DzActiviste.info Publié le jeu 25 Juil 2013

Je suis d’accord avec Ghannouchi …

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Cet homme est un danger.

Sur la chaine France 24 le guide intégriste Rached Ghannouchi s’est laissé aller à une argumentation qui sort des sentiers battus de l’exégèse islamiste. Interrogé sur l’aréopage des forces qui peuvent intégrer le processus politique que connait la Tunsie, Ghannouchi soutient, en substance, que toute révolution a le droit de se préserver, donc d’exclure les forces qui lui sont opposées. Il avance un argument tout à fait pertinent : celui de la République française où à ce jour, deux siècles après la révolution, les royalistes et le monarchisme ne peuvent toujours pas se constituer en parti et se poser en alternative à la république. L’argument est judicieux et s’applique pleinement à Ghannouchi, à son parti et à son projet de Califat !

Nul besoin d’exhumer de vielles déclarations, celles commises dans la matinée même de ce 25 juillet 2013 suffisent à illustrer le propos. Dans un « message à la nation » à l’occasion de l’anniversaire de la République tunisienne, dévoile une petite partie de son jeu. Ghannouchi adresse ce message sans assumer la moindre charge publique. Cet état de fait édifie sur le statut de supra-citoyenneté que s’arroge ce monsieur et avant de s’intéresser à son contenu Il faut bien poser la question de la qualité qui lui donne l’honneur de s’adresser à la Nation.  À l’évidence la qualité est celle de guide suprême du clergé Ennahda. Le guide ne se met pas en situation de rendre des comptes. Il doit être hors de portée du profane, hors du champ de l’exercice démocratique.

Vient ensuite le contenu de l’adresse. Sur deux points elle dévoile Ghannouchi théocrate devant l’éternel, banalisant le leste islamiste qui plombe le projet constitutionnel, « un projet consensuel démocratique et islamiste » (sic !), et détournant la symbolique du drapeau pour l’inscrire comme symbole du Califat – Régime antirépublicain s’il en fallait un -. Le verbiage sur le consensus, sur l’entente et la conciliation qui meuble le reste participe du machiavélisme de celui qui vient d’être promu chef en second de l’internationale islamiste. « Consensus », « entente » et « conciliation » qui mènent la république vers sa dissolution dans le califat… Le cheval de Troie n’a pas pris une ride…

La révolution populaire tunisienne a le devoir de se défendre contre la théocratie rampante. Elle a le devoir d’en démanteler les phalanges et les milices. Le devoir d’affirmer la liberté, l’égalité et la fraternité. Le clergé islamiste mine la république, il introduit des distinctions confessionnelles et réduit la fraternité à l’appartenance à une religion, il fonde des inégalités en établissant des classifications basées sur l’érudition, il récuse la liberté en la soumettant au sacré. C’est tout cela   la démocratie islamiste de Ghannouchi, c’est une non-démocratie. Alors le peuple tunisien a le devoir de défendre sa révolution en chassant Ghannouchi et son clergé… Ghannouchi lui-même atteste de ce devoir et sur ce point je suis d’accord avec lui, la démocratie doit se préserver de la théocratie.


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