DzActiviste.info Publié le jeu 10 Avr 2014

La farce du 17 avril (source Courrier International)

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C’est un cri du cœur, celui d’une poignée de harragas (des migrants clandestins) qui ont choisi l’exil. Sur leur embarcation de fortune, ces jeunes Algériens ont tourné une vidéo avec un téléphone portable, qui circule aujourd’hui sur la Toile. “Ya Bouteflika, garde ton quatrième mandat et bye, bye l’Algérie”, s’exclame l’un d’entre eux. Il n’y a pas si longtemps, d’autres jeunes de pays voisins criaient “Dégage” à leur dictateur. De Moubarak à Ben Ali, certains de ces autocrates ont fini par dégager. Mais, à l’exception de la Tunisie, la démocratie n’a pas poussé sur les branches mortes des “printemps arabes”, et les Algériens s’en méfient. Certains préfèrent partir, d’autres descendent dans la rue en criant “Barakat” (Ça suffit). Ceux-là n’en peuvent plus d’un système autoritaire, où institutions politiques, instances militaires et rouages économiques ont fini par se confondre : à cet égard, l’élection présidentielle du 17 avril est une farce et Abdelaziz Bouteflika fait figure de marionnette entre les mains de ceux qui refusent de partager les rênes du pouvoir. Dans ces conditions, pourquoi aller voter pour un vieillard malade qui ne fait pas campagne ? “Je vote Bouteflika s’il m’explique pourquoi il me promet de faire en cinq ans, assis, ce qu’il n’a pas fait en quinze ans, debout, plus jeune et en meilleure forme”, persifle le journaliste et écrivain Kamel Daoud : “Je vote Bouteflika si seulement il ne vote pas à ma place.” Rien n’est moins sûr dans ce simulacre de démocratie, et les 39 millions d’Algériens le savent bien.


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