DzActiviste.info Publié le jeu 1 Nov 2012

La 3G, la chekara et la peur de la cyberdissidence.

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Younès Grar. Consultant en TIC : «Le dossier de la 3G manque de transparence»

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El Watan le 01.11.12

-Le ministre de la Poste et des TIC vient d’annoncer une nouvelle échéance pour le lancement de la 3G en Algérie, à savoir le premier trimestre 2013. Est-ce qu’on peut espérer enfin un lancement effectif de la licence 3G après plusieurs reports ?

A mon avis, les responsables doivent arrêter de faire ce genre d’annonce, puisqu’ils mettent notre pays dans une situation pas très sérieuse, si ce n’est à la limite du ridicule. Une opération aussi simple de lancement d’offres de la 3G disponible dans tous les pays, et notre pays peine à la lancer et la mettre à la disposition des citoyens. C’est une affaire commerciale qui doit être retirée aux politiciens. Il y a des opérateurs qui offrent des services, des clients preneurs de ces services et un gouvernement qui régule pour empêcher des dérapages.

C’est aussi simple que ça. Combien de fois on a annoncé le lancement de la 3G, la dernière voulait qu’elle soit disponible avant le 5 juillet 2012 (à l’occasion du cinquantenaire), on est à 4 mois de cette échéance et rien n’a été fait et sans donner aucune explication sur les causes de ce retard, on annonce une nouvelle échéance. J’aurais aimé que l’on mette en œuvre ces offres 3G ou 4G en concertation avec les différents acteurs (opérateurs, fournisseurs de services, utilisateurs) et l’on annonce la commercialisation des offres et leur disponibilité. Et non pas annoncer le lancement une énième fois.

-L’opérateur russe VimpelCom semble ne pas vouloir céder aussi rapidement Orascom Telecom Algérie (OTA) à l’Algérie en vertu du droit de préemption. Les négociations entre les deux parties s’éternisent. Ceci n’est-il pas, selon vous, de nature à retarder le lancement du projet ?

Je pense que c’est un faux prétexte. On ne peut sanctionner des millions d’utilisateurs et tout un pays à cause d’un opérateur. L’Algérie peut autoriser les opérateurs qui sont prêts et laisser ouverte la porte aux autres qui ne le sont pas. Je crois que cette histoire de rachat de Djezzy a trop duré, il faut que le gouvernement tranche rapidement parce que les choses sont en train d’évoluer, surtout dans ce domaine. On remarque comment des opérateurs se regroupent, d’autres sont rachetés et d’autres qui disparaissent. Il faut être très réactif dans la prise de ce genre de décision.

-Pensez-vous que l’argument officiel de ne pas pénaliser l’opérateur Orascom Telecom Algérie dans la course est le seul problème qui empêche réellement la concrétisation dudit projet ?

Je ne crois pas. Il y a un manque de transparence dans le traitement de ce dossier. Plusieurs versions sont avancées par les responsables : les opérateurs ont demandé le report, puis l’affaire Djezzy, puis l’on annonce même qu’on ne peut attendre éternellement Djezzy, etc. Il faut trancher rapidement et lancer ce projet 3G et non pas annoncer le lancement.

-N’y aurait-il pas, à votre avis, d’autres considérations d’ordre politique ou des oppositions en haut lieu qui voudraient faire capoter le projet ou du moins faire reculer le plus possible son lancement de peur d’une cyberdissidence ?

C’est vrai que ces hésitations poussent les gens à penser à d’autres prétextes et causes, liés à la liberté d’expression et ce que permet cette technologie de proposer comme possibilités.Mais il faut reconnaître que cette option aussi ne tient pas la route puisqu’internet est disponible, quoiqu’à vitesse limitée et les responsables dans leurs discours plaident pour la généralisation des TIC dans les différents secteurs. Il faut que les responsables mesurent ce que le pays perd à cause du retard pris dans l’introduction de ces technologies dans l’éducation, la santé, l’administration, etc.

La péripétie et la tournure que prend la gestion des projets TIC mettent notre pays dans une situation pas très reluisante. Il suffit de faire une lecture des différentes annonces faites, et qu’on pourra faire à travers une lecture de la presse algérienne depuis quelques années, et ça sera un bon exercice que je vous invite à faire, pour se rendre compte du sérieux avec lequel sont gérés plusieurs projets. Je citerais la 3G, le haut débit, le e-commerce, le paiement électronique, Ousratic, etc. On a annoncé leurs lancements à plusieurs reprises, sans effet réel sur le terrain.

Hocine Lamriben


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