DzActiviste.info Publié le mer 24 Juin 2015

Le rêve algérien

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Said Radjef

Saïdani-Rais1En Algérie, tout est possible. Vous pouvez être un moins que rien et redevenir en un clin d’œil riche et puissant…Par exemple, vous pouvez être un revendeur de selles de mulets à Laâziv N’cheikh et redevenir l’homme le plus puissant du pays; vous pouvez être un repris de justice de droit commun, un délinquant sexuel et redevenir une grande notabilité de l’armée; vous pouvez être un chef de parc dans un coin perdu de la vallée du Djurdjura et redevenir le soir même le premier homme d’affaires du pays; vous pouvez être un aide comptable, un ignorant et redevenir le lendemain le chef de fil des élites nationales; vous pouvez être un chômeur de longue date et vous retrouver dans les trois minutes qui suivent à la tête de grosses fortunes…sans escales, sans passer par les étapes et sans avoir appartenu à la moindre noblesse. En Algérie, cela ne sert à rien d’aller à l’école pour s’y instruire ; la gloire, la puissance et la richesse passent par d’autres chemins, par d’autres sentiers… D’ailleurs, lorsqu’on regarde les grosses fortunes du pays et ceux qui nous gouvernent, on se demande pourquoi l’Etat s’acharne t-il à construire des écoles et des universités mènent le plus souvent à l’aliénation collective, au désœuvrement, au chômage et à la pauvreté de longue durée. Il faut bruler ces écoles et ces universités.

Vous pouvez sortir de la fange de l’histoire et vous retrouver quelques instants après au sommet de la gloire. En Algérie, Dieu enrichit qui Il veut. Il n’y a que Khalifa Moumen, un homme qui s’est retrouvé malgré lui au cœur d’un règlement de compte entre le MALG et le DRS, qui n’a pas de chance. A cause de cette guerre de chiens enragés, il en a pris pour son grade ; il va passer le restant de ces jours en prison, sans remise de peine parait-il. Il faut dire que la lutte contre la corruption a besoin de coupables ; Khalifa était au mauvais endroit et au mauvais moment. Le pauvre !

Un jour, Ferhat Zammoum qui nous a invités avec son frère Ali et la cousine à Baya Hocine dans un petit restaurant à Alger, nous raconta ce que les autorités algériennes avaient trouvé au Trésor lorsque les français quittaient notre pays, au lendemain des Accords d’Evian. « Nous n’avons trouvé que de la poussière et de vieux journaux, pas la trace d’un moindre franc », nous a-t-il dit avec un sourire ou l’on pouvait lire beaucoup plus de tristesse que de gaieté. Au bout de quelques années seulement d’indépendance, l’Algérie socialiste, l’Algérie sœur jumelle de Cuba, l’Algérie ou toutes les richesses du pays étaient la propriété exclusive de l’Etat, a réussi à compter plus de milliardaires que Paris, Londres, Madrid, Bern, Tokyo et Washington réunis.

Il faut reconnaitre que le socialisme ne peut rien contre la volonté de Dieu. Le rêve algérien est d’inspiration divine, alors que le socialisme est l’œuvre des hommes, de Karl Marx, d’Engels, de Lénine, de Freud …Le rêve algérien relève de la raison divine ; aucune théorie humaine ne peut venir à bout du destin et de la Volonté de Dieu. Nos dirigeants sont comme des prophètes, ils sont élus d’en haut, du Ciel ; ils n’ont pas besoin d’aller à l’école pour diriger, ramasser des richesses et monter sur le podium de la gloire. « C’est écrit », comme aimait à nous le dire Nana Khadoudja, la chouaffa du coin.


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