DzActiviste.info Publié le mer 22 Août 2012

La mission de service public audiovisuel en Algérie : Etude

Partager

In http://www.la-laddh.org

La télévision est le principal vecteur d’information et de divertissement de la population algérienne et des 200 millions d’habitants des huit pays concernés par ce projet de renforcement du service public
audiovisuel dans les pays du Maghreb et du Machrek.

Néanmoins, la mainmise exercée par les pouvoirs en place sur l’audiovisuel est un obstacle majeur à
l’exercice démocratique. Les exigences d’ouverture, de diversification, de pluralisme sont restées confinées à la réception de chaines de télévisions transnationales dont plusieurs Etats récepteurs exigent un plus grand contrôle des contenus. Parallèlement, l’émergence et le succès des chaînes de télédiffusion par satellite et des média numériques n’ont que très exceptionnellement servi de levier à de véritables réformes structurelles des paysages médiatiques.

Pourtant, les révolutions arabes ont démontré combien les réformes du secteur de l’information constituent un enjeu national central. Au coeur de cet enjeu, l’expression, la parole des populations les plus démunies pour lesquelles l’espace médiatique est une fenêtre essentielle donnant à voir leurs situations.

Dans ce contexte, l’Institut Panos Paris (IPP) a initié au Maghreb, depuis 2007, un travail de sensibilisation sur la nécessaire libéralisation de l’audiovisuel et l’importance des mécanismes de régulation. Cette démarche avait pour objectif d’assurer le droit du public à une information pluraliste, vérifiée et objective ainsi que la liberté d’expression pour les professionnels des média.

L’IPP en consortium avec l’OMEC, et un réseau de partenaires et d’experts associés dont la Ligue
Algérienne de défense des droits de l’Homme et M. Belkacem Mostefaoui, font partie intégrante, s’est donc
investi et engagé à partir du postulat suivant : face à la multiplication des canaux d’information, la libéralisation des média est entamée et cette situation de fait entrainera inévitablement des réformes pour accompagner ce changement.

Le service public audiovisuel (SPA) constitue le premier cheval de bataille. Il doit être érigé au rang de
l’exemplarité. Il fait figure de témoin majeur de l’état de santé de la démocratie d’un pays. L’Etat algérien a pris d’une manière ou d’une autre, des engagements en faveur du SPA à travers des déclarations, la signature d‘accords et ratification de conventions. L’actuel ministre de l’information algérien, M. Nacer Mehal, affirme la mise en place de mesure visant à garantir la mission de SPA.

Malgré cela, le SPA demeure une notion méconnue ou floue tant au niveau des autorités que des téléspectateurs. Les détracteurs du SPA l’accuseront d’être un concept importé de « l’Occident » tandis que ses défenseurs insisteront sur sa dimension universelle. Souvent, un effort de pédagogie réconcilie les parties autour du consensus suivant : les autorités sont responsables et redevables d’une qualité de programmation minimale et d’une triple mission : informer, éduquer et divertir.

lire le rapport : http://www.la-laddh.org/IMG/pdf/rapport_algerie_fr.pdf

La présente étude vise à dresser un état des lieux de la mission de service public audiovisuel en Algérie. Cet état des lieux est certes partiel et conjoncturel. Néanmoins, il est inédit tant il explore plusieurs dimensions de la mission de service public audiovisuel : sa législation, sa régulation, les modalités de sa mise en oeuvre, sa programmation et la perception qu’en ont différents acteurs de la société civile.

Nous espérons très fortement que les données présentées ci-après seront vite dépassées dans la mesure
où elles visent à alerter les décideurs média qui élaborent et mettent en oeuvre la mission de service public et susciter un élan qui contribue à de véritables réformes de la télévision publique au service du public. Au-delà des résultats qu’elle avance cette étude a pour objectif de relayer les attentes et aspirations des téléspectateurs algériens.

La publication régulière de ce type d’étude contribuera, nous l’espérons, à mesurer d’année en année la
progression opérée par le législateur, l’opérateur et le régulateur mais surtout le degré de satisfaction du téléspectateur.

Publié en arabe et français – elle s’adresse à l’ensemble des professionnels des média soucieux de la production de contenus de qualité, diversifiés, en phase avec les attentes de leurs publics et par voie de conséquence, soucieux de l’adoption de mécanismes de régulation permettant de garantir indépendance et qualité. Ce travail aurait été impossible sans la dynamique collective dans laquelle il s’est inscrit et l’engagement de la LADDH, en particulier de Abdel Moumène Khelil et de Belkacem Mostefaoui. Il n’aurait pu se concrétiser sans les financements de l’agence de coopération irlandaise, Irish Aid, de l’Agence de Coopération Catalane au Développement et d’Open Society Foundations.

Preface
Par Pascal BERQUE
Directeur Général, Institut Panos Paris


Nombre de lectures: 930 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>