DzActiviste.info Publié le sam 24 Nov 2012

Journée mondiale des femmes battues. Drame et omerta

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Par Said Radjef

Tandis que les autorités algériennes s’enorgueillissent de promouvoir la place de la femme dans la société les violences faites aux femmes se poursuivent sans que cela n’émeuve personne. Selon les chiffres du gouvernement, environ 8800 femmes sont candidates aux élections locales. Cependant, sur le terrain la réalité est tout autre : la maltraitance conjugale, les violences et le harcèlement dont sont victimes les femmes restent inconnus des médias, des partis politiques, des parlementaires, et de la justice. Omerta et complaisances politiques. C’est aujourd’hui que se tient la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Il est à se demander si la femme algérienne n’est rien d’autre qu’un outil dont on se sert pour maquiller des discours de circonstance.

En dépit de l’euphémisme propagandiste des autorités qui affirment que prés de 8800 femmes sont candidates aux prochaines élections, l’Algérienne reste cette victime invisible. Elle subit tous les coups sans pouvoir riposter. Il y a le harcèlement dont personne ne veut parler. Il y a ces filles arrachées de force à leurs familles et envoyées dans des lieux de débauche et de prostitution. Il y a les viols. Il y a l’époux névrosé, alcoolique et chômeur qui donne des coups pour apaiser ses frustrations. Situation intolérable, d’autant plus l’Algérienne n’a rien pour se défendre. Le code de la famille repose sur des lois archaïques et anachroniques.

Impossible de connaitre le nombre de femmes battues, violentées ou tuées sous les coups de leurs maris ou de leurs compagnons accessoirement cadres d’administration et généralement « proxénètes » pervers. Impossible également de savoir le chiffre de ces femmes abandonnées par leurs époux et leurs familles. Déshéritées et battues, le drame n’a jamais été médiatisé. Et c’est le moment choisi par les autorités pour soulever la question de l’égalité entre les femmes et les hommes, à l’occasion d’une élection sans le moindre impact sur la société.

Un notaire à Tizi Ouzou qui a requis l’anonymat, révèle que trois femmes sur quatre sont déshéritées ou exclues de l’héritage des biens de leurs familles. Sollicitées dans le cadre d’une enquête sur les femmes tuées et violentées, la gendarmerie, la police et la justice affirment qu’elles ne disposaient d’aucun chiffre officiel.

A quoi sert la présence accrue de la femme à un scrutin, lorsque les lois visant à la protéger contre les violences quotidiennes n’existent pas ? A quoi sert de souligner la présence massive des femmes candidates au double scrutin du 29 novembre, lorsque le drame des femmes violentées et agressées n’est jamais évoqué au sein des représentations populaires pour exorciser la société de ses vieux démons ?


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