DzActiviste.info Publié le mar 19 Juin 2012

Ils comparaîtront devant plusieurs tribunaux La chasse aux militants et syndicalistes se poursuit

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Au moment où l’Algérie s’apprête à commémorer le cinquantième anniversaire de l’indépendance, conquise chèrement par nos pères, voici que la machine répressive continue de compresser, à travers son appareil judiciaire.


En effet, cinq militants et syndicalistes seront dans l’obligation de répondre à des convocations émanant de la justice algérienne.
- Il s’agit de Yacine Zaid, syndicaliste et membre du conseil national de la LADDH (Ligue Algérienne de défense des droits de l’homme),
- Abdou Bendjoudi membre du MJIC, le Mouvement de Jeunesse indépendante pour le changement, ainsi que
- Othmane Ouameur, militant du RDLD, Réseau de défense des libertés et de la dignité.
Ils comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Bab El Oued, près d’Alger, pour atteinte à l’ordre public et attroupement non armé.
- Quand a Rachid Arkat (Syndicaliste Autonome), il est convoqué pour se rendre à la brigade de gendarmerie nationale de la commune de Kolea, situé à 36 km au sud ouest d’Alger, le cinquième concerné,
- Abane Meziane militant du RDLD, avait reçu tôt dans la matinée, un télégramme le priant de se rendre au bureau du juge d’instruction, près du tribunal de Bouira (Tuviret) sans invoquer les motifs de cette convocation.
Dans un communiqué rendu public, le RDLD dénonce « Une machine répressive féroce, lancée par le truchement l’appareil judiciaire pour faire peur à une jeune génération qui aspire de vivre enfin en liberté » peut-on lire dans le communiqué. Le RDLD, affirme néanmoins, son soutien inébranlable à Abane Meziane et à tous les militants impliqués dans « Cette chasse aux sorcières, pur produit d’un régime de répression et d’un état de non droit » conclut le communiqué.
Pour sa part le collectif ACDA « Agir pour le Changement et la Démocratie en Algérie », apporte son soutien et dénonce l’usage d’une institution juridique, censée être impartiale et indépendante, pour la négation des droits garantis par la constitution, ainsi que par les traités internationaux, ratifiés par l’Algérie sur la liberté d’expression et de réunion, ajoute le même communiqué.
Quatre jours auparavant, le procureur de la République, près du tribunal de Sidi M’hammed, avait requis, trois ans de prison ferme à l’encontre du jeune blogueur Tarek Mammeri, pour avoir posté une vidéo sur Internet appelant au boycott des élections législatives du 10 mai dernier. Le verdict dans cette affaire sera prononcée le 27 juin prochain par le même tribunal. Le 3 mai dernier, un autre militant Abdelkader Kherba, membre du CNDDC, le Comité National de Défense des Droits des Chômeurs a été condamné à une année de prison ferme et une amende de 20 000 dinars pour incitation à attroupement, trouble de l’ordre public et usurpation d’identité.
Pour rappel, Abdelkader Kherba, a été arrêté par les forces de l’ordre lors d’une manifestation de soutien aux greffiers de justice qui entamaient une grève de la faim.
Désormais, le pouvoir répressif d’Alger semble bien mener une campagne d’intimidation à l’encontre des militants des droits de l’homme et des syndicalistes autonomes. Quant aux droits fondamentaux et aux libertés individuelles, ils sont gelés jusqu’à un nouvel ordre, ce qui n’a pas empêché le ministre algérien des affaires étrangères, Mourad Medelci, d’affirmer le contraire au conseil onusien des droits de l’homme !

Aziz Ait-Amirouche Pour Tamurt.info
 


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