DzActiviste.info Publié le ven 4 Oct 2013

Imaginez !

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La vie nous réserve encore bien des secrets et aussi loin que notre mémoire nous entraîne, des contes et légendes se confondent parfois avec la réalité.Imaginez ! dans Accueil

Imaginez, juste un instant, un pays, avec des monuments anciens, des ruines toujours vivantes quand bien même ce seraient des tombeaux.

Ils sont là, qui veillent, imposants, silencieux ou loquaces, à la recherche d’un temps qui se perd dans la galaxie et les étoiles de nos rêves qui nous conduisent vers des mondes infinis. Maintenant, imaginez que ces souvenirs figés depuis des millénaires s’estompent lentement pour conter une secrète histoire. Est-ce que nous le pouvons ? Sommes-nous capables d’imaginer ce que serait le vide qui ne nous renverrait plus une image familière ? Une image créée pour nous faire exister. Sans laquelle rien, plus rien n’existe. Comment décrire alors notre monde invisible ?

Ce monde, de quoi est-il fait ? Ce monde inconnu qui nous entoure et que nous percevons, parfois, dans un doute inquiétant, en faisons-nous partie?

Dans ce temps éternel, dans cette réalité éphémère dont nous ne distinguons que les contours imprécis, se profilent des images sans voix. Le temps, l’espace, le mouvement semblent se concerter.

Et nous imaginons.

C’est d’ailleurs tout ce que nous pouvons faire, tout ce que nous devons faire, tout ce qui nous reste à faire. Imaginez ! Mais que pouvons-nous imaginer ? Un temps irréductible qui se dilue, sans volume ? Un temps de l’autrefois, de l’autre jour, de demain, d’hier, d’aujourd’hui de toujours ? Le temps ne s’arrête pas et nous devons pourtant le prendre pour déchiffrer ce qui est au-delà dehors de notre intellection. Ce qui nous fait pénétrer dans le monde secret de l’intime conviction. Le monde ? Lequel? Tel qu’il est, violent, doux et sévère, placide et agressif, généreux et mesquin, impassible veilleur d’une nuit éternelle éclairée par la lumière de notre intuition.

Comment savoir ? Comment connaître ce que nous ignorons ? Comment savoir que nous ignorons ce que nous ne savons pas ? Comment percer l’insondable mystère qui se dresse et obscurcit notre regard absent.

Comment peut se faire la connexion avec le monde de l’esprit ? Là où tout devient possible, où tout se fracasse dans un éclat tonitruant. Le monde de l’esprit qui n’a aucune notion du temps pour qui le temps n’existe pas.

Exister dans un monde qui n’est pas, est-ce possible ? C’est toute notre compréhension, notre perception de ce monde bien réel qui nous échappe.

Alors, dans une course exaltée, freinée par nos doutes hypocrites nous quittons peu à peu la seule voie matérielle de notre raison. Les montagnes s’élèvent et les sommets deviennent inaccessibles, les gouffres se font profonds, les cavernes gron- dent des menaces qui résonnent au-delà du silence, les routes sinueuses se perdent dans un désert aride et nous nous arrêtons, las, épuisés, morts, vivants, inquiets, suspendus, indécis, en partance, immobiles, excédés, résignés, accablés.

Là, il n’y a plus de sons, plus de mots, plus de voix, plus d’oreilles pour entendre, plus de bouches pour parler, plus de lèvres qui s’entrouvrent, il n’y a plus que le sens qui se perd dans l’oubli de notre solitude. Et même si nous le voulons, les mots refusent de dire la douleur de l’angoisse, la peur du lendemain, la peur d’hier, toujours présente, qui fixe de son regard insondable.

Tout cela n’est rien. Nous venons de franchir la limite taboue et tout nous est permis. De rire, aux éclats, de faire couler nos larmes dans un torrent impétueux qui charrie notre peine et notre désespoir.

Maintenant que nous sommes arrivés au bout de ce voyage, lentement nous découvrons l’inestimable présent qui nous était caché. Il était là, pourtant, posé comme une évidente certitude. Mais nous étions aveugles. Voir, entrevoir, ne serait-ce qu’un instant, la vérité de l’Etre, la vérité de Soi, l’unique vérité. Voir en fermant les yeux, en ouvrant un cœur pur, en s’engageant, confiant, sur le chemin de la paix retrouvée.

Imperceptiblement, l’esprit s’anime et le néant vibre et se met… et se remet… à vivre.

A vivre pour exister.

Aziz Farès


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