DzActiviste.info Publié le lun 7 Avr 2014

La Violence : Apanage de la Société Algérienne ?

Partager

DélinquanceKhaled Boulaziz

« Entre hommes libres, la violence ne pourra jamais supplanter l’urne; et ceux qui ont recours à la violence sont assurés d’échouer et d’en payer le prix. » A. Lincoln

Les algériens sont violents. Cette phrase fait écho dans notre société et notre histoire.

Sommes-nous condamnés à évoluer dans la violence ? J’ai tant d’appréhensions pour mon pays que je regarde s’entre-déchirer chaque jour avec méthode et acharnement.

Pourquoi cette violence? Est-ce qu’on arrive à quoi que ce soit par la violence? A-t-elle jamais créé quoi que ce soit? Si ce n’est larmes et douleurs.

Aucun meurtrier n’a jamais altéré le triomphe de la cause d’un martyr. Aucune injustice n’a jamais été réparée par des émeutes et les affrontements.
Un assassin de l’ordre n’est qu’un lâche, il n’est point un héros.

Et la voix démente d’une foule incontrôlée, et incontrôlable, n’est que la voix de la folie, pas la voix de la raison.

À chaque fois qu’un Algérien prend la vie d’un autre Algérien inutilement; sous un quelconque prétexte, par mépris, ou au nom de la loi; que ce soit l’œuvre d’un seul homme, ou d’une bande, par sang froid, ou par passion, dans un accès de violence, ou en réponse a une autre violence; alors nous soufflons sur la flamme de vie d’un homme; et c’est la nation tout entière qui s’avilit.

Pourtant, nous semblons tolérer le développement de la violence dans cette mascarade électorale, au mépris d’un vivre au commun et d’aspiration à la paix et le progrès.

Nous acceptons calmement en tant qu’algériens les affrontements communautaires récurrents, les bassesses verbales et l’exclusion par la force d’une grande partie des algériens.

Certains Algériens qui prêchent la non-violence oublient de la pratiquer dans leur quotidien. Certains cherchent des boucs-émissaires, d’autres cherchent des complots.

Mais ce qui est clair, c’est que la violence appelle la violence, la répression entraîne des représailles, et seule la purification de l’ensemble de notre société peut extirper cette maladie de notre âme.

Notre société souffre aussi d’une autre violence, plus lente mais aussi implacable, aussi meurtrière qu’un coup de feu ou qu’une bombe en pleine nuit.

C’est la violence des institutions qui sont indifférentes, inactives, et en lente décomposition.

Cette violence brise le caractère de l’être humain, et le prive de la possibilité d’être père ou mère, et citoyen responsable dans une société en paix avec elle-même.

Si nous apprenons à non enfants la haine et la peur de l’autre, si nous leur enseignons qu’ils sont supérieurs, à cause d’une vision réductrice de la religion, ou à cause d’un héritage révolutionnaire exclusif, si nous leur enseignons que ceux qui sont différents d’eux menacent leur futur, et leur aspiration.

Alors comme des zombies ils seront contraints d’affronter les autres non pas comme des concitoyens, mais comme des ennemis, et les aborder avec des préjugés, dans un esprit de conquête, pour les assujettir et les mater.

Nous vivront alors dans la même ville, mais pas en communauté. Nous résideront au même domicile, mais ne mangeront pas à la même table.

Nous apprendrons à ne partager qu’une même peur; qu’un même désir de s’écarter les uns des autres; qu’un même élan de violence dans nos désaccords. C’est le plus grand risque qui guette notre patrie.

Pourtant, nous savons quoi faire. Il faut instaurer une réelle justice parmi nos concitoyens. La question est de savoir sur quel type de programmes, et de quelles lois.

Mais la grande question est de savoir si, en nous-mêmes, dans nos cœurs, nous pouvons trouver cet élan d’humanité commune, et de regarder en face la terrible réalité de nos existences.

Nous devons comprendre que la distinction fallacieuse que nous faisons entre les hommes est vaine. Nous devons apprendre à fonder notre propre progrès sur la recherche du progrès de chacun.

Nous devons admettre, au fond de nous-mêmes, que le futur de nos propres enfants ne peut pas être construit sur le malheur des autres.

Nous devons reconnaître que cette courte vie ne tire aucune noblesse, ni aucune richesse, des sentiments haineux ou revanchards, et que l’Algérie appartient a tous les algériens et algériennes.

La violence ne doit pas être l’apanage de notre société, mais le désir de vivre ensemble.

 


Nombre de lectures: 126 Views
Embed This