DzActiviste.info Publié le mar 4 Déc 2012

La Grande Algerie ou la Tartuferie algérienne

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A. Rachid

 

« C’est le fait d’un ignorant d’accuser les autres de ses propres échecs ; celui qui a commencé de s’instruire, s’en accuse soi-même ; celui qui est instruit n’en accuse ni autrui ni soi-même »

Epictète

 

Avec tous ces bouleversements qui sont en train de transformer   le monde en général et arabe  en particulier, le pouvoir algérien  opte pour une position des plus étranges : il fait semblant de les ignorer superbement et joue l’autruche en priant que l’orage passe et qu’il en sorte indemne. Ce qui le préoccupe le plus.

Il est littéralement tétanisé telle cette proie devant son prédateur. Il apparait comme totalement absent , recroquevillé sur lui-même .Il se comporte   comme s’il vivait dans une bulle .Il se trémousse de temps en temps en faisant semblant  pour  faire croire qu’il maitrise un tant soit peu cette situation.

A lire certains articles, ou entendre des déclarations de ses responsables sur un certain  leadership  ou importance de l’Algérie laisse parfois pantois.

Comment peut-on aspirer à être grand à l’extérieur quand on est très fragilisé de l’intérieur et être découplé de son propre peuple ?

Le pouvoir, cultivant un sentiment d’aversion pour tout changement et émancipation, fait tout pour isoler  l’Algérie et maintenir le statut quo.

Ne disposant pas d’une vision politique claire, il n’a même pas le courage d’assumer clairement ses positions (impénétrables) ; et il se perd ensuite, avec sa langue de bois en conjectures pour expliquer l’inexplicable. Comme si faire de la politique se résumerait,  comme une fin en soi, à  publier  des communiqués et passer des semaines à les analyser  et les ressasser tel cet apprenti écrivain oubliant la portée de l’œuvre, se fourvoie complétement dans sa propre syntaxe.

Mêmes certains partis politiques sont entrés dans ce bal d’élucubrations.

En ces moments de campagnes électorales, c’est le délire. Certaines « pointures » politiques et parfois pas des moindres (des ex chefs de gouvernement) n’ont même pas peur du ridicule. Avec leurs piteux spectacles, Ils ressemblent à ces bouffons dont l’unique rôle est de divertir le roi !

Incapables et n’ayant rien à présenter de sérieux aux algériens (depuis toujours) en dehors de leurs bilans nuls et leurs échecs répétés ; ils ont carrément sombré dans le grotesque :

-certains faisant  des déclarations  ineptes, méprisantes et parfois insultantes, qui se passent de tout commentaire : les peuples arabes n’auraient pas dû destituer leurs dictateurs, les révolutions arabes  sont terminées etc.).Tacitement, ils susurrent à qui veut bien les entendre : les dictatures sanguinaires et corrompus c’est mieux que les changements ! Ah oui ! Peuples arabes assis sur des richesses, ne vous soulevez surtout pas, ne faites rien et continuez à supporter  vos potentats et leurs folies! Et la dilapidation de vos richesses ! Subissez et taisez-vous !

Alors que la praxis nous a   montré que le colonialisme n’a en fait que changé de nom. Une « neo-exploitation » plus perfide, s’est installée dans beaucoup de ces pays, une fois indépendants!

 

– d’autres avec une fatuité insolente (ne connaissant de la politique que les ordres qu’ils reçoivent) reprennent les satisfécits et déclarations  complaisantes de certains dirigeants occidentaux sur l’Algérie pour escamoter une certaine gestion catastrophique du pays.

Alors que ces louanges ne sont en fait  destinées qu’à  flatter l’ego (bien connu des dirigeants algériens plutôt que des appréciations  objectives et sincères.

 

Tout un chacun sait de quoi sont capables ces adulateurs  (qui se bousculent au portillon pour bien reprendre l’expression chérie de nos politiciens) pour défendre leurs intérêts. Au nom de la realpolitik !!!

Un proverbe arabe ne dit-il pas  « embrasse le chien sur sa gueule jusqu’à ce que tu en obtiennes ce dont tu en as besoin ».Cela aurait dû les éclairer!

Ils louaient et prêtaient bien toutes les qualités au dictateur libyen de son vivant. Ils fermèrent l’œil et  répondirent  même à toutes ses extravagances et fantasmes. Mais une fois disparu, on  sut, ce qu’ils pensaient vraiment de ce triste personnage.

Là, on mesure pleinement  la limite de ceux qui président à la destinée de ce pays.

Avec cet entêtement, et cette irresponsabilité devant l’histoire et le peuple, ils sont en train de jouer avec le feu et de réunir tous les ingrédients nécessaires qui mèneront inéluctablement l’Algérie, vers ce qu’ils disent lutter contre : le chaos ou l’implosion.

Aujourd’hui cela n’est nullement une simple vue de l’esprit ou de la politique-fiction .C’est une réalité avec laquelle il faut faire. Ne réalisent-ils pas que l’Algérie est le 10eme plus grand pays dans le monde, et le plus grand d’Afrique, du monde arabe et du bassin méditerranéen ?

Disposant aussi d’énormes ressources naturelles, elle est naturellement l’objet de convoitises de la part des prédateurs de richesses. Et seul son peuple pourra relever le défi.

Le pouvoir algérien  feint d’ignorer que l’Algérie est assise sur un volcan.

Sa position maladroite et rétrograde vis-à-vis  des révolutions des peuples arabes qui se sont libérés de leurs dictateurs ou  en voie de le faire (Syrie), l’inimitié avec certains pays limitrophes, ont complètement isolé l’Algérie, et lui ont fait perdre le peu de prestige qui lui restait.

Le pouvoir  a bel et bien pris le risque de produire un effet boomerang que l’Algérie risquerait de payer lourdement.

Depuis la chute de certains régimes dictatoriaux arabes, tout le monde a pu constater  que l’Algérie par peur de contagion, fait le dos rond et ne joue pratiquement plus aucun rôle  majeur  même régional. D’autant plus que beaucoup de pays n’arrivent plus à comprendre le discours ambigu du pouvoir algérien.

Au moment où les pays  font appel à toutes leurs compétences, leurs stratèges, leurs centres de recherches et universités, le pouvoir  algérien paranoïaque  continue avec sa conception d’un âge dépassé à cogiter en vase clos ; assimilant  la politique uniquement à de l’intrigue, la fourberie et la compromission.

Comme si l’Algérie vivait dans la clandestinité !! Alors que le moment est grave et exige  compétence, engagement, intelligence  et transparence !

Il est manifeste, que dans la situation actuelle des choses, l’Algérie très affaiblie intérieurement et n’étant aucunement une puissance économique, ne peut aspirer jouer un rôle actif et de leadership même régional.

D’autant plus que le pouvoir ne dépense pratiquement toute son énergie que pour assurer sa propre survie et sa pérennité politique, et avec une mentalité de l’éternel assiégé !

Certaines positions prises ou soutenues par le pouvoir algérien ces dernières années, ne répondaient pas vraiment  aux aspirations du peuple.

Plus, certaines ont même mis l’Algérie en porte à faux par rapport aux changements qui s’opèrent dans le monde.

A voir de près, on peut  penser, qu’elles ont  été prises plus, pour faire diversion qu’autre chose.

Obnubilé par sa seule survie, le pouvoir sombrant dans la gabegie, navigue à vue.

Le capital sympathie dont jouissait l’Algérie sur la scène internationale et africaine s’est réduit comme une peau de chagrin .Et le peu de considération dont elle semble jouir ,elle le puise dans son pétrole !

L’Algérie est-elle cette étoile disparue depuis fort longtemps mais qui  ne continue à être perçu que grâce à  la lumière qu’elle a émise  lors de son explosion depuis des milliards d’années?

Les évènements de ces dernières décennies  l’ont fait apparaitre sous son vrai visage : un pays encore instable, et très faible.

Sa voix est devenue inaudible. Elle donne l’impression d’avoir tiré sa révérence .Elle subit, sans être capable de réagir.

Nous ne le répèteront jamais assez. Le seul gage de réussite reste de vraies réformes politiques, une vraie démocratie  et non un rafistolage de façade .Il faut avoir le courage de le dire : pour le moment l’Algérie ne peut se targuer d’être forte dans aucun domaine ; elle arrive juste à survivre et avec cette déprédation accélérée  peut être pas longtemps.

L’Algérie est un pays riche oui, mais au niveau macroéconomique ! La pauvreté et le chômage (certains experts le situent à plus de 45%) restent  endémiques. La manne pétrolière n’a absolument pas profité à la population.

D’autant qu’elle a une économie qui reste dépendante des prix des matières premières.

Les dépenses publiques sont faramineuses et sources de gaspillages. Elles ne sont pas assez orientées vers les investissements productifs. Ce qui fait que la création de richesses, hors secteur hydrocarbure, soit insignifiante pour subvenir aux besoins de la population. La « vraie »croissance reste inférieure  à celle du Maroc et de la Tunisie !

La situation dans laquelle patauge l’Algérie, est la suite logique de la mauvaise gouvernance  depuis 1962. La gestion reste opaque. On vient et on part sans qu’aucun bilan sérieux ne soit dressé ! Personne ne rend compte ou n’est responsable !

On efface tout et on recommence, en continuant  à commettre les mêmes erreurs et en  présentant  la déroute en victoire!

Un demi-siècle est déjà passé depuis l’indépendance ! C’est beaucoup ! Alors il faut arrêter de gémir et de faire porter le chapeau de nos errements, de nos maux  et  de nos incompétences uniquement aux autres : colonialisme, occident  etc…..En 50 ans, des pays ont accomplis des miracles .Ici on continue toujours à faire des jérémiades et à n’en vouloir qu’aux autres !!!!! Et la faute et la responsabilité de ceux qui ont dirigés ce pays depuis 1962 ?

Quand  la plupart de ceux qui ont participé à différents gouvernements et qui ne cessent de rabâcher les mêmes discours réchauffés au peuple avec les acquis, la révolution, les menaces de l’extérieur  etc. s’installent  en fin de carrière  avec leur familles ailleurs chez « l’ennemi » d’hier ou ils  finissent leurs jours devant une cheminée loin des dégâts qu’ils ont causés ; et parfois optent pour la nationalité du pays d’accueil ,on comprend alors tout !!!Plusieurs journaux  nous ont appris ces derniers temps que sur près de 700 anciens ministres et Premiers ministres qui se sont succédé aux différents gouvernements depuis l’indépendance, au moins 500 vivent à l’étranger !!! Je ne pense pas qu’il puisse avoir un seul pays sur la planète dont les dirigeants se comportent de la sorte  et en nombre sans qu’on s’en offusque ! Ce n’est plus une exception c’est une règle ! Cela nous renseigne sur leur respect, et amour de ce pays. Un mercenaire n’aurait pas fait pire.

Programmés à vivre ailleurs,  alors ce sont  ces gourous  si zélés :

– à donner à longueur de journées des leçons de patriotisme,

– à réprimer, persécuter, harceler et à taxer d’agents à la solde de l’occident  tous ceux qui par amour pour ce pays osent élever une autre la voix autre que la leur.

– à enquêter  sur le patriotisme et empiler dossiers sur dossiers sur la vie privée des algériens en piétinant toutes les conventions internationales en ce sens.

qui sont la cause de la descente de l’Algérie aux abysses et  la preuve évidente de la faillite de ce régime et son incapacité à jeter les assises solides d’une Algérie moderne et forte.

La déliquescence de l’état actuel de l’Algérie est telle que certains de ses représentants à l’étranger avec leurs frasques font  les choux gras de la presse étrangère .La dernière en date, c’est ce représentant algérien (Kurier de Vienne du 08/11/2012), détenteur d’un passeport diplomatique de la république algérienne, a été arrêté suite à un vol à l’étalage dans un magasin à Klosterneuburg, ville de Basse-Autriche. L’homme âgé de 60 ans a volé deux connecteurs, un interrupteur, un capteur, un relais et d’autres petits appareils électriques pour un montant total de 140 euros.

Au risque de nous répéter : il est usurpatoire pour quiconque de vouloir prétendre faire de la politique et diriger un pays s’il n’y consacre pas  sa vie durant en toute honnêteté et abnégation.

En dehors de ça et sans avoir détourné l’argent du peuple, il est libre de vivre là où bon lui semble et de choisir la nationalité qui lui sied. Le peuple algérien n’en sera au contraire que soulagé et débarrassé de ces tartuffes. Comme dit un de nos dictons : « Ne reste dans l’oued que ses galets »

A.Rachid
Consultant technique

BLIDA / Algerie


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