DzActiviste.info Publié le sam 18 Jan 2014

L’Algérie de Demain se Prépare Aujourd’hui

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Mohamed Ibn Khaldoun

2739L’Algérie en cette nouvelle année, 2014, mettra au moins dix autres années pour pouvoir décoller. Si tout va bien… immensité du territoire, pauvreté des infrastructures, délabrement des équipements, ,manque d’experts et cadres expérimentés, cohésion nationale encore embryonnaire dans un pays où prime depuis l’indépendance l’appartenance à la tribu et à la région… Autant de faiblesses congénitales que viennent aggraver ces maladies endémiques de l’Algérie dite moderne : la négligence et la conception. Un seul but : survivre pour les plus pauvres et s’enrichir pour les plus riches. Alors, tout le monde trafique, se débrouille, combine, achète ou se fait acheter. Pas une transaction possible sans ‘’D’hane essyr yssir’’ : une demande, une démarche quelconque empruntant les circuits normaux, une candidature pour le recrutement dans un des corps civils ou militaires, évanouissent dans les tiroirs, comme l’oued dans le désert. Ce n’est plus une maladie, c’est un système économique de remplacement.

Que faire d’autre, quand le sens de l’Etat, au sommet de la pyramide, et à de rares exceptions près, fait aussi dramatiquement défaut ? Comment exister décemment, quant les salaires des travailleurs et les pensions des retraités, sont parmi les plus misérables, l’inflation bat son plein, le pouvoir d’achat est une guillotine, un seul salut donc : la ‘’démerde’’.

Le pays manque de cadres expérimentés, ils sont partis presque tous, sous d’autres cieux, aux Emirat à Dubaï, au Qatar, en France, en Allemagne. Alors en paie chichement les hauts fonctionnaires, les députés, les sénateurs et les privilégiés, les gradés, piliers du régime qui le soutiennent, un cercle vicieux.

La concussion et l’inertie ne sont pas des poisons exclusivement Algériens, tant Le drame en qu’ils corrodent un pays trop jeune est riche qui manque tragiquement d’anticorps. La France fournit les béquilles d’une ‘’coopération’’ pas toujours adaptée aux besoins du malade, mais qui a le mérite d’exister. Cette France comme toujours, prend ses risques mais aveuglement sur l’avenir, en espérant toujours que l’Algérie parviendra un jour à secouer ses vieux démons, surtout qu’elle croit toujours que l’Algérie est sa ‘’chasse gardée’’. Or depuis 1962, le pouvoir en Algérie demeure tabou. Choqués par des tours de plus en plus matérialiste, alors que la population jeune exprime sa colère, les responsables, ministres, députés, sénateurs et hauts gradés sont critiqués sans cesse. Et parfois injuriés par des personnes de tout âge, puisque la politique Algérienne tourne depuis 1962 dit-on, autour du Président, donc de l’élection présidentielle. En résulte-t-il inévitablement la dégradation, du débat entre les partis et les idées ? Sommes-nous condamnés à entendre les mêmes orateurs répéter infatigablement les mêmes discours, comme si le pays ne percevait pas les signes annonciateurs des tempêtes ?

Bouteflika à son arrivé au pouvoir avait parié sa carrière et celle du parti FLN sur une alliance avec le parti islamiste Hams, donc sur une conversion de ce dernier. Il a perdu son pari.

Aujourd’hui, la majorité ne se trouve pas a meilleure condition que l’opposition. Dans la constitution actuelle, telle qu’elle a été connue, telle qu’elle l’est, le Président impose sa volonté à la majorité parlementaire. De ce fait les deux partis qui appartiennent à la majorité FLN/RND, sans se confondre avec elle doivent se démarquer des hommes du pouvoir et de la politique qu’ils tolèrent à défaut de la soutenir. La classe politique est elle condamnée au spectacle déprimant qu’elle donne depuis l’annonce de la maladie du Président et son transfert à Val-de-Grâce en France ? Oui, siu les deux partis continus d’ignorer la réalité de l’enjeu politique et les revendications de l’opposition.

Pour les deux partis FLN/RND, l’un qui a perdu son allié, l’autre qui a perdu le premier rang, un seul recours, une seule issue, renouveler sa doctrine ou mieux, sa pensée, car aujourd’hui tout se passe comme si le débat politique glissait vers la routine en dépit de la montée des périls. La force de l’équipe au pouvoir tient avant tout, au sentiment diffus dans le pays que d’autres gouvernants ne se tireraient pas d’affaires. Le scepticisme profond résistera aux promesses, aux idéologies, à la rhétorique. Occasion uniques pour les hommes d’Etat de réfléchir et d’aider l’électorat à saisir les enjeux de ces années cruciales.


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