DzActiviste.info Publié le mar 11 Juin 2013

La triste fin de ceux d’hier ! par SARAH Haidar

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John Lennon, dont le rêve ultime était de voir les humains vivre en paix, nous avait gentiment conseillé de ne pas détester ce que nous ne comprenons pas. Utopiste mais aussi intelligent, il a tout de suite vu l’extraordinaire aptitude de ses semblables à condamner ce qui échappe à leur entendement. Le rejet d’une idée nouvelle et de la différence est l’une des principales caractéristiques de l’Homme depuis qu’il fait partie d’une société, d’un moule. L’Histoire regorge des noms de martyrs de la libre pensée : ils sont scientifiques, intellectuels, poètes, mystiques et même prophètes ! Tous porteurs d’une antithèse de l’ordre établi, ils ont subi persécutions et anathèmes, afin de prémunir la communauté contre leurs idées révolutionnaires considérées comme nuisibles et dévastatrices, alors qu’elles étaient simplement incomprises !

Ceux qui ont découpé en morceaux El-Hallaj pour avoir ramené la religion au seul principe de l’amour divin, sont-ils vraiment différents de ceux qui ont pourchassé et persécuté le Prophète Mohamed, venu bousculer la normalité de son peuple avec cette même religion ? Ceux qui ont brûlé Galilée pour avoir dit une vérité «infâme» ne sont-ils pas les mêmes qui aujourd’hui, dénigrent certains progrès de la science jugés comme un défi à la divinité ?  Il va sans dire que cette dualité permanente entre l’aspiration de l’Homme à aller vers le futur et celle de son semblable à le retenir dans le passé, est une constante inébranlable de l’Histoire du monde. Mais cette fatalité en induit une autre : ce sont inéluctablement les idées nouvelles qui triompheront car la survie de l’humanité a toujours dépendu de son évolution, laquelle n’a jamais été prônée par les gardiens de l’ordre établi, mais bien par des «fous» et des «mécréants» qui ont inventé les lendemains.

Il serait, peut-être, utile que les milliers d’objecteurs de conscience qui sévissent aujourd’hui de par le monde, se penchent sur cette logique simple et implacable, pour comprendre enfin que même s’ils réussissent aujourd’hui, à imposer leur infirmité mentale et intellectuelle, ils finiront par s’évanouir dans l’oubli ou, au mieux, seront considérés comme une masse pathologique ayant voulu un jour freiner l’épanouissement de l’Homme.  En effet, qui se souvient du bourreau de El-Hallaj ? Qui retient le nom de celui qui a mis le feu au bûcher de Galilée ? Lequel de Kateb Yacine ou de Abou Taleb El- Ibrahimi restera dans la mémoire du monde ? Qui de Naguib Mahfouz ou de l’obscur salafiste ayant condamné ses écrits et tenté de l’assassiner, sera encore présent dans les esprits d’ici quelques siècles ?  Entre ces centaines de milliers qui veulent déterrer le «Hier» et ces quelques autres qui poussent vers le «Demain», le choix est déjà fait à l’échelle de l’Histoire !


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