DzActiviste.info Publié le ven 30 Nov 2012

Kabylie : Elections locales. Ni vainqueurs ni vaincus

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Said Radjef

Au terme d’un scrutin marqué par de nombreux dépassements, aucun parti n’ose revendiquer la victoire en Kabylie.

Avec un taux de participation de 44% pour les APC et 42% pour les APW, la Kabylie avait de la peine à départager les partis en lice, au terme d’une journée de votes marquée par de sérieux soucis d’organisation, sous d’abondantes neiges qui ont couvert les cimes majestueuses de Lala Khadidja. La confusion l’a emporté. Les élections pour le renouvellement des APC et des APW ont viré au scénario catastrophe ce vendredi matin. C’est la gueule de bois pour tout le monde : ni vainqueurs ni vaincus. Tout le monde refait ses comptes et aucun parti n’est parvenu à apporter la preuve qu’il est le maitre incontesté des lieux au Djurdjura. Ni dictature de l’opposition ni majorité absolue des partis pro pouvoir : la Kabylie semble renvoyer dos à dos tout le monde.

Alors que le Djurdjura reproduisait les échos d’affrontements qui auraient opposé les populations locales aux forces de sécurité dans de nombreuses circonscriptions de la wilaya de Bouira, plusieurs cas de dépassements ont été signalés dans la wilaya de Tizi Ouzou. Et pour ne rien arranger, certains partis à l’instar du MPA, ne manquent pas de crier au scandale. Le scrutin a été entaché par des accusations de fraude dans un camp comme dans l’autre. Impossible de déterminer avec certitude les cas de tricherie avérés ou non, mais les projecteurs se sont rapidement braqués sur la vallée du Djurdjura, fief traditionnel d’Ait Ahmed, ou le FFS a été rappelé à l’ordre a de nombreuses reprises. Avant même la fin du vote, les premiers soupçons de fraude faisaient surface. Le MPA, puis le RND et le PT tirent les premiers, dénonçant des irrégularités dans de nombreux bureaux. On reproche aux députés FFS de marchander avec les électeurs devant les bureaux de vote et de recourir notamment à de fausses procurations de vote. Riposte quasi immédiate du camp adverse qui dénonce également des anomalies dans plusieurs circonscriptions. « Nous sommes un parti transparent qui a un profond ancrage dans tout le pays. Nous n’avons pas besoin de tricher pour nous imposer », déclare un tête de liste FFS au moment un huissier de justice est dépêché dans un bureau de vote pour constater les irrégularités signalées par le RCD, le PT et le MPA.

Contactés tard dans la nuit de jeudi, des responsables du FLN et du FFS, parlent d’une compagne d’intox visant à discréditer leurs partis. Intox ? Impossible pour l’instant de savoir l’ampleur des fraudes mais il semble y en avoir eu dans plusieurs bureaux de vote.

Hier, quelques heures avant la fermeture des bureaux de vote, quelques heures avant le dépouillement, le FFS et le FLN se frottaient déjà les mains. Cependant, stupeur à la surprise générale lorsque les premiers résultats commencent à tomber : de nombreuses municipalités sont passées dans l’escarcelle des indépendants et des petits partis auxquels ici personne n’a prêté attention. Douche froide pour le FFS et le FLN qui se sont retrouvés dans une ambiance de « ni défaite ni victoire ».

Vendredi matin, le FFS qui s’apprêtait à fêter sa victoire en Kabylie, décommande toutes ses festivités, alors que le RCD, le FLN et RND, le plus grand perdant de ce scrutin, contemplent en silence leur déroute. Exacerber le repli identitaire et encourager le vote communautaire, n’est qu’une fuite en avant. Sous la déroute électorale se dessine une fracture Mais également une urgence: celle de réhabiliter au plus vite l’action politique et d’en finir avec les discours nationalistes et populistes qui éloignent chaque jour un peu plus les partis de la société.


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