DzActiviste.info Publié le jeu 11 Oct 2012

La légalité c’est mieux que les voitures sans immatriculation

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par Kamel Daoud
La révélation du jour ? Ce sont les explications de Farouk Kessentini, le salarié des droits de l’homme en Algérie : à propos de l’affaire du militant (non salarié) Yacine Zaïd arrêté sur la base d’un bulletin des «services»: «Il s’agit de maladresses de la part de personnes qui ont la capacité de poursuivre judiciairem
ent et non d’une politique voulue du gouvernement de persécuter les militants des droits de l’Homme» a dit Kessentini. Cela veut dire quoi ? L’essentiel : l’Etat officiel n’est pas coupable. C’est l’autre «Etat» qui est coupable. Le second Etat qui peut émettre un bulletin, faire bouger la police et arrêter une personne, sans s’afficher ni apparaitre à la lumière. Légalement, le bulletin de «danger pour la sureté de l’Etat» émis par des parties occultes à Hassi Messaoud n’a pas de valeur légale. Ce n’est pas le rôle d’un «centre» de décider de la culpabilité, de provoquer une inculpation ou d’avoir autorité sur la police et la justice. Pas même au nom de l’Etat d’urgence officiellement. Ce «service» n’est pas l’Etat, n’est pas une autorité judiciaire ni un service d’ordre. Cette époque est morte et Chadli aussi et il faut regarder l’avenir et les dangers externes qui s’annoncent et déjà se manifestent.

Donc dans le cas de Zaïd Yacine arrêté sur la base d’une «alerte», il y a abus, dépassement, dérive et glissement de compétence. De qui ? «de personnes qui ont la capacité de poursuivre judiciairement» selon des déclarations officielles reprises par l’APS. Qui sont ces personnes qui ont capacité ? Un wali, un commissaire, un procureur et un chef de «centre». Ce n’est pas le gouvernement, a dit Kessentini. Y aura-t-il «correction» des missions ? Sanction ? Redressement et redéfinitions des rôles de l’Etat informel ? On peu en douter ou y croire. Les abus de l’Etat second viennent du statut clandestin, de l’équation responsabilité qui ne rime pas avec autorité, de la peur et de l’excès de zèle. Que ce qui explique le printemps «arabe» sinon justement ce triptyque du monde arabe : les «services» trop autonomes, la justice pas autonome et les abus de pouvoir ? Le pire est que c’est une culture qui perdure : la chasse et le harcèlement des militants algériens se multiplient depuis des semaines : au Sud, à Relizane, ailleurs. Dans une sorte de mouvement synchrone qui démontre que «l’on n’a pas compris» même si à Alger on essaye de limiter les dégâts et de «rappeler à l’ordre» les zélés de la machine clandestine. Du coup, c’est ce qu’il faut retenir des propos de Kessentini, pour une fois utiles : l’Etat informel n’a pas encore réformé ses rangs subalternes et ses mentalités de police invisible. On ne peut pas fonder un Etat fort et une légitimité quand certains usent encore de la police comme d’une milice personnelle et peuvent mettre en branle une Justice au nom de l’héritage dévoyé du MALG. il y a urgence. Il s’agit d’imposer la légalité pas d’accuser certains ou de faire la guerre à d’autres.

Les meilleurs «services» sont les services rendus au pays et au peuple qui l’habite. Pas aux voitures sans immatriculation


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