DzActiviste.info Publié le sam 16 Nov 2013

« L’Algérie en mouvement » bouscule l’image d’un pays immobile

Partager

De Paris, Nejma Rondeleux, Maghreb Emergent, 13 novembre 2013

SOUAD-MASSI

Farid Yaker, président du forum france Algérie avec Souad Massi, marraine du festival(Ph Nejma Rondeleux)

De jeunes algérien(ne)s créatifs, souriants et engagés dans leur pays, voilà une image de l’Algérie peu répandue quand les médias internationaux préfèrent parler des affaires de corruption, du chômage de la jeunesse et de la léthargie politique. Le festival « Algérie en mouvement » qui se tient du 12 au 16 octobre à Paris montre une autre réalité.

A lire les médias internationaux, l’Algérie n’aurait que des problèmes : niveau d’éducation en baisse, économie amorphe, malaise de la jeunesse, frustration sociale, etc. C’est du moins l’image présentée à une semaine d’intervalle dans deux quotidiens anglophones renommés, Le New York Times et le Guardian, qui insistent tous deux sur le manque de perspectives encourageantes pour le pays due à une situation d’inertie politique. « La paralysie du gouvernement est parmi les signes les plus visibles du malaise du pays et de la prudence du pouvoir à la transition politique », écrit la journaliste américaine Carlotta Gall dans un article du New York Times intitulé : « En pleine dérive politique, l’Algérie s’accroche à ses vieux jours».

Face à cet immobilisme politique, les deux journalistes décrivent un contexte social désespéré voire explosif. « L’humeur dominante est celle de la frustration », pointe The Economist. Tout en indiquant que le « taux de chômage atteindrait 40 % », elle affirme avoir reçu la même réponse parmi les jeunes algériens à sa question sur leur projet d’avenir. « Je veux partir est la réponse courante […] des jeunes branchés dans les chics pâtisseries françaises de la capitale aux jeunes de style plus simple dans leur modeste maison de Ghardaïa », écrit-elle dans un article intitulé « Toujours patients ». La journaliste du New York Times, consacre pour sa part, une longue partie de son article aux ‘tensions sociales et aux émeutes sporadiques qui continuent à se développer ».

Ceux qui restent et agissent
Si le taux de chômage élevé et les difficultés d’accès à l’emploi pour les jeunes diplômés une réalité indéniable, il en est une autre, plus optimiste. Celle d’une « Algérie en mouvement » entraînée par «une jeunesse algérienne dynamique et créative, animée par le désir d’aller de l’avant ». C’est du moins l’image présentée en ouverture du festival « Algérie en mouvement » dont la première édition s’est ouverte, hier, à Paris. Dans la salle bien pleine de la mairie du XVIIe arrondissement, Yacine Hirèche de l’association Cinéma et mémoire, Yasmine Bouchène, fondatrice du webzine Vinyculture, Fayçal Rezkallah, du collectif de photographie Isoclub, Karima Belasli de l’association Femmes en communication et Aniss Lammali, de l’agence de communication Popium, arrivés d’Alger la veille ont montré un visage de l’Algérie rarement médiatisé. En deux ans à peine, Isoclub, installé à Oran, a ainsi organisé de nombreux ateliers de formation, une expovente de photographies à but caritative et s’apprête à nouer des collaborations avec Unicef et Amnesty international.

Les initiatives ne manquent pas
L’agence de communication Popium basée à Alger, tout aussi jeune, a créé le magazine en ligne Ubu Mag (en cours de finalisation) après quatre numéros papier d’une revue culturelle baptisée Oxymore et a lancé il y a cinq mois le cinéclub Zinet qui enregistre « la plus forte audience d’Alger » selon son représentant. L’entreprise Waves, fondée par Yasmine Bouchène, a développé en deux ans, outre le webzine culturel Vinyculture, devenu le guide incontournable des sorties dans les grandes villes d’Algérie, Vinywaves, un club proposant des sorties au musées, des projections et autres événements culturels. « Nous nous apprêtons à lancer Alhubeco, un site dédié à l’actualité économique et aux nouvelles technologies avec, entre autres, un espace pour les étudiants et une rubrique dédiée aux jeunes chefs d’entreprise », a annoncé Yasmine Bouchène. « Il ne faut pas croire que les choses ne se font pas en Algérie, résume l’entrepreneure de 23 ans, juste considérer que c’est un manque d’information ». « Quand je vais en Algérie, j’ai l’impression d’un désert culturel mais grâce aux intervenants de ce soir, j’ai réalisé qu’il suffit d’aller à la recherche de l’information », témoigne Nouara, une Algérienne travaillant en France depuis dix ans dans la finance. Et les initiatives à découvrir ne manque pas comme le prouve le riche programme du festival « Algérie en mouvement ».


Nombre de lectures: 2547 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>