blogs collaboratifs, les blogs algériens se comptant sur le bout des doigts, idem pour les communautés open source par exemple, rares et isolées, la jeunesse la plus dynamique ne voulant se lancer que dans le commercial, et le business.

Prendre le train de l’internet à compter de l’arrivée des réseaux sociaux et négliger tout le reste représente un handicap certain, et clairement remarqué à propos de l’internet algérien, à mon avis.

Je précise néanmoins à toute fin utile, que malgré ce que je relève là à propos de notre internet, il existe quand même des exceptions, trop rares pour ne pas le mentionner. A préciser aussi comme rappelé par Abdou sur ce plateau à juste titre que dans le cas algérien il y’a la contrainte , la peur de la répression et que plusieurs internautes ont déjà fait les frais de la répression lourde des autorités algériennes. Le principe étant la fermeture de toute possibilité de liberté de parole, d’organisation et de débats aux algériens (sauf sous le contrôle habituel du système en place).

Samir 03 01 2015
http://dzactiviste.info/hchicha/2015/01/03/il-ny-a-pas-encore-de-web-citoyen-en-algerie/


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