DzActiviste.info Publié le jeu 17 Jan 2013

La crise malienne ou les mauvais calculs du D.R.S ?

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Ahmed Amokrane

« Un régime incapable de se réformer,est un régime qui sera incapable de se préserver »

 

                                      Edmond Burke,philosophe irlandais du 18e siécle

 

 

Aprés les évenements libyens, où des forces militaires multinationales étrangères à la région du  Maghreb sont intervenues sous le regard timide et impuissant de l’Algérie,voilà des avions de guerre français qui  franchissent aujourd’hui,notre espace aerien pour intervenir au Mali .

 

Pays aux grands potentiels humain et énergitique,l’Algérie fut promise à un avenir plus radieux . Nos cinquante ans d’indépendance,la qualité de nos cadres,la jeunesse de notre population,la richesse de notre sous sol et l’étendu de notre territoire,nous permettaient d’accéder au statut de pays émergent au même titre que l’Afrique du sud,le Brésil, la Russie ou la Chine . Ce statut que nous avons raté pour diverses raisons,aurait pu faire de la Libye et du Mali ,des zones d’ influence algérienne .

La réalité,est malheureusement autre,non seulement la Lybie et le Mali,ne sont pas des zones d’influence algérienne,notre pays lui même échappe de plus en plus à notre contrôle !

 

En effet,l’armée au pouvoir en Algérie depuis 1962,directement ou à travers des civils commandés par les services,a mené volontairement chez nous des campagnes de dépolitisations massives dans le but d’imposer le silence à un peuple pour mieux le dominer . Cette stratégie irrésponsable,déboucha sur un désert politique dans un pays gouverné par un parti unique et clandestin : le DRS .

 

Sans vision politique ,le fameux parti clandestin adopta une politique sécuritaire pour diriger le pays . C’est ainsi,que dans chaque ministère,siége un colonnel du DRS,chargé de « sécuriser » le secteur .Grâce aux rapports qu’il envoie régulièrement à sa tutelle,l’officier du DRS ,prend de plus en plus de pouvoir pour devenir le véritable patron du ministère . Géné,le ministre cède progressivement ses prérogatives,préférant ainsi ne s’occuper que de ses privilèges personnels . Sans formation politique,ni capacités de gestion,l’officier du DRS ,se voit par son incompétence  bloquer le ministère qu’il est supposé sécuriser . La triste réalité,est que tous nos ministères,ambassades,siéges de wilayas et toutes nos institutions y compris la présidence de la république ,sont « gérées «  de la sorte .

 

Sans légitimité politique et craignant un soulèvement populaire, le DRS au pouvoir a décidé de terroriser la population tout en cherchant des soutiens extérieurs pour se maintenir à la tête de l’Algérie.

 

C’est ainsi que , des sommes colossales sont dépensées dans le domaine de l’équipement militaire.  Les rapports de la S.I.P.R.I (Stockholm international peace reasearch institute),montrent que  l’Algérie, détient  48%  des dépenses en armement en Afrique . Le même institut,montre que les dépenses algériennes en matières d’armement,ont augmenté de 44% en 2011 par rapport aux années précédentes .

Le rapport,montre  que les achats concernent en grande partie des équipements de lutte anti-insurrectionnelle adressés à une armée qui compte s’impliquer dans des domaines jusque là reservés au ministère de l’interieur . Le rapport montre aussi,qu’une partie de l’augmentation des dépenses de l’armée algérienne est liée aux augmentations de salaires des militaires .

 

Dans un pays,où il n’y a ni routes ni trottoirs . Un pays où l’école est sinistrée et où l’hopital est malade . Un pays où il n’existe ni terrains ni stades de football, les dépenses algériennes en armement en 2011,ont atteint seize milliards de dollars . Le même institut,prévois une hausse des dépenses de 14,2% en 2013 par rapport à 2011 !

 

Cette politique qui accorde à l’armée le plus grand budget de l’Etat,bien devant l’éducation et l’enseignement dans un pays de jeunes,se fait aux dépens de la croissance de l’économie nationale et sert celles de nos fournisseurs qui se bousculent à nos portes pour décrocher des contrats moyennant des pots- de- vin à coup de millions de dollars .

Le régime D.R.S ,continue à adopter une conception tiers-mondiste de la puissance en se dotant de féraille de guerre aussi inutile qu’encombrante et constament en retard d’une génération par rapport aux équipements militaires occidentaux et israeliens . Si cette conception de la puissance, était utile,elle aurait servi à Sadam Husein et à Maamar Khaddafi !

 

La réalité,est que la puissance ne consiste pas à importer à coup de milliards de dollars,le surplus d’un équipement que l’occident interdit à ses propres troupes . La puissance d’une nation,réside dans la qualité de formation et d’éducation des citoyennes et des citoyens . La puissance,d’un régime,c’est sa capacité à se réformer pour servir efficacement ses citoyens .

 

Autiste,le régime D.R.S,continue à augmenter ses dépenses militaires,créant ainsi des tensions avec notre voisin marocain qui s’est lancé à son tour dans la même direction . La tension née de cette course à l’armement,réduit les échanges économiques intermaghrébins et prive la région de revenus qui vont droit dans les poches du premier partenaire économique de la région,en l’occurrence la France . En effet,pour un P.I.B(produit interieur brut) maghrébin de plus de 380 milliards de dollars,les échanges intermaghrébins ,ne représentent que 2% . L’essentiel,du  P.I.B maghrebin, passe malheureusement tous les ans, de l’autre côté de la méditerranée !

 

 

Ces dépenses,ne sont pas le fait du hasard . En concurrence avec les armées marocaine et égyptienne,le régime algérien, voulait décrocher le statut de gendarme de la région chargé de la protection des frontières sud de l’Europe de l’Ouest . Pour convaincre et se vendre auprès des pays occidentaux ,tout en s’assurant de leurs soutiens en cas de soulèvement populaire en Algérie,le DRS ira jusqu’à créer des groupes armés terroristes qu’il largua en plein désert . Le but,est de démonter ses supposées capacités de lutte antiterroriste  !

 

Mais rapidement,l’arroseur est arrosé . Crise financière et économique obligent,l’occident en difficulté,a besoin d’énergie et de liquidités . Le DRS ,est pris au mot . Sous prétexte de « lutte anti-terroriste »,Les troupes armées occidentales vont s’installer dans la région dans le but de contrôler les mines d’uranium du Niger et les champs de pétrole et de gaz d’Algérie et de Libye sans oublier ceux du Nigeria . En même temps,Alger est pressée d’accorder des « emprunts » à coup de milliards de dollars,à des supposés organismes internationaux !

Une chose est certaine,les reserves algériennes en Dollars,excitent nos « alliés occidentaux » …

 

Fins calculateurs,les américains et leur sous-traitant français savent que la Chine aura besoin dans un avenir proche, d’espaces et d’énergie . Sans tarder, ils ont anticipé en envoyant leurs troupes armées  au Sahel et bientôt au Maghreb .

 

Quelles solutions ?

 

La situation est grave. Le pays est réellement sous menace de spoliation de ses  richesses nationales par les puissances occidentales. Le régime d’Alger est dépassé . Le D.R.S , est en faillite . Il n’y a plus de pilote à bords d’un grand pays comme l’Algérie !

 

J’invite les personnalités qui font l’unanimité auprés des algériens,telles que Lahouari Addi,Mohamed Harbi et Ali Yahya Abdennour,à appeler en urgence à une conférence nationale pour sauver ce qui reste à sauver de ce pays .

Cette conférence nationale, nommera un gouvernement de transition qui sera présidé par une des personnalités sus citées. Ce gouvernement de transition exigera de l’équipe dirigeante actuelle, une passation pacifique du pouvoir pour cause de faillite généralisée. En cas de refus,le gouvernement de transition,appellera le peuple à envahir les rues du pays pour manifester pacifiquement et exiger le départ du régime responsable de la faillite algérienne . Une amnistie générale,sera décrété .

 

Une fois la passation du pouvoir faites, le gouvernement de transition,définira les étapes de la phase de transition . Il  se chargera de préparer des élections dans un délai de 6 mois pour élire une constituante qui se chargera de la rédaction d’une nouvelle constitution . La parenthèse des cinquante années post indépendance,doit se refermer rapidement .

 


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