DzActiviste.info Publié le lun 5 Mai 2014

La rocade sud d’Alger coûtera 3 fois son prix initial. Les surcoûts qui font scandale

Partager

5290-boumerdes-anciennement-rocher-noirLa seconde rocade sud d’Alger devra coûter le triple du budget initial alloué à sa réalisation. Après avoir signé déjà quatre avenants au contrat de réalisation de cette rocade, l’Agence nationale des autoroutes (ANA) s’apprête à en signer un cinquième.

Au quatrième avenant déjà, la facture des travaux avoisinait 87 milliards de dinars, et de facto, avec la signature du nouvel avenant, on atteindra sans aucun doute le montant d’un milliard de dollars.
Pour une distance de 64 kilomètres et un budget aussi élevé, la seconde rocade autoroutière Zeralda-Boudouaou est de loin la plus chère au monde.

Signé par Amar Ghoul en 2006, le projet de réalisation de cette infrastructure a été arraché par le groupement GOTERA, composé de l’espagnole OHL, la portugaise Texeira et les algériennes ENGEOA et ETRHB.
L’Etat avait alloué un budget global de 37 milliards de dinars pour la réalisation de ce projet avec une partie convertible de 106 millions d’euros. Huit ans après, le projet n’est pas encore réceptionné définitivement et la facture global n’arrête pas d’augmenter. Pis encore, le tronçon de Meftah (PK 45-PK49) a subi des dégradations inadmissibles pour des entreprises de niveau international comme l’espagnole OHL. Le département des travaux publics, dirigé alors par Amar Ghoul, acceptera en 2011 d’effectuer des travaux supplémentaires pour le réhabiliter avec un budget nouveau alloué par l’ANA, alors qu’il devait être imputé à la société de réalisation qui a été défaillante.

Avec le flegme dont il fait preuve depuis son arrivée à la tête du secteur des travaux publics, Farouk Chiali n’arrive plus à contenir les scandales hérités de la gestion chaotique de Amar Ghoul. Il délègue alors l’Agence nationale des autoroutes pour mener les négociations avec les sous-traitants avec une tendance constante de fuite en avant.

Du coup, ce petit tronçon d’à peine 64 kilomètres est devenu sujet à des contentieux qui dépassent de loin ceux enregistrés dans la réalisation de l’autoroute Est-Ouest. Le Trésor public est saigné à blanc à travers les avenants qui n’en finissent pas. Le bricolage ostentatoire constaté sur plusieurs tronçons et ouvrages n’a à aucun moment incité les pouvoirs publics à regarder de près ce qui se passe sur ce projet. Cette situation a encouragé l’entreprise espagnole OHL à recourir à la justice pour réclamer plus d’argent auprès de l’ANA. Le contentieux porte sur plusieurs travaux n’ayant pas été commandés par le maître d’œuvre et les Espagnols estiment à plusieurs dizaines de milliards de centimes le montant de ces travaux.

Certaines sources affirment que le directeur du projet de la deuxième rocade autoroutière a subi des pressions énormes de la part de son ancien ministre pour «régulariser» cette situation chaotique, même au détriment des intérêts de l’ANA.

Hamid Boulares
Le Soir d’Algérie 05 05 2014


Nombre de lectures: 1029 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>