DzActiviste.info Publié le mar 22 Jan 2013

La même histoire que celle de 2000.

Partager

Par Said Radjef

kabylieDe retour d’Alger après avoir reçu l’ambulance que Narimane Boughrara a envoyé pour l’association Tagmats, Ali Zammoum fut arrêté dans un barrage de la gendarmerie pour un contrôle de papiers. Il est vrai que l’ambulance envoyée par le CHU de Grenoble ne ressemblait pas à celles que nous avons l’habitude de voir dans nos hôpitaux. Elle était un peu particulière et attirait l’attention de tout le monde.

Le gendarme s’approche et dit : « Bonjour. Vos papiers. Ce véhicule est-t-il à vous » ?

Ali sort les papiers du véhicule et dit : « Oui ».

Le gendarme scrute les papiers et regarde attentivement le véhicule qui porte encore la plaque d’immatriculation française et dit : « Vous les Kabyles, vous êtes tous des enfants de la France. Vous êtes des « tahans »… »

Sur le champ, Ali fit demi-tour et partit tout droit à la présidence ou il avait porté officiellement plainte contre ce gendarme indélicat. Rancunier qu’il était, Ali s’était même appuyé sur les revendications des aarouchs pour solder ses comptes avec les gendarmes en Kabylie.

Hier, pendant que je bourlinguais à travers le Djurdjura à la recherche d’informations pour le compte du quotidien « Reporters », j’ai été pris à partie par un agent des services de sécurité. Cependant, contrairement au gendarme, l’agent du CTRI, est un Kabyle ; un kabyle de service zélé.

« Les kabyles, dit-il pour me provoquer, sont des chiens. Ils collaborent tous avec les terroristes ». «
« Les terroristes viennent de vos casernes. Ce sont vos indicateurs », lui ai-je alors répondu.

Non content de ma réponse, il ajoute pendant que les lycéens entamaient une marche de protestation contre les programmes chargés imposés par le Ministère de l’Education : « Mais regardez ces vaches kabyles, j’aimerais bien en avoir une dans mon lit. Les parents kabyles se foutent royalement de leurs filles et de l’éducation de leurs enfants. Les kabyles pensent qu’ils sont supérieurs aux autres. Ils adorent la « chaklala » et ils sont les derniers partout ».

« Dis mois, est ce que tu ne serais pas un fils de harki, toi ? », dis je en colère.

Mais ma riposte semble ne l’avoir aucunement atteint. J’enchaine alors :
« Qui sont tes parents à Draa El Mizan, Boghni, Ouadhias ? ».

Contre toute attente, il lance cette phrase :
« Les journalistes algériens sont tous des fils de pute. Ils se terrent chez eux comme des lapins et ils parlent de ce qui se passe à des milliers de kilomètres chez eux ».

« Maintenant, tu viens de confirmer que t’es un fils de harki. Si tu l’es pas, dis moi de quelle famille tu es à Boghni ? ».

« Didouche Mourad est un parent », fit-il

« Mais Didouche Mourad est un Kabyle d’Aghrib qui est né et a grandi à Alger. Si on disait à Didouche que tu es son descendant, il se suicidera dans sa tombe »

« Didouche Mourad est mon oncle maternel », dit-il en colère cette fois ci.

« Ne dis pas plus que cela, parce qu’il va pleurer dans sa tombe. Qui sont tes parents à Boghni si toutefois tu es de la région comme tu le prétends ? », lui ai-je encore répondu.

Sans perdre son sang froid, il dit :

« Vous autres kabyles, vous pouvez remerciez la France qui vous entretient. Sans elle vous seriez tous des mendiants ». Et passant du coq à l’âne, il enchaine :

« Tous les journalistes algériens sont des pédés ».


Nombre de lectures: 3942 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>