DzActiviste.info Publié le lun 6 Jan 2014

L’Algérie a toujours commencé au sud

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Feq Salim METREF

Pour ceux qui ne l’auraient sans doute jamais appris, les nobles habitants du sud de l’Algérie ont toujours été les garants de son intégrité territoriale. Ils sont devenus les gardiens vigilants du bon usage de sa richesse nationale, de son pétrole et de son gaz. Ils sont la conscience éveillée de son  peuple, la sentinelle avisée qui révèle que les choses ne se font pas toujours comme elles devraient se faire et que beaucoup abusent, dans l’impunité et l’ingratitude, de sa légendaire générosité . Ils sont désormais à l’avant-garde de ceux qui s’opposeraient à ce qu’un jour certains n’essayent de confisquer à notre peuple les bénéfices de cette manne venue du ciel. Et si parfois le monde entier est dans l’expectative, dans l’attente de la séquence algérienne d’un processus malsain déjà en cours de démantèlement de pays souverains, l’Algérie ne partira jamais ni en fumée, ni se décomposera en morceaux, ni ne finira en lambeaux. Notre pays est dans l’attente de l’accomplissement d’un grand destin, celui d’une ambition légitime d’incarner et de devenir la puissance régionale par excellence, celle qui sera à la hauteur du génie et des aspirations de son peuple, de son immense territoire, de ses richesses naturelles  et de sa riche diversité culturelle.
L’accomplissement de ce destin sera incarné un jour, grâce à Dieu, par un dirigeant charismatique et visionnaire, porté par l’expression véritable de la volonté populaire, qui saura indiquer le cap, fixer la mesure la plus juste et la plus efficace pour mettre en place la cadence du redressement national et redonner ainsi  espoir aux plus démunis, reconstituer le puzzle d’un grand avenir contrarié par un immense gâchis et mettre  du baume au cœur de millions d’algériens désemparés. Ainsi turbulences sociales et colères juvéniles dans les régions du sud mais aussi partout ailleurs en Algérie, « prétendues  affaires  de  corruption supposées  impliquer des personnalités connues », exaspération et impatience de partis politiques pourtant  alliés du pouvoir, disponibilité de courants politiques appartenant à la véritable opposition et non représentés à l’assemblée nationale à apporter leur concours et leur intelligence pour éviter la déflagration dans une situation déjà extrêmement sensible, société civile défaillante qui aurait pu canaliser les colères mais absente car démembrée puisque trop  longtemps surveillée, encadrée et réprimée, régime politique essoufflé en quête de reconnaissance et aussi d’issues et classe politique artificielle sans ancrage dans la société caractérisent la situation actuelle de notre pays. Cette dernière  a cependant le mérite de révéler que le pays  respire toujours et vit encore et que le souffle de la vie est toujours là. Elle démontre aussi l’absence sidérante de relais dans la société capables de donner du sens et un prolongement politique  à une colère qui gronde et qui déborde tous les cadres et structures politiques souvent conçus conformément à la vieille tradition des anciens pays socialistes d’Europe de l’est ou d’ailleurs et qui ont toujours eu  pour vocation de constituer plutôt des garde-fous pour assurer coûte que coûte la paix sociale. Cette situation de turbulences rend aussi la fin de la mandature actuelle  extrêmement éprouvante, probablement affaiblie et sans doute affectée par «ce flot de supposées d’affaires révélées » qui pourrait achever le divorce déjà largement entamé  entre le peuple et ceux qui le dirigent avec tout ce que cela peut induire comme risques potentiels de dérives dangereuses et d’aventures possibles. Les événements actuellement en cours dans le monde arabe doivent  nous faire adopter le principe de précaution car beaucoup dans ces pays n’ont rien vu venir, ont parfois fait les sourds, sous-estimés les exigences de liberté et de justice exprimées pourtant pacifiquement et n’ont rien voulu entendre car persuadés qu’ils étaient seuls détenteurs de la vérité, que rien ne leur résisterait et qu’ils avaient les moyens de leur survie. Nous connaissons malheureusement aujourd’hui tous la suite. Ces événements nous ont également appris qu’un régime politique peut en toute légitimité se défendre  pour ne pas tomber et sombrer et ce quelque soit sa valeur, ses états de service et son type de gouvernance mais qu’il peut aussi entraîner dans sa chute un pays tout entier  comme cela se produit actuellement dans certains pays. Le peuple frère syrien le paie aujourd’hui dans la fureur et dans le sang. Cette situation extrême constitue le risque majeur encouru qu’il ne faut jamais prendre. Et ce risque constitue paradoxalement l’autre face de la médaille, la première étant la légitime aspiration des peuples à vivre libres et dans la justice.
L’Algérie doit continuer de vivre et l’opportunité ne doit jamais être donnée, par ignorance ou par l’entêtement de ceux qui persistent toujours dans l’erreur, à tous ceux qui veulent nous écorcher vifs pour pouvoir réaliser de sinistres desseins. Le régime syrien a toujours refusé la main tendue de l’opposition lorsqu’il n’y avait encore à l’époque ni guerre civile, ni opposition armée et ni surtout ingérence nauséabonde de ceux qui veulent en finir avec tous les pays qui s’opposent au nouvel ordre mondial, celui dont le corolaire est de faire disparaitre ceux qui refusent l’asservissement, de les dépouiller de leurs richesses et de faire place nette à une nouvelle donne géopolitique d’un monde débarrassée du dernier rempart contre l’anéantissement de l’humanité, l’Islam. La reconnaissance que doit toujours rechercher un régime politique est celle qu’il trouve auprès de ses citoyens,  grâce notamment à une gouvernance saine et  juste et une légitimité acquise par les seules urnes. Et nul besoin pour cela d’aller chercher cette reconnaissance ailleurs. L’onction apportée par les autres est souvent un cadeau empoisonné et se révèle dans la plupart des cas un bien encombrant soutien. Notre situation interne peu reluisante sur tous les plans apporte malheureusement un démenti à tous ceux qui pariaient ou qui espéraient, sans avoir fourni d’efforts pour qu’il en soit toujours ainsi, que l’Algérie sera toujours un long fleuve tranquille et que l’année 2013 fera tapisserie pour la fabuleuse montée des marches tant attendue, celle de 2014. Mais le destin confère souvent d’autres issues aux plus grandes certitudes.
Nous étions une exception, nous étions l’exception algérienne et nous devons continuer à l’être. Mais nous avons perdu beaucoup de temps. Malgré les nombreuses alertes lancées ici et là, les avertissements, l’indignation des uns et des autres, les signes précurseurs de l’arrivée de l’ouragan, les espoirs dits et redits, tout semble avoir été pensé, géré comme si rien ne pouvait jamais se produire et à la lumière d’une seule certitude, la paix sociale peut s’obtenir par la conjonction de deux facteurs,  l’argent et l’autoritarisme pour ne pas dire autre chose. Et même les réformes de notre système politique,  annoncées sous la pression des révolutions arabes qui ont emporté dans leur sillage de nombreux régimes, et qui auraient pu redonner  tous ses pouvoirs à un parlement veritablement  représentatif  et capable de légiférer  et toute sa crédibilité à une nouvelle classe politique enfin révélée par les urnes, ont été, semble-t-il, tempérées et tardent à voir le jour.  Mais peut-on encore espérer gagner du temps dans le nouveau contexte international ? Probablement pas. La jeunesse algérienne reprend à son compte les slogans de mai 68 en France et exige tout et tout de suite et se proclame raisonnable même lorsqu’elle exige l’impossible. Et notre peuple semble revendiquer non pas la dilapidation et la dépossession de la richesse nationale, qui est la sienne ne l’oublions jamais, mais  une véritable économie prospère qui profite à tous ainsi qu’une transformation radicale des modes de gouvernance. Il veut le changement  non pas dans la continuité mais dans la rupture, tout de suite et sans plus attendre.
Et c’est dans l’air du temps surtout en cette période de grandes incertitudes internationales  qui n’augurent rien de bon sauf ces effets pervers d’une mondialisation qui rapproche certes les humains entre eux ainsi que leurs préoccupations communes et fait du monde un village mais qui libère en même temps des forces malsaines, notamment celles de l’argent et de bien d’autres encore,  qui veulent s’accaparer  le destin de l’humanité toute entière et qui inventent un nouveau kit stratégique qu’ils exportent, celui de la guerre partout et pour tous et surtout pour les musulmans. Nous sommes ainsi observés et épiés et beaucoup piaffent d’impatience et attendent de nous porter l’estocade.  Nous sommes aussi, semble-t-il, dans une situation inédite ou les citoyens sont beaucoup plus acquis, que ceux qui les gouvernent,  à l’idée d’une transition résolue vers une nouvelle république dont le socle sera la liberté et la justice et la coexistence pacifique entre tous les courants de pensées ou idéologiques qui traversent la société algérienne. L’Algérie est prisonnière de querelles de leadership d’un autre âge et d’hésitations que nul ne peut plus comprendre. Il faut vite libérer notre pays, avant qu’il ne soit trop tard, de ces lourdes pesanteurs qui le brident.
Le vrai consensus national obtenu avec toutes les familles politiques algériennes et sans en exclure aucune,  doit être réuni le plus vite possible. Il s’agit d’une urgence politique. Il est probable aussi que l’Algérie soit agressée à court terme et ce de différentes manières, dans sa dignité par un certain voisinage politique parfois pas toujours aimable et qui nous a souvent aimé saignants et par d’autres qui n’hésiteront pas à exploiter à leur seul profit de véritables et légitimes aspirations au changement d’une population saignée par un pouvoir d’achat de plus en plus faible et  indignée par ceux et celles qui s’approprient l’argent public, le dilapident  ou le gèrent très mal. Il faut donc vite faire front avant que nous abdiquions. Et faire front non pas autour de la survie de ceux qui dirigent actuellement l’Algérie mais autour de la survie de notre pays. Nous n’en disposons pas d’autres et beaucoup le convoitent.  Notamment ceux qui viennent claironner à Alger que nous sommes les plus beaux et les meilleurs. Mais rien n’est encore perdu et tout est encore possible car nous détenons nous-mêmes et grâce à Dieu les clés de notre propre renaissance. Il nous faut le vouloir, sans tergiverser et sans plus attendre !

 


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