DzActiviste.info Publié le jeu 26 Déc 2013

La génération de l’après guerre a t elle échoué ?

Partager

44652_137881466244110_133674969998093_106530_7361984_nMohamed Jebbara

Notre génération a t elle échoué ou est ce le résultat d’un état social nécessaire et préalable ? En 1962 le pays était certes libéré, mais ses valeurs étaient elles stables ? A certains égards ces valeurs étaient encore sauvegardées et paraissaient encore intactes, elles constituaient le ciment de la résistance à l’occupant français, ce qui renforçait la cohésion autour d’elles, mais à certaines autres « valeurs », il fallait casser le nid d’œufs laissés par le colonialisme et qui a fini par éclore et phagocyter les nôtres après l’indépendance, pour détruire peu à peu notre culture et amener les gens à poser des questions d’identité que notre peuple avait résolues depuis 14 siècles.

Si le peuple Algérien se consolidait dans ses positions culturelles et refusait d’abdiquer aux politiques d’assimilation, c’était uniquement parce qu’il était colonisé, qu’il subissait l’agression et l’injustice d’un étranger à sa terre et à sa religion.

Dès que cette colonisation a cessé, cette résistance fût abolie avec ses causes d’injustice dont la source était étrangère  et le long travail de la colonisation commença à produire de l’effet à posteriori.

Ce n’est pas à mon sens le seul  pouvoir depuis l’indépendance qui est à l’origine de toutes les déchirures, mais une colonisation qui a duré 132 ans, soit un plus d’un quinzième du temps de la civilisation musulmane en Algérie, qui était bien implantée et servait de cadre aux tribus d’habitants de l’Afrique du Nord de même que ces 132 ans représentent environ  plus du trentième du temps de la culture berbère originelle.

Ce n’est pas négligeable quand même et cela par miracle, n’a pas tout consumé chez l’algérien, il reste un tant soit peu de sa culture originelle en lui, bien qu’il y ait des oscillations en elle.

Ce sont  les valeurs tribales et islamiques qui ont été à l’origine de l’investissement de l’Emir Abdelkader et qui ont servi de base à la résistance armée contre la colonisation française. Même si l’esprit tribal à presque disparu à la veille de la révolution de novembre, ce sont toujours les motivations religieuses en premier lieu qui ont servi d’espoir galvanisant la majeure partie des participants à cette guerre.

J’entends toujours les paroles de mon oncle venu nous dire adieu aux tous débuts de la révolution, alors que je n’avais que quelques années dont je ne me rappelle pas le nombre, quatre ans je crois et celles ci résonnent encore à mes oreilles « j’irai servir mon pays, c’est mon devoir envers Dieu et envers ma propre personne, j’espère mourir en chahid et rejoindre le paradis» et ce fut le cas, que Dieu l’accepte en son vaste paradis, il n’a heureusement pas connu l’indépendance. Il a eu une belle mort.

Actuellement, quelle élite peut on avoir ? Dans une crise sociale multidimensionnelle peut il y avoir encore une élite ? Quels sont les fondements d’existence d’une élite ? Le respect du savoir ? Il a disparu. Il n’y a plus de notabilité ni de crédibilité quelconque chez quiconque. Personne ne peut se targuer de pouvoir jouir de la confiance des gens ou de les amener à suivre ses recommandations fut il un génie, bardé de diplômes ou riche comme crésus.

La société a été égalisée dans la médiocrité et même ceux qui ont fait de véritables études qui leur permettent de cerner l’essence des problèmes et de leur trouver des solutions, sont socialement classés parmi les incompétents et les voleurs qui pullulent tandis que les riches font poser des questions sur l’origine de leur fortune. Voila ou on en est.

Notre société est sans repères, oscillant entre un modernisme en lutte avec l’islam, recherchant son identité perdue dans le sillage d’un colonisateur qui l’en a détournée, voulant un Etat d’une forme nouvelle et qu’elle n’a jamais connu et recherchant  les moyens de le domestiquer et de faire en sorte qu’il satisfasse à tous ses besoins, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui.

Mais je pense qu’auparavant notre société doit se débarrasser une fois pour toutes du système tribal dans son ensemble, ses dogmes, son patriarcat et ses restes d’autoritarisme communautaire, mais aussi la culture que cela engendre et accepter la démocratie qui va avec cet état nouveau pour elle et qu’elle doit dompter.

La cohabitation des deux systèmes ne peut que produire l’anarchie.


Nombre de lectures: 309 Views
Embed This