DzActiviste.info Publié le sam 2 Juin 2012

La FAO, l’Algérie et les guillemets

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Chacun à sa place et les vaches seront bien gardées. Cet adage est d’une pertinence éclatante chaque fois il est question de débattre du rôle des médias dans la société.
Lors d’un atelier organisé à Alger la semaine dernière sur le rôle des médias dans la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse, le représentant de la FAO à Alger a tenté d’expliquer la nécessité de précision dans le traitement de la thématique en question.
Mais, dans sa démarche, ce diplomate s’est mal inspiré. Voulant étayer son propos par un exemple concret, il citera un article d’El Watan économie traitant de la question de la déforestation en Algérie.
Dans l’article est mentionné que l’Algérie est 2ème pays d’Afrique en termes de superficie. Or qu’elle en est la première depuis la partition du Soudan.
En réalité, le passage est repris d’un document élaboré en 2009 comme mentionné dans l’article, soit avant la division du Soudan.
Cette malencontreuse erreur n’est due qu’à une omission technique anodine ayant entraîné la suppression des guillemets.
Il fallait lire: « Il faut dire qu’avec une superficie de plus de 238 millions d’hectares, l’Algérie est le deuxième pays d’Afrique en étendue après le Soudan… » Une intelligence de premier degré aurait permis de s’en rendre compte. Mais pour ceux qui cherchent à faire feu de tout bois, comme « l’expert » en question, c’est un cas de désinformation.

Le défi de l’efficacité

Ce qui nous amène à nous demander si le rôle de la FAO à Alger ou dans d’autres Capitales étrangères se limite-t-il à la recherche de guillemets, de virgules ou points manquants dans les articles de presse ?
C’est une éventualité à ne pas écarter. C’est le cas des représentants de ces Organisations dont on n’entend parler que lors de rencontres ponctuelles avant qu’ils ne se retranchent dans leurs bureaux. Et c’est là qu’ils passent leur temps à juger les articles de presse dans la forme et non pas dans le fond.
Pourtant, une organisation qui se charge de l’agriculture et de l’alimentation peut mieux faire dans un pays comme l’Algérie où le secteur agricole est entré dans une nouvelle ère avec des réformes multiples.
Enfin, il y a des pays où la question de superficie est comme quelque chose de frustrant, certes, mais le plus grand défi n’est pas dans l’étendue des territoires en possession mais, plutôt, dans leur maîtrise, (leur gestion, leur aménagement, l’atténuation de la dégradation des terres, les écosystèmes, etc.)
C’est dans ce domaine d’ailleurs que les experts ès-qualité sont attendus pour répondre aux attentes des populations locales.
Ces spécialistes doivent faire preuve d’efficacité et doivent être soumis à une obligation de résultat lorsqu’ils sont mandatés par des Institutions internationales budgétivores et alimentées avec l’argent des contribuables de pays qui s’enfoncent davantage dans la pauvreté.
Y a-t-il un pays d’Afrique où la FAO a contribué à l’éradication de la pauvreté ? La FAO a-t-elle joué un rôle autre que celui de spéculer sur les produits agricoles de base en livrant constamment des pronostics en complicité avec les lobbies du commerce international ?

Classé dans:Marché agricole et régulation, Ressources naturelles Tagged: FAO


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