DzActiviste.info Publié le mer 12 Déc 2012

Kabylie : Installation des APC. Le temps des piranhas

Partager

Par Amar Cheballah

L’installation des P/APC, lundi passé, dans les différentes municipalités au Djurdjura, est comme l’histoire de cette montagne qui vient d’accoucher d’une souris. Les résultats issus du scrutin du 29 novembre 2012 n’en finissent pas de toucher le fond. Outre les blocages qui frappent la majorité des APC malgré l’expiration aujourd’hui du délai légal (15 jours après l’élection), aucune formation politique n’a son destin en main.

La Kabylie n’aura connu qu’un court répit. La guerre fratricide qui couvait sournoisement, a repris ses droits entre le FFS, le RCD et le MPA. Le psychodrame s’est réinstallé au Djurdjura. Hormis quelques très rares municipalités qui ont échappé au drame des alliances, les autres ont été le théâtre de véritables affrontements. C’est le cas notamment à Mechtras et à Ain Zaouïa ou les populations excédées par l’imbroglio et les intrigues « scientifiques » des partis en lice, ont décidé de fermer les mairies. Dès qu’une sortie de crise se profile à l’horizon, un parti ou un autre claque la porte au nez de son adversaire. Dernier rebondissement, à la suite de ces marchandages, nous vient de la commune de Ain Zaouia ou, l’élu FLN a décidé à lui tout seul de fermer l’APC.

De quelles valeurs peut se prévaloir un parti lorsqu’il est l’otage d’une personne ou d’une famille ?, s’interroge t-on à l’unanimité, ici au Djurdjura. « Ce sont des piranhas affamés pour qui les valeurs de solidarité, de travail et de responsabilité morale et civique n’ont aucun sens. Tout ce qui intéresse ces élus est de mettre la main sur la mairie », déplore Omar L au moment ou la population décide de fermer la municipalité de Mechtras. Les populations ont l’impression d’assister à un combat de familles et de douars. Leurs convictions et leurs espérances apparaissent secondaires tant ce sont les ambitions du pouvoir pour le pouvoir de quelques familles qui priment. Le clivage au sein de ces formations politiques n’est pas fondamentalement un clivage idéologique et stratégique. Il oppose des familles, des clans qui cherchent un pouvoir sans partage. On n’est plus beaucoup dans le débat d’idées mais davantage sur un ring de boxe.

L’autre aspect qui frappe l’esprit ici en Kabylie, réside dans le fait que les populations ne comprennent pas l’attitude des partis qui se décapitent les uns autres, alors que leurs candidats sont mal élus et ne bénéficient d’aucune prérogative administrative réelle une fois portés à la tète de la municipalité. De nombreux citoyens invités à donner leurs avis sur ce qui se passe dans leurs municipalités respectives, estiment que la démarche des partis politiques affecte plus la démocratie que les textes et les lois avec lesquels l’Etat veut contrôler tout.

« Cela ne sert à rien de jouer aux victimes du régime, d’incriminer une quelconque loi et de crier tout le temps aux complots. Quand on n’a aucun projet de société ; quand on obtient 500 voix sur trente mille possibles, on doit se remettre en cause et chercher les solutions ailleurs au lieu de dresser les populations les unes contre les autres », conclut une figure charismatique du défunt MCB.


Nombre de lectures: 1217 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>