DzActiviste.info Publié le mer 24 Juil 2013

Je… Je lis et constate.

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Au Jardin d’essai d’Alger, juin 2013 Rue89J’écoute aussi, même si je le fais beaucoup moins avec l’âge. Je sais aussi nos récriminations, stigmatisations, depuis toujours, quasiment depuis que l’algérien est algérien. Et les agissements, détournements de milliards d’euros nous avaient ils achevés, jusqu’à nous laisser toujours plus fatigués de notre invivable pays ? Je sais que tant de mes revendications n’aboutiront jamais. Ils n’auront nul égard et regard pour nous, nous laissant là à douter de nous, de nos capacités et régresser.

Je sais que certains, haut perchés, ne cesseront jamais de me regarder de ces drôles d’air culpabilisateurs qui ne prennent plus sur moi Je sais de vous, de plus en plus, la dilapidation des biens du pays. Sans que je puisse quoi que ce soit pour me sauver, pareil à un impuissant enchaîné, et que les échos de vos agissements sadiques, qui me parviennent, me torturent de plus en plus. J’apprends de plus en plus les dysfonctionnements de notre société, l’existence de plus en plus de passe –droits. Sans vraiment trop m’en étonner. Mais tout se passe comme si cela me conforte assez, dans mes idées, durant mes jeunes années d’adolescent lorsque j’avais décidé et fui le pays : il n’y a pas grand-chose, à attendre de dictateurs qui s’imposent par la force, même si certains d’entre eux étaient fort bien intentionnés…pour le bien de tous, en imposant le silence des « bâtisseurs » du pays. L’intention de bien faire existait certainement. Avant que l’échec remet beaucoup de discorde et de désespérance. J’ai vu des petites gens, demander naturellement des pots de vins. J’ai lu que des biens de luxe appartiennent dans les villes cossues d’occident, à des super-algériens, à l’abri de tout besoin. J’ai suivi les mots des intellectuels, qui parlèrent de démocratisation réussie de la corruption. Et, Comme je vivais comme jamais convaincu, on m’a rangé dans la catégorie de gens tant « attardés » d’être honnêtes. J’ai constaté, qu’après des années et des années de luttes de grèves—pourquoi les avoir fait tant baver et attendre—des enseignants et enseignantes aves des augmentations de salaire, que l’on considèrera outre mer comme ridicules, respirent mieux, retrouvant pour certains le sourire. J’ai appris qu’il y a à peine trois ans le salaire d’un médecin frôlait les 18 000 DA, et qu’ils ont, la plupart, abandonné le secteur public. On avait bâti, pour tout détruire sans rien préserver…La société se muant dans les inégalités qui voient un jeune licencié fraîchement sorti de l’université, trimer pour un salaire mensuel de 3000 DA alors qu’en haut les supers algériens n’en savant plus quoi faire de leurs millions d’euros.

Je sais que des instruits tirent la sonnette d’alarme sur le nécessaire et vital débat, depuis des décennies, sans jamais être entendus, surtout lorsqu’ils ne comprennent pas l’utilité de bâtir la plus grande mosquée d’Afrique, alors que nos hôpitaux sont dépourvus de matériels. Je sais que durant longtemps, la joie a déserté les foyers algériens, et notre souci restait de se barricader jours et nuits ; pour nous préserver de vos folies de guerres pour la suprématie et l’accaparement des biens du pays. Que d’années si ce n’est de décennies nous avaient été volées !

Alors que demeure encore l’aveuglement. Je vous concède que l’on ne travaille pas beaucoup ; et qu’il fallait songer à nous motiver à aimer que cela pour le bien de nous tous. Et d’avoir été ligoté par les interdits, ne nous facilite pas encore les choses… Je n’ai pas de travail salarié, ni vraiment un toit à moi et mes enfants ; je ne prends quasiment jamais de vacances comme la plupart des gens, pour me reposer de mes tourments à propos du déni de mes droits, et vaincu, je n’ai aussi, ni des désirs de luttes pour changer tout cela. Vous pouvez me considérer malade et très atteint, de vous écrire ces lignes. Je peux vous concéder cela. Mais alors pourquoi n’aviez vous rien fait pour préserver nos hôpitaux devenus tels des mouroirs. Pourquoi avez-vous tué jusqu’à notre espoir, de ce lieu de démunis, où l’on a toujours espéré un peu de vie, renaître une fois. Notre pays est loin de ressembler à celui rêvé par nos martyrs qui s’étaient sacrifiés. Il vous faut savoir, même au fond du trou, nous devons nous unir afin de bâtir un monde où chacun de nos enfants sourira spontanément.

Boghni 2013-07-23
Amokrane nourdine


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