DzActiviste.info Publié le lun 5 Mar 2012

La "grande muette" en action..

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Quelques jours seulement après son installation officielle, la commission nationale de surveillance de l’élection législative, gèle ses activités pour trois jours. Dans une lettre adressée au ministre de l’intérieure, le président de la commission de surveillance, regrettant l’absence de moyens de travail, comme les téléphones ou les moyens de transports pour permettre à ses membres de se déplacer dans différentes wilaya, annonce le gel de toute activités de la commission pendant 3 jours. Un gel qui sonne comme un avertissement. Cette décision fait suite aux plaintes émanant de plusieurs wilayas, suite à des inscriptions massives de militaires dans le fichier électoral. Ainsi, à Tindouf, l’armée a inscrit 34000 militaires dans le fichier électoral. Dans un premier temps, le magistrat avait refusé cette inscription, puis, suite à de nombreuses pressions, il avait fini par accepter. Ce rajout des 34000 militaires est illégal, selon un membre de l’assemblée communal et il détourne complètement le vote des citoyens de Tindouf. En effet, explique t-il, « d’une part, on ne peut inscrire que des personnes qui se sont rayés de leurs communes de résidence pour qu’ils ne puissent pas voter dans deux endroits différents. Or, les dossiers des 34000 militaires ne comportent pas les attestations prouvant qu’ils ont été rayés des listes de leurs communes d’origines. » De plus, poursuit -il, les 34.000, nouveaux inscrits, double d’un coup le nombre d’électeurs. Autrement dit, les militaires qui votent toujours pour les partis du pouvoir, vont choisir à la place des citoyens de Tindouf, qui perdent ainsi, le droit de choisir leur représentants.
Selon le quotidien arabophone « El Fadjr », un magistrat, président du tribunal dans la wilaya d’El Oued, a refusé l’inscription de 140.000 militaires, entre gendarmes et militaires de l’ANP. La liste de l’armée a été présentée pour une inscription dans la ville « El oued » capitale de la wilaya, qui compte seulement 50.000 électeurs.
Selon le quotidien « el khabar », dans la wilaya de Bechar, l’armée a tenté la même démarche. Un fichier de 35.000 militaires a été transmis, mais là encore, les magistrats ont refusé les inscriptions, les considérant comme non conformes aux règles. L’affaire n’est pas close et les magistrats se plaignent des pressions en provenance de leur hiérarchie pour qu’ils acceptent les fichiers de l’armée.
Selon des informations sûres, ces pratiques qui consistent à faire voter les militaires, dans leur lieux de travail sans les rayer de leurs communes d’origines, ne sont pas isolées à ces deux wilayas mais touchent de nombreuses autres.
En plus des menaces directes du chef de l’état, laissant entendre qu’un boycott pouvait engendrer une intervention de l’OTAN et celle du premier ministre, pour qui le boycott entrainerait un retour aux « égorgeurs, les citoyens font face à de très nombreuses tracasseries administratives. En effet, des instructions verbales ont été données aux agents des administrations pour exiger des citoyens, en toute illégalité, les cartes d’électeurs lors de leurs démarches quotidiennes.
Entre les menaces des dirigeants, les tracasseries de l’administration et le tripatouillage des fichiers par les militaires, alors qu’il reste encore deux mois avant le scrutin, il y en a qui trouvent, encore, que ces élections ont une chance d’être honnête.
KalimaDZ


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