DzActiviste.info Publié le jeu 21 Mar 2013

La Kabylie, capitale de la narcoculture.

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Alors que les homicides et les suicides se multiplient.
La Kabylie, capitale de la narcoculture.

Par Said Radjef

drogue_600Il est inutile d’aller chercher les chiffres auprès de la justice et des forces de sécurité. Vous ne les aurez pas. C’est un sujet tabou. Car chaque nuit kabyle, comme le montre si bien l’assassinat du jeune C Farid à Draâ El Mizan, mardi dernier, à ses homicides, ses règlements de comptes entre bandes rivales et ses suicides qui donnent des frissons aux populations locales. Telle est la situation dans la région depuis l’arrivée de Bouteflika au pouvoir. Ce règlement de comptes entre jeunes « trabendistes » qui a coûté la vie à C Farid, âgé de 22 ans, intervient alors que plusieurs cas de suicides ont été enregistrés au cours de cette semaine, en Kabylie maritime notamment.

Selon certains témoignages, le suicide touche de plus en plus les filles universitaires. Plusieurs filles droguées, enlevées, violées et poussées à la prostitution, se sont données la mort, après avoir fait l’objet d’un odieux chantage de la part de leurs ravisseurs maquereaux et entremetteurs,  au cours de ces dernières années.  Selon de nombreux témoignages, il s’agirait de filières puissantes spécialisées dans le proxénétisme et la prostitution, qui opèrent visiblement devant les cités de jeunes filles. Cette situation, à laquelle on pourrait ajouter les nombreux cas d’enlèvements et de pédophilie qui secouent les autres régions du pays, comme ce fut le cas tout récemment à Constantine, est révélatrice des liens étroits entre pouvoir, violence et narcotrafic au Djurdjura.  Sinon, comment expliquer les difficultés des autorités à lutter contre le narcotrafic alors que la Kabylie est une caserne à ciel ouvert ? L’état a fait du trafic de drogue une entreprise « ouverte et participative ».

Dans certaines communes de l’arrière Djurdjura, il existe autant de revendeurs de drogues que de commerçants. On peut dénombrer jusqu’à une vingtaine de points de vente par commune et village, tandis que les lieux de socialisation font l’objet d’une destruction volontaire. Il est tout de même inquiétant de constater qu’au moment où la Kabylie devient la capitale de la « narcoculture », la majorité des communes et daïras demeure sans bibliothèques et sans la moindre infrastructure sportive et culturelle. Un jeune lycéen sur trois avoue avoir pris du cannabis.

Le plus surprenant dans cette situation est le comportement de ces jeunes « dealers » qui ne montrent aucun signe de prudence vis-à-vis des autorités locales. Exhibitionnistes à souhait, les revendeurs de drogue se montrent de plus en plus impliqués dans la vie politique de la cité. Ce sont eux qui décident lors des scrutins qui doivent être élu à la tête de la municipalité et qui doivent être « effacés » de la vie politique.

Il est à se demander si réellement l’état algérien mène comme il le prétend à travers la presse une lutte contre les narcotrafiquants, si les multiples arrestations opérées dans les milieux du trafic de la drogue ne relèveraient pas d’une mise en scène visant à masquer la guerre que se livrent les barons de ce marché.


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  1. radjef said dit :

    Dans cette histoire, il n’y a pas que Bouteflika, le pouvoir et les députés Taïwan. La Kabylie est redevenue une réserve indienne par la grâce des supers kabyles qui au fait ont toujours été structurés par les autres. Le pouvoir n’aurait jamais réussi à faire ce qu’il a fait en Kabylie s’il n’avait pas la complicité des supers kabyles!

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