DzActiviste.info Publié le ven 7 Juin 2013

L’ALGERIE … 51 ANNEES APRES

Partager

QUANT IL NE RESTAIT QUE LE NOM INVENDU

«Les médiocres sont très utiles, pourvu
Qu’ils sachent se tenir dans
L’ombre, tels les zéros placés derrière
Les vrais chiffres. »

Masson

Par : Mohamed Ibn Khaldoun

La facilité et la rapidité du passage de l’Algérie à l’économie de marché ont pris de court les Algériens eux-mêmes. N’ayant eu à peiner longtemps, pour obtenir la démocratie ou pour l’imposer, ils se sont trouvés, plus tôt que prévu, affrontés à la question de savoir qu’en faire et comment l’utiliser. Ils ont découvert que la démocratie n’est pas en soi et par elle-même une solution peut être à tous les problèmes, comme on l’imagine trop volontiers quand on vit sous une dictature. Si c’était vrai, la plus moderne de toutes les démocraties, la grande Bretagne, serait le mieux portant des pays. Les Algériens ont découvert pis encore : que la démocratie peut même compliquer certains problèmes et en rendre les solutions plus difficiles, d’autant qu’elle doit tenir compte d’intérêts divergents et gouverner par la persuasion.

Ainsi, après plus d’une décennie, le citoyen algérien est tout aussi démocrate, mais c’est un démocrate désenchanté. Ce désenchantement n’est que l’envers d’une certaine ingénuité idéologique, sans doute excusable au début. L’opposition politique supposait, que le combat pour la démocratie même serait beaucoup plus long et beaucoup plus dur. Elle ne concevait pas le système politique, comme pouvant et voulant être autre chose qu’un socialisme. Ayant bandé ses énergies, en vue d’une lutte séculaire, l’opposition fut donc prise à contre-pied par le train d’enfer. Elle est pour beaucoup dans l’actuel désenchantement démocratique de l’Algérie. Cette illusion de la majorité actuelle consiste à croire, pour résumer très sommairement, que le démantèlement de l’Etat socialiste est en soi un programme de gouvernement et suffit à résoudre tous les problèmes. Elle fait l’inventaire de l’idéologie socialiste et l’affecte automatiquement d’un signe négatif. L’Etat socialiste était centralisateur ? Accordons libéralement les autonomies aux entreprises, et tous leurs problèmes seront résolus. L’Etat socialiste interdisait le syndicalisme libre ? Créons-le, et il n’y aura plus de conflits du travail. L’Etat socialiste était policier et répressif ? Cessons de l’être, et le terrorisme s’évanouira.

Cette confiance illimitée dans les vertus curatives de la démocratie, pour estimable qu’elle soit, conduit le gouvernement, à une sorte de d’immobilisme. Depuis que l’outil est forgé, on attend qu’il fonctionne tout seul. Et cela, même en politique étrangère.

Or si convaincu que l’on soit, que l’entrée de l’Algérie dans la démocratie était un impératif historique, il n’est malgré tout pas réaliste d’affirmer aussi catégoriquement que le seul fait de posséder des institutions démocratiques résout d’avance tous les problèmes économiques posés par cette démocratie.

La mélancolie politique algérienne vient donc, aujourd’hui, non pas de l’échec de la démocratie, mais de sa réussite. D’où l’erreur qui consiste à penser que pour gouverner, il faudrait recourir à des moyens autres que la volonté du parti au pouvoir de gouverner. Parmi ces moyens autres, le Président Bouteflika, qui a toujours insisté sur un gouvernement de coalition des grands partis. Un gouvernement peut-on le dire d’union nationale des principaux partis, excluant seulement les communistes qui ont brillé de leur absence depuis 1990. Mais ce type de « grande coalition » qui a fonctionné en ex R.F.A. durant les années 60, au moment où les socialistes et les démocrates-chrétiens partageaient le pouvoir, est jugé inopportun en Algérie par exemple. La démocratie est trop jeune chez nous, disent certains politiciens, pour se passer d’une opposition ou pour lui donner un caractère marginal, comme ce serait le cas si les deux grands partis, allaient ensemble au pouvoir.

Certains économistes, sociologues et anciens cadres du parti unique, ont trouvé tout à fait normal que l’algérien se retrouve d’un jour à l’autre dans une situation lamentable, victime du changement de politique et de l’ouverture du grand bazar qui est l’Algérie. Et qui continue de traverser des étapes qui jalonnent l’itinéraire sur lequel s’est engagé notre pays. Ces étapes qui seront matérialisées, à chaque round, par des engagements à modifier quelque chose au profit de quelques profits.

En vérité, le système actuel, a éclaboussé la masse des travailleurs, la majorité des pauvres, victimes des mauvaises gestions de l’Etat depuis 1962.Maintenant on peut facilement se poser la question : Allons-nous où, dans cette vitesse de croisière, qui ne satisfait que les étrangers et les nouveaux riches « algériens ».

Comment des centaines de millier de travailleurs se sont retrouvés en chômage, pour faciliter la privatisation sauvage et arbitraire. On n’a jamais eu le courage d’ouvrir le débat ou le dossier des licenciements massifs des travailleurs algériens, sous divers prétextes, afin de faciliter la vente des entreprises nationales à des étrangers. Est-ce la faute de ces centaines de milliers de travailleurs qui avaient fait la fierté de Houari Boumediene devant le monde entier, que le pays a fait fiasco par la mauvaise gestion des hauts responsables durant plus d’une décennie, et qu’aucun d’eux n’a été inquiété à ce jour, dont la plupart devenus des importateurs, des industriels en Algérie et à l’étranger en parle même en Irlande !

Qui de nous, ne se rappelle pas de l’été 1994, où le gouvernement a signé officiellement le douloureux accord du rééchelonnement de la dette algérienne qui supposait l’adoption d’un programme d’ajustement structurel dont un des points cardinaux est le sacrifice des entreprises.

Une alternative intermédiaire était la compression des effectifs, la fermeture de certaines entreprises, le fameux départ volontaire, la mise à la retraite anticipée ou proportionnelle etc. Tout cela à cause de ceux qui avaient mal géré le pays et rempli leurs sacs de dollars selon la déclaration officielle de Monsieur Abdelhamid Ibrahimi  ancien premier Ministre.

Ainsi durant le même été de 1994, étaient promulguées ce qu’on a appelé les lois sociales du rééchelonnement, gamme législative composée de quatre textes dont celui qui nous intéresse, relatif à la procédure de compression d’effectifs pour raison économique. Les travailleurs ne savaient rien à cette époque de ce qui se tramait derrière leurs dos, on vivait un terrorisme aveugle des morts des mutilés des brûlés tous les jours et toutes les nuits. Nul ne pouvait prêter attention à la politique destructrice qui a mis le pauvre travailleur en chômage alors que ceux qui étaient derrière cette catastrophe et ruine avaient envoyé leurs enfants partout dans le monde même aux Etats-Unis, loin beaucoup loin de nous sur le terrain faisant face à ceux qui voulaient VENDRE L’ALGERIE.

La loi 90-04 n’a jamais été Respectée et qu’il fallait à tout prix licencier les Travailleurs pour camoufler Les erreurs des gouvernants. Une loi allait avoir le plus grand nombre d’opportunités d’applications durant l’année 1994 et le premier semestre de l’année suivante. Est-ce parce qu’elle répondait à une nécessité absolue ou est-ce en raison des commodités ou de facilités qu’elle propose aux gestionnaires dans l’embarras ? Etant donné qu’il existait déjà la loi 90-04 qui fait obligation aux employeurs avant d’aborder la compression, d’étudier les possibilités de recasement des travailleurs susceptibles d’être touchés par la mesure envisagée. Cette obligation ne semblait plus être appliquée, devenue irréaliste. Tout d’un coup des dizaines de millier de travailleurs en un laps du temps se sont retrouvés : un personnel pléthore. L’exemple de quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage !

Il faut signaler aussi, que la pléthore est due non pas à l’absence d’un besoin mais à l’insuffisance de plan de charge. Le secteur des travaux publics, bâtiment et matériaux de construction par exemple, n’était pas saturé par les effectifs mais, en fait, les plans de charge qui sont repartis entre les opérateurs sont insuffisants pour générer une activité et employer effectivement des travailleurs.

N’oublions surtout pas que certaines entreprises, ont été convoitées depuis des années par des groupes étrangers. Des
entreprises qui faisaient la fierté des travailleurs Algériens et surtout de l’Algérie, sont tombées entre les mains des étrangers qui les convoitaient depuis des années. Certains constructeurs qui avaient construit des usines durant les années soixante-dix sont venus en 2006 pour les récupérer dans le cadre (suspect) de la privatisation. Aidés et assistés même par le ministre et des hauts cadres de l’entreprise qui avaient, eux, tirés un bon profit du soi-disant partenaire étranger, alors que les travailleurs ont été durement dupés par des miettes d’indemnités dites de départ volontaire pour débarrasser le plancher au profit toujours de l’étranger. Nous disposons de documents et de preuves irréfutables sur cette duperie.

Départ volontaire, retraite anticipée, retraite proportionnelle, démission masquée etc. Le tout répond à la compression des effectifs. Cette compression des effectifs au sein des entreprises, n’était pas fatale, elle a été permise par un manque manifeste d’imagination ou par préméditation. Le constat nous a fait remarquer que la compression était automatiquement engagée d’une façon générale sans passer comme le voudrait la loi par des solutions intermédiaires dont le but est d’alléger la perte du travail en mieux la partageant. Telle est le cas du recours au travail à temps partiel qui est une méthode qui consiste à réduire le temps de travail par travailleur et aussi permettre la sauvegarde du gagne-pain de l’ensemble.

A cette époque, la propagande d’une information faisait état que le F.M.I (Fonds Monétaire International dictait ses conditions à l’Algérie et qu’il était derrière la fermeture des usines et entreprises. Alors que ceux qui nous ont gouvernés mal et avaient mis le pays sous une dette géante, n’étaient eux pas inquiétés ni du côté du F.M.I ni des lois du pays ni de la justice. Heureusement que la justice divine existe.

Il est à expliquer aussi que la décision de recours à la compression est prise en association avec les représentants des travailleurs (le syndicat de Sidi SaÏd ) qui interviennent dans le cadre des deux structures. Les comités de participation d’une part et les structures syndicales d’autre part. Il faut dire et c’est très important que les comités de participation ont dans cette affaire un rôle purement consultatif, c’est-à-dire que l’employeur n’est pas tenu d’obtenir leur accord pour procéder à la compression mais doit seulement les informer et reçoit leur avis qui ne le lie d’aucune façon. C’est-à-dire dans le jargon populaire « Khodra Foug Taâm » En somme, l’employeur avait carte blanche de recourir à une compression d’effectifs même contre l’avis des représentants des travailleurs.

Le mensonge qui s’est propagé A travers le milieu des entreprises Et qui a permis d’importer des Travailleurs étrangers chinois Turcs et autres !

Les cas que nous avons consultés et étudier et qui ont abouti en justice présentent pratiquement tous la constante que le différend ne suffit pas sur le point de recourir ou non au licenciement pour cause économique. Sur ce sujet, l’accord est vite conclu entre les partenaires sociaux sur la nécessité de se débarrasser des travailleurs, cela est dû à notre sens à quelques facteurs : Il était devenu un lieu commun de dire que nos entreprises sont déficitaires et que leurs effectifs sont pléthoriques, ou bras cassés, qu’elles doivent au mieux éjecter un grand nombre de salariés ou au pire être dissoutes.

On a tellement répété ça, que cette idée n’a jamais été contestée, ni par le Syndicat de Sidi Saïd, ni par les médias, aucun journaliste ni éditeur n’avait le cran de dire Stop, le travailleur algérien n’est pas un bras cassé, le vrai bras cassé ce sont les gestionnaires des entreprises, des D.G et des PDG , que certains, nous avons des doutes qu’ils étaient d’une large complicité avec des étrangers qui sont devenus après des partenaires et des patrons d’entreprises. Comment défendre le travailleur, si le niveau et les compétences des représentants des travailleurs sont en général tels qu’ils ne peuvent pas discuter, intégrer ou contrecarrer une approche de l’employeur.

Les mesures de licenciement massives décidées étaient en général entérinées et confirmées par les tribunaux qu’il est établi qu’elles ont été prises avec l’accord des parties, c’est-à-dire l’employeur et les représentants des travailleurs. Les juges ne se soucient pas du respect ou de la violation des procédures arrêtées par la loi 90 /04.

Cependant comme nous l’avons constatés les représentants des travailleurs, sont restés dans leurs postes et c’est le pauvres travailleurs (exécutent, maîtrise et cadre) qui ont foutu le camp ( un ancien directeur général d’une entreprise nationale qui a été privatisée le 14 mars 2006, au profit d’un groupe étranger Allemand .Ce D.G mis à la retraite de 60 ans, et qui a favorisé le départ des travailleurs au profit de l’étranger en dépensant de grosses sommes d’argent de la caisse de l’entreprise pour les distribuer aux travailleurs qui avaient déposé leurs démissions, et même il est l’auteur d’une perte d’argent de l’entreprise avant sa privatisation de plusieurs milliers d’euros. Il a été en remerciement réembauché par l’étranger avec un salaire mensuel de plus de 25 millions de centimes et en plus de sa retraite.

Voilà comment les travailleurs algériens étaient victimes de la très mauvaise gestion des gouvernements. Comment leur bien du pays était convoité par des étrangers, comment la jeunesse algérienne en plein chômage réduite à ramasser les détritus et ordures des accotements des routes, habillées d’une tenue qui ressemblait beaucoup à celle des détenus à Guantanamo alors qu’un manœuvre chinois se la coule douce et le jeune algérien se jette dans l’aventure en pleine mer.

 


Nombre de lectures: 572 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>