DzActiviste.info Publié le mar 19 Nov 2013

L’Algérie reçoit une note de stabilité négative-neutre par MEA Risk

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La société américaine de notation et d’analyses des risques MEA-Risk a donné une note de stabilité à l’Algérie de «B -», avec un résultat numérique de 50,7 sur une échelle de 1 à 100, où 100 représente le plus haut niveau de stabilité. Le flou qui entoure l’élection de 2014 a assombri les perspectives politiques et économiques en Algérie.
Selon MEA Risk, une société de suivi, d’analyse et de notation de pays d’Afrique du Nord, du Sahel, d’Afrique Sub-Saharienne et du Moyen-Orient, basée en Amérique du Nord et associée à la publication Américaine The North Africa Journal, la notation B- signifie que l’Algérie est « Sous observation neutre négative ». C’est-à-dire que l’Algérie traverse une transition touchant un ou plusieurs des facteurs clés de sa stabilité, et les actions actuelles du gouvernement et des événements en cours entrainent le pays vers une voie négative.
Au niveau politique, l’Algérie a obtenu 43 points sur une échelle maximale de 100. « Le pays est confronté à une période de transition trouble et sans aucune transparence au niveau politique », note le communiqué de MEA Risk, rendu public le 5 novembre dernier, faisant référence aux prochaines élections présidentielles d’avril 2014, dont les principaux candidats ne sont pas encore connus des électeurs.
Niveau de risque élevé dans un environnement hostile
«Ce manque de transparence politique, concernant le futur président potentiel conduit à de nombreuses spéculations qui augmentent le niveau de risque pour l’Algérie », explique le document qui pointe une vie politique « pratiquement gelée ». Pour MEA Risk, le climat politique national est davantage un challenge par une sécurité régionale qui reste très tendue notamment aux frontières Est et Sud de l’Algérie et la présence terroriste en Kabylie (Nord). A l’Ouest, « le territoire du Sahara Occidental demeure un point de discorde grave entre l’Algérie et le Maroc », objet d’une vive tension diplomatique vécue ces derniers jours entre les deux pays.
L’Algérie a les moyens pour résoudre de graves problèmes sociaux
Sur le plan économique, l’Algérie a obtenu une note de 53 points/100. Cette meilleure note comparée à la catégorie politique est due à deux facteurs positifs importants dont l’Algérie jouit, selon MEA Risk. Il s’agit de ses grandes réserves de devises étrangères de près de 200 milliards de dollars, soit environ 44 mois d’importations, des avoirs en or qui valent environ 7,5 milliards de dollars et une très faible dette extérieure à moins de 3,5 milliards de dollars.
Ces chiffres indiquent, selon MEA Risk, que l’Algérie a les moyens financiers pour résoudre de graves problèmes sociaux, notamment en matière de subvention à la consommation. Cependant, a-t-on ajouté, « il y a des inquiétudes croissantes sur une série de questions, allant de l’inflation élevée, aux procédures d’affaires administratives étouffantes qui représentent de gros obstacles relatifs à l’économie Algérienne et à la création d’emplois ».
Le fléchissement de la demande sur le marché du pétrole en fonction de la croissance du PIB mondial, le développement des hydrocarbures de schiste aux USA et la relance timide de l’économie mondiale, le manque d’intérêt des sociétés pétrolières pour le marché algérien, sont entre autres les principaux facteurs négatifs pour l’économie algérienne. Ajoutés à la volonté affichée par le gouvernement visant à nationaliser les entreprises privées notamment Djezzy et Michelin, « étant de mauvais messages lancés aux investisseurs ». « Faire des affaires en Algérie est très difficile et risqué, et cet environnement n’est pas de nature à s’améliorer au moins jusqu’à après les élections présidentielles », note MEA Risk.
Statu-quo pour les 3 prochains mois
Dans l’analyse des facteurs sociaux/humains, l’Algérie reçoit une note de 56,6/100. Ce résultat est dû notamment aux importantes réserves financières «suffisantes pour supporter et gérer les crises sociales » et la réduction des capacités de nuisances des mouvances terroristes. «Compte tenu du climat politique actuel, les conflits régionaux, les conditions économiques et sociales, nous ne prévoyons pas d’amélioration de la note de stabilité de l’Algérie au cours des 3 prochains mois», explique Arezki Daoud, Directeur de Recherche a MEA Risk. Et de conclure : « Nous nous attendons à des changements qui risquent très probablement d’affecter la notation de stabilité dès le début de 2014, quand le régime fera probablement connaitre ses positions concernant les élections de 2014 avril. »
Aymen Zitouni, Maghreb Emergent


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