DzActiviste.info Publié le dim 27 Déc 2015

L’Algérie de moins en moins solvable

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Pétrole-en-baisseBAISSE DES COURS DU BRUT. L’Algérie de moins en moins solvable

El Watan, 24 décembre 2015

The Economist Intelligence Unit estime que la politique budgétaire actuelle n’est pas viable à long terme, d’où la nécessité d’améliorer les recouvrements de la fiscalité ordinaire, de réduire les subventions et de contenir la masse salariale du secteur public.

La baisse des cours du brut et ses implications sur la bonne tenue des indicateurs macroéconomiques en Algérie inquiètent. Les récentes conclusions du think tank britannique «The Economist intelligence Unit» (EIu) font d’ailleurs part d’une dégradation de la perception des partenaires étrangers quant à l’évolution de ces indicateurs. Même si celui-ci maintient un rating du risque souverain Algérie à «BB», il n’omet pas de mettre en avant la montée des risques quant à la stabilité macroéconomique de notre pays.

EIU estime ainsi que le maintien du rating de l’Algérie est motivé par le faible niveau d’endettement externe du pays, ainsi que les réserves accumulées au niveau du fonds de stabilisation, autrement dit le Fonds de régulation des recettes (FRR). Cependant, le think tank met en avant la forte résorption de ces ressources qui sont passées de 60 milliards de dollars en mars à moins de 40 actuellement, ainsi que la vulnérabilité de l’Algérie à l’évolution des cours du brut, car pâtissant de la forte dépendance aux seuls revenus d’exportations des hydrocarbures.

Il estime que la dette publique interne, en hausse à 15% du PIB en 2015-2016, reste gérable. C’est dans le même sens que EIU pointe du doigt les pressions à la baisse du taux de change du dinar face au dollar, qui a été fortement déprécié depuis le début de la crise. Toutefois, il considère que le contrôle rigide des changes mené par la Banque centrale lui permet de limiter ou de prévenir la fuite des capitaux.

The Economist Intelligence Unit estime également que la politique budgétaire actuelle n’est pas viable à long terme, d’où la nécessité d’améliorer les recouvrements de la fiscalité ordinaire, de réduire les subventions et de contenir la masse salariale du secteur public.
L’agence de notation britannique émet des doutes sur la solidité du secteur bancaire algérien.

Si celle-ci concède le fait que la déconnection du marché financier local de son environnement international lui a permis de conserver une certaine résilience aux chocs, EIU juge qu’une expansion du crédit à la consommation (grâce à sa réintroduction en faveur de la production locale en 2015), si elle n’est pas accompagnée d’une augmentation proportionnelle de l’évaluation des risques de crédit, pourrait soulever des doutes sur la qualité des actifs du secteur.

Enfin, EUI note que si le rating du risque souverain Algérie est maintenu à BB, il existe un risque élevé que cette note soit dégradée, notamment si le niveau des prix demeure en deçà des 50 dollars, impliquant ainsi une dégradation des équilibres publics internes et externes ainsi qu’une forte baisse des réserves de change et de l’épargne publique. L’agence de notation estime aussi que ces craintes pourraient être plus importantes, particulièrement si les autorités ne montrent aucun signal allant dans la réduction du rythme des dépenses publiques.


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