DzActiviste.info Publié le mer 11 Fév 2015

Laghouat. Condamnations arbitraires de militants pacifiques – COMMUNIQUE RADDH

Partager

10399994_783961574986485_5048553796623037127_nRÉSEAU DES AVOCATS DE DÉFENSE DES DROITS DE L’HOMME

‘’Les algériens sont comme les doigts de ma main. Ils sont différents mais sont tous sur le même bras », c’est ainsi qu’a répondu Belkacem Khencha à un jeune de Laghouat qui lui disait qu’il faut instaurer un État islamique en Algérie.

Le tribunal de Laghouat vient de condamner cette sagesse et cette clairvoyance, par un jugement rendu ce matin, 11/02/2015, en catimini, avant presque l’ouverture de l’audience.
Pour Regue Mohamed, le verdict est de 18 mois ferme et 20.000 DA d’amende. Pour les autres, Khencha Belkacem, Brahimi Belelmi, Mazouzi Benallal, Azzouzi Boubakeur, Korini Belkacem, Benkouider Faouzi, Bensarkha Tahar, Djaballah Abdelkader, il est de 6 mois ferme et 6 mois avec sursis, plus 5.000 DA d’amende.

Ces verdicts démontrent à quel point la justice est soumise au pouvoir politique, dans la mesure où c’est la police qui a violé la loi et non l’inverse, en procédant à des arrestations d’une manière non conforme à la loi.

Je viens de leur rendre visite et ils m’ont fait part de leur décision de faire une grève de la faim illimitée, en réponse à l’injustice qui les frappe.

Pour rappel, le jeudi 22 janvier, alors que le dénommé Regue Mohamed était en train de discuter devant chez lui avec des agents de l’ordre, qui étaient sur les lieux pour une opération qui visait un présumé auteur d’un vol, a été arrêté au passage sur ordre de l’officier en service sans raison apparente.

Suite à cette arrestation, il a été poursuivi en flagrant délit pour violences envers la force publique. La date du 28/01/2015 fût arrêtée pour son jugement. Ce jour là, une dizaine de personnes étaient venues pour le soutenir. Leur présence sur les lieux n’avait duré que quelques minutes, avant d’être arrêtées à leur tour par la police.

Le lendemain, elles ont été présentées devant le procureur qui a ordonné leur mise en détention et il a arrêté la date d’audience pour Le 04/02/2015.

Le parquet a poursuivi les intéressés pour les chefs d’accusation suivants : attroupement non armé et actes, paroles ou écrits publics qui, tant qu’une affaire n’est pas irrévocablement jugée, ont pour objet de faire pression sur les décisions des magistrats (art. 147 du CP).

A l’issue du procès la défense s’attendait sereinement à un acquittement, en raison surtout de la violation de la loi en matière d’attroupement, par la police qui a procédé aux arrestations, mais malheureusement c’est l’inverse qui s’est produit.

Ce procès et son verdict démontrent clairement l’existence d’une volonté farouche pour mettre un terme à toute expression libre et une remise en cause des libertés individuelles et collectives. Le réseau dénonce cet état de fait et appelle au plein respect des engagements de l’Algérie relatifs aux droits de l’homme.

Le 11/02/2015
P/ le réseau
Me N. Ahmine


Nombre de lectures: 1055 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>