DzActiviste.info Publié le lun 20 Mai 2013

La chronique du jour: Hammana mahmoud

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Abdelaziz Bouteflika aura certainement une durée de vie plus courte que certains de ses ministres..., REUTERS/Zohra Bensemra

Hier, le journal « JARIDATI’ a été censuré pour avoir traité de ‘état de santé du président.

Cet acte non seulement anodin mais qui dans d’autres pays relève du droit de l’information du citoyen se trouve érigé en Algérie en « secret d’Etat ».

Or, il se trouve que ce « secret d’Etat » n’a pas duré longtemps puisque, après avoir reçu l’aval de la police politique,l’ensemble des médias ont repris ce matin avec détail ce qu’hier seulement été prohibé.
Il ne faut pas ainsi etre un as pour comprendre que ce n’est pas au fait le dossier médical de Bouteflika qui est à l’origine de la censure mais plutot le fait que le journal incriminé a enfreint la règle immuable qui veut qu’aucune information ne doit etre rendue publique sans avoir reçu au préalable la bénédiction de la force occulte qui fait la pluie et le beau temps.

Un acte considéré comme une concession forcée de la part de cette dernière qui inciterait à d’autres concessions alors qu’elle ne veut pas que soit instituée une tradition démocratique qui autorise,entre autres, la libre circulation de l’information.

Ce qui est étrange, ce n’est pas la sentence en question aussi absurde soit-elle, mais plutot ce peuple que l’absence du président semble ne pas l’inquiéter outre mesure.Pas de protestation,pas d’indignation,les discussions dans les cafés continuent de porter sur le logement,le boulot pour les grands et sur les déboires du football ibérique pour les moins jeunes.Mais jamais sur les deniers publics dilapidés à longueur de journée et qui aurait servi leurs demandes.

C’est l’un des paradoxes de ce pays et le plus caractéristique d’ailleurs car à mon avis aucun autre peuple n’aurait toléré une telle aliénation,un tel mépris.

Si je salue le courage de la rédaction du journal qui vient de s’exposer au courroux du ministère de l’information,je suis contraint de me poser la question sur la solidarité de ses confrères auxquels je tiens à dire que leur silence ne peut etre interprété que par une caution tacite des dépassements du pouvoir et que le souvenir des malheurs qui se sont abattus sur Med BENCHICOU qui fut le premier à briser le silence de l’omerta est une preuve assez convaincante à l’endroit de ceux qui continuent de se confiner dans leur mutisme que le silence n’est pas la bonne recette face à un ennemi qui ne croit à aucune déontologie et encore moins à la liberté de l’expression.

Hammana mahmoud
20 05 2013


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