DzActiviste.info Publié le sam 28 Juil 2012

La richesse forestière vue par un maire

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Au moment où des concepts comme l’économie verte, l’environnement ou la protection des ressources naturelles s’incrustent dans le noyau de l’économie moderne à l’échelle mondiale, la tendance en Algérie est à la diabolisation de la forêt.
Après avoir assisté à des opérations d’élimination de sites naturels dans un climat de pur massacre écologique pour y installer des coopératives immobilières ou des cités dortoirs, des responsables locaux se mettent désormais à accabler la forêt qui, à leurs yeux, serait un facteur favorisant le sous-développement qui frappe les localités possédant des potentialités forestières.
Le P/APC de Mizrana (une commune côtière de la wilaya de Tizi Ouzou), fait partie de ces représentants de l’administration locale que la forêt désenchante.
Dans un article sur El Watan, il déclare en guise d’argument à son désappointement : « 57% du territoire de la commune de Mizrana relèvent du domaine forestier. C’est un handicap pour notre commune ».

Convoitise

A la place de ce massif forestier, le responsable de la municipalité souhaite sans doute que ce territoire soit exploité autrement.
Mais, connaissant la conception que se font les collectivités locales du développement local, il y a risque de voir la forêt de Mizrana se transformer en un ghetto urbain ou un terrain idéal pour la spéculation immobilière.
Cette dernière hypothèse n’est pas à exclure lorsqu’on sait à quel point le foncier maritime dans la wilaya de Tizi Ouzou fait l’objet de convoitise.
Il suffit de dévoiler l’identité des propriétaires des villas et autres hauts standings installés le long de la côte de Tigzirt jusqu’à Azzefoun pour se rendre compte des desseins que cacheraient des lobbies à l’appétit vorace pour le foncier.
En revanche, il aurait été souhaitable de voir le P/APC de Mizrana formuler des propositions quant aux projets qu’il souhaiterait installer à la place de la majestueuse forêt dont la nature a gavé sa région.
Il faudra vérifier, par la suite, si les projets en question ont déjà été essayés par ailleurs et si ils ont fait sortir d’autres communes du tunnel de sous-développement dont se plaignent indéfiniment tous les responsables locaux à l’échelle nationale.
Il faudra apprendre à considérer la forêt comme une ressource naturelle nécessitant protection et gestion rationnelle et non pas « une caserne écologique ».

Classé dans:Ressources naturelles Tagged: développement local, Forêts


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