DzActiviste.info Publié le lun 19 Août 2013

La Tripartite, une pilule que le mouvement social n’avale pas

Partager

MonJournalDz.com 18 août 2013

2-1-350Une Tripartie en septembre, Etat-patronat-Ugta, pour relancer les investissements selon le Premier ministre Abdelmalek Sellal, au four et au moulin, en l’absence prolongée du chef de l’Etat, toujours en convalescence.

Si Sidi Saïd met beaucoup d’eau dans son vin pour complaire à l’Etat et au patronat, ce dernier ne semble pas disposer à céder notamment sur la révision du Code du travail, dont la suppression de l’article 87 bis donnée pour acquise par le secrétaire général de la centrale syndicale.
La rentrée sociale s’annonce très chaude, si l’on peut parler de rentrée sociale devant les incessants mouvements sociaux durant la période estivale, mobilisant le Premier ministre qui ne savait plus où donnait de la tête pour tenter de désamorcer les revendications salariales et les tensions marquées par la radicalisation des chômeurs du Sud du pays.

Ayant brillé par son absence sur le champ des luttes sociales et syndicales, abandonnant le terrain aux syndicats indépendants qui ne cessent de porter, seuls, la contestation face à un pouvoir et un patronat souvent sourds aux exigences des salariés, dont le pouvoir d’achat est rogné par une inflation non maîtrisée, demeurée élevée comparativement à notre voisin de l’Ouest, l’Ugta continue de faire le dos rond face à l’Etat dont il est un satellite et aux chefs d’entreprise qui, eux, se préparent intensément à la confrontation lors de la prochaine Tripartie devant avoir lieu pendant la deuxième quinzaine du mois de septembre.

En effet, si l’Union générale des travailleurs algériens exprime, d’ores et déjà, les renoncements, notamment à des revendications salariales, parlant de «consensus» – autant dire que la Centrale syndicale qui ne représente pas tout le monde du travail est prête à jeter le bébé avec l’eau du bain – pour éviter le choc inévitable sur les coupes budgétaires et les transferts sociaux, retraites y compris, que prévoit l’Etat face au risque d’un effondrement – donné pour probable par les experts – du prix du baril de pétrole, ramenant l’Algérie aux années 80 et 90, durant lesquelles des mesures draconiennes à travers les programmes d’ajustement structurel lui ont été imposées par le FMI, le patronat, soucieux de ses intérêts, semble prêt au bras de fer sur la révision du Code du travail, en particulier l’article 87 bis dont la suppression, jugée certaine par Abdelmadjid Sidi Saïd, pénaliserait, selon le patronat, les entreprises.
En dépit des autres dossiers à l’ordre du jour, notamment ceux sur la croissance économique, extrêmement faible devant les potentialités économiques de l’Algérie, et la relance des investissements qui tient tant à cœur le Premier ministre, d’après les propos qu’il a tenu lundi dernier à Souk Ahras, qui pourraient trouver, pour la forme, un modus vivendi, «patriotisme» oblige, la révision du Code du travail ne passera pas, à coup sûr, comme une lettre à la poste.

Le secrétaire général de l’Ugta, qui emploie la méthode Coué, qui consiste en une approche positive des choses, part excessivement confiant dans la volonté de ses partenaires à trouver une solution «dans l’intérêt de l’entreprise, du travailleur et de l’économie». De fait, la centrale syndicale gouvernementale part à la Tripartite sous le parapluie de l’Etat, épousant ses arguments et ses décisions, n’ayant consacré aucun temps de préparation sérieux à cette rencontre, comme le lui reproche, du reste, un de ses secrétaires nationaux, inquiet par le dilettantisme de ses collègues, tous partis en vacances.
En tout état de cause, les mesures qui seraient prises par la Tripartite n’entameront certainement pas la volonté des chômeurs et des travailleurs de tous les secteurs d’activité de multiplier, dès la rentrée, les contestations et les manifestations.

Brahim Younessi


Nombre de lectures: 862 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>