DzActiviste.info Publié le sam 12 Oct 2013

Inculpation du blogueur Abdelghani Aloui : vague d’indignation sur les réseaux sociaux

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El Watan, 12 octobre 2013

1044269_521557624595419_1654250185_n (1)L’arrestation et l’inculpation du blogueur de Tlemcen Abdelghani Aloui, 24 ans, suscitent des réactions sur les réseaux sociaux.

Il est détenu depuis le 25 septembre 2013 à la prison Serkadji pour «atteinte à la personne du président de la République, outrage à corps constitués et apologie du terrorisme». Des blogueurs, en signe de solidarité, publient depuis hier des contenus critiques à l’égard du pouvoir. Différents activistes expriment leur indignation. Pour Kader Affak, «l’arrestation du blogueur traduit l’instrumentalisation des institutions». «Le système se croit encouragé à prendre les devants pour profiter de l’insuffisance et de l’éparpillement des premières réactions face aux précédentes atteintes aux droits et libertés. Il pense conjurer une reprise d’initiative du camp démocratique en poussant à la soumission immédiate. Et de justifier des enchaînements supplémentaires qui lui permettront d’assurer un contrôle encore plus strict de la société. C’est l’argument de la diffamation que pourront utiliser les voleurs et les égorgeurs qui se retrouvent protégés au moment où c’est la société et le mouvement démocratique qu’il faut préserver», observe Affak.

Selon Younès Sabeur Chérif, animateur de la page «Envoyés spéciaux algériens», «les autorités doivent comprendre qu’on ne vit plus dans une époque stalinienne. Elles feraient mieux de s’ouvrir et d’accepter les changements au sein de notre société, et arrêter tout forme de répressions». Cependant, l’animateur du blog «Dz Militant», Meziane Abane, partage un autre avis : «Il est évident que si nous nous référons au code pénal algérien, l’acte commis par Abdelghani Aloui est condamnable et les autorités ont le droit de l’arrêter car il est passible de poursuites judiciaires.».Toutefois, précise Meziane Abane, «du point de vue des droits humains, toute personne a le droit de s’exprimer librement sans être inquiétée, à condition que cette liberté ne soit pas utilisée pour offenser les autres».

Dans la foulée, Meziane Abane estime que «l’image reste le moyen le plus expressif pour nos jeunes… Des jeunes, comme Abdelghani Aloui, sont nombreux et ils sont dans leur droit en voulant s’exprimer librement, à condition de ne pas entrer dans la diffamation et la calomnie».
La militante Nassima Guettal est pour sa part inquiète quant à la suite des événements : «Je pense qu’après les poursuites judiciaires et répressions de militants au cours d’actions de rue, c’est le tour des blogueurs. Le régime réprime toute forme de liberté d’expression, qu’elle soit en réel ou sur le virtuel. A l’avenir, ils pourront attaquer directement les blogs et pirater les comptes.»

Sur le plan juridique, le président du bureau d’Alger de la LADDH, Salah Dabouz, rappelle que «l’article 41 de la Constitution algérienne stipule que ‘les libertés d’expression, d’association et de réunion sont garanties au citoyen’». Enfin, l’avocat Sid Ali Boudiaf souligne que «dans le droit algérien, il existe un flou concernant l’accusation d’’apologie du terrorisme’».

Bsikri Mehdi


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