DzActiviste.info Publié le mar 10 Avr 2012

La chronique foot (4) : Mario Balotelli, la saga continue…

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Que serait le football européen sans Mario Balotelli? Ah, ce monde peuplé de joueurs policés, spécialisés en communication à deux sous, incapables de laisser transparaître la moindre opinion? Ah, ces propos insipides d’après-match ou ces tweets à l’eau tiède. Tout va bien, on va essayer de faire mieux, je crois qu’on a tout essayé, tout va bien avec le coach, On a eu des ‘opportchunités’…

Avec Mario, c’est autre chose. Esclandres, excentricités, débordements (sur et hors du terrain…), buts immanquables ratés, buts impossibles marqués, jets de fléchettes contres les jeunes de son club, virée dans un club de strip-tease, : on ne s’ennuie jamais avec l’enfant de Brescia. Avec lui, le footballeur redevient homme et vivant, loin de l’uniformisation en place depuis le début des années 1990.

Certes, les choses se gâtent pour lui. Expulsé dimanche dernier pendant le match contre Arsenal (vainqueur 1 à 0), Mario Balotelli devrait ne plus jouer d’ici la fin de la saison. Son entraîneur, Roberto Mancini, qui en a vu de belles et des pas mûres depuis le début de la saison (on pense à Balotelli face aux buts vides, qui préfère se retourner et essayer de marquer du talon – ce qui lui a valu d’être remplacé immédiatement…), a décidé de se passer de lui. Plus grave encore, Balotelli pourrait ne pas participer à l’Euro 2012 alors que la planète foot se faisait une joie de le voir évoluer à haut niveau. La décision n’est pas encore prise mais les anti-Balotelli sont nombreux en Italie et mettent en garde le sélectionneur Cesare Prandelli (lui-même très sourcilleux sur les questions de discipline) sur ce que pourrait coûter un carton rouge à la Squadra.

A suivre donc. En attendant d’en savoir plus, on peut lire l’excellent portrait de Balotelli publié par le mensuel So Foot d’avril 2012. On y découvre l’histoire d’un enfant né dans une famille ghanéenne, confié à une famille italienne (qui ne l’a pas adopté, Mario ayant pris le nom de Balotelli à ses dix-huit ans), et effrayé à l’idée de devoir partir en Afrique. Un enfant mal dans sa peau, en quête de reconnaissance dès son plus jeune âge avec un « sens exacerbé de la compétition« . Un surdoué qui n’a jamais cessé de mettre le souk dans le vestiaire et de s’empoigner avec ses partenaires ou entraîneurs dont son coéquipier Yaya Touré ou encore son compatriote-boucher Materazzi ou le très spécial Mourinho. Un joueur persuadé qu’il marquera un jour un but en finale de la Coupe du monde et qui risque de manquer aux supporters de Manchester City, toujours prompts à adopter « les personnalités rebelles et charismatiques« .

Terminons par cette anecdote rapportée par So Foot. Extrait :

« A Noël dernier, plutôt que de se payer un réveillon de nouveau riche, Mario Balotelli s’est rendu dans la petite église de Saint John, à Chorlton, un quartier de Manchester. Assis dans sa nef, deux mois plus tard, le father Mac Mahon confirme la rencontre. « Il était au fond, sage, avec sa copine et un autre couple.  Je crois qu’avec lui, ce n’est pas ce que tu reçois mais ce que tu donnes », dit le prêtre. Balotelli a-t-il profité de l’occasion pour se confesser ? « Non, non. » Une pause. « Il faut qu’il garde le diable en lui. »

No comment…

Akram Belkaïd

 

 


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