DzActiviste.info Publié le jeu 11 Avr 2013

La Kabylie n’est ni un bordel ni un territoire nationaliste, intégriste xénophobe.

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Par Said Radjef

kabylie3En Kabylie, au hasard des rencontres avec la jeunesse locale avec laquelle il partageait des parties de dominos, Kateb Yacine disait souvent que l’Algérie n’est ni la province de l’Orient ni celle de l’Occident. Et d’ajouter : on tourne en rond comme des mythes parce que nous ignorons tout de notre passé. Les peuples forts sont ceux qui connaissent leur histoire. De même, le chantre de la revendication amazighe, Mouloud Mammeri, partant de l’unité linguistique du Maghreb, à toujours plaidé pour l’union des peuples. Pour lui, être du Sud ou du Nord, de l’Est ou de l’Ouest, nous sommes tous les enfants d’une même patrie qui compte plus de liens forts que de petites différences.

Ainsi, ce qui unit les maghrébins est plus fort de ce qui les divise. Qu’en est-il aujourd’hui ? La Kabylie souffre par la faute d’un régime indélicat qui veut noyer son manque de légitimité dans une succession de lois discriminatoires qui alimentent la haine, le séparatisme et la division. Telle une réserve indienne, la Kabylie est coincée aujourd’hui entre une armée de maquereaux qui investit dans la prostitution, la corruption, l’alcool et la débauche et des groupes terroristes qui appliquent à la lettre la stratégie du choc visant à désapproprier la région de tous ses repères. En principe, la scélératesse de cette politique ne peut pas laisser indifférents les intellectuels algériens, quels que soient leurs appartenances politiques. Or, dés qu’une personne déplore la politique prévaricatrice du régime en Kabylie, c’est tout un monde bardé de diplômes universitaires qui se soulève, levant haut, très haut, le drapeau de l’arabité et de l’Islam. Constamment sur la brèche du racisme identitaire et culturel, ils apportent un discours loin des attentes légitimes de la région et du peuple algérien.

Ainsi, au lieu de mettre le doigt sur les forfaits et les crimes du régime, ils font douter l’Algérie de ce qu’elle est réellement. La Kabylie ne souffre pas de l’Islam et de l’arabité. Comme elle n’a jamais douté de son algériannité. La Kabylie ne peut pas être le peuple que souhaite le régime. Alors, pourquoi opposer à cette Kabylie qui revendique la citoyenneté, la transparence politique et une part des richesses du pays un discours qui déterminé en fonction de critères qui n’ont rien à voir les réalités sociales et les attentes des algériennes et des algériens. Pourquoi parler de l’Islam lorsque la Kabylie est étouffée par le chômage, les inégalités, la paupérisation, l’exode massif, la crise de logement, le banditisme et les violences ? Pourquoi soulever la question du racisme lorsque la Kabylie, cette Kabylie qui a tout donné pour l’indépendance du pays, revendique ses droits légitimes ?

Il ne s’agit pas ici d’un quelconque narcissisme intellectuel, mais de 1830 à 1962 la Kabylie à été le leader incontesté de la résistance du peuple algérien. Avec ses 1400 zaouïas et médersa coraniques, avec ses bataillons d’émigrés de la première période qui remonte à 1914-1918, la Kabylie se dressait déjà comme une forteresse infranchissable pour la colonisation. ..En quoi ce passé est-il douloureux pour certains, ceux là qui annoncent partout qu’ils mèneront une lutte implacable et sans merci, non tant contre la clochardisation de la Kabylie par le régime que contre la menace du séparatisme qu’ils voient suspendue sur toutes les cimes majestueuses du Djurdjura ? Ces intellectuels qui craignent tant le racisme, le séparatisme et l’histoire doivent nous dire qui a détruit toutes ces zaouias et médersa coraniques, ces lieux de socialisation qui ont tant fasciné Ben Badis, Larbi Tebessi, El Ouartilani …au point d’y séjourner à de nombreuses reprises? Qui a financé la Christian’s Brothers (les associations de chrétiens prosélytes) en Kabylie à partir des années 80 ? Qui est derriere le marché de la drogue, de la prostitution, de la harga qui rapporte des milliards de dollars, du terrorisme, la mafia du foncier ? Pardi ! Les intellectuels qui ont une peur bleue du racisme et du séparatisme. Les intellectuels dépositaires de l’unité nationale au nom des mensonges de l’Etat.


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Displaying 2 Comments
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  1. Madjid El Djazairi via Facebook dit :

    je partage .

  2. haouchine dit :

    Ces pseudos intellectuels qui craignent tant le racisme, le séparatisme et l’histoire apportent un discours loin des attentes légitimes du peule Algériens sont au service des barons

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