DzActiviste.info Publié le lun 1 Juin 2015

L’Algérie retombe dans le flou total

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http://yvesmontenay.fr 25/05/2015

Pour commencer, une image représentative d’un climat :
el-watan-hic-20150514
Depuis la réélection controversée d’Abdelaziz Bouteflika il y a un an, l’Algérie est retombée dans le flou politique et économique.
Par Yves Montenay

Pour la compréhension de cette image du quotidien El Watan d’Alger, rappelons que la vente du tableau de Picasso (la toile la plus chère jamais vendue aux enchères, adjugée à 179,36 millions de dollars le 11 mai 2015 , chez Christie’s.) a fait grand bruit en Algérie, avec certaine fierté, comme si c’était la vraie valeur des femmes d’Alger.

Cela alors que le patron du Forum des Chefs d’Entreprise (FCE, le MEDEF local) venait de dire lors d’un voyage officiel en Chine que les Chinois étaient les bienvenus, et que les femmes algériennes étaient disponibles pour ceux d’entre eux qui envisageaient d’y créer des familles !

Je rajoute un commentaire personnel : l’immigration définitive avec obtention de la nationalité algérienne est très difficile en Algérie, même s’agissant de conjoints musulmans d’Algériennes. Même si les propos de l’image ne sont pas précis, ils confirment néanmoins que les Chinois peuvent immigrer facilement, comme constaté par tous les Algériens. Dans toute l’Afrique, l’arrivée massive d’entreprises et de citoyens chinois n’est pas toujours bien vue par le peuple, mais semble favorisée au sommet, ce qui laisse le imaginer « des arguments efficaces ».

Revenons à l’analyse de la situation du pays

Une situation de départ déjà désagréable

L’Algérie s’était habituée à une situation désagréable : un pays où tout dépend du pétrole et où une grande partie de l’activité économique consiste à importer et distribuer et non à produire, et où les acteurs situés « près du robinet » détournent une partie de la rente.

Quelques précisions :

– le mot « rente » a deux sens voisins, celui d’une production dont le prix de marché est très supérieur au prix de revient et laisse une marge confortable, et celui d’un revenu sans contrepartie d’un travail (ou en contrepartie d’un travail passé lointain ou de effectué par une très faible partie de la population). Ces deux sens sont pertinents en Algérie.

– Les importations payées par le pétrole sont non seulement les biens de consommation courante (nourriture, médicaments, véhicules etc.) mais aussi la commande clé en main d’infrastructures publiques, dont la fameuse autoroute Est-Ouest dans chaque tronçon a été confiée à des étrangers, et dont certains sont déjà hors d’usage.

– Quant aux détournements, quelques grands procès en cours confirment ce que le grand public soupçonnait. Ajoutons que l’importation permet plus facilement le prélèvement de commissions que la production nationale.

– Cette production nationale est donc découragée, à quelques exceptions près comme l’implantation de l’usine Renault d’Oran en 2014, et l’agriculture (9 % du PIB) qui a bien redémarré depuis la (re)privatisation des terres, sauf pour le blé encore massivement importé.

… aggravée par le flou politique et économique

Après la candidature très controversée du président sortant pour un quatrième mandat, et une élection qui l’a été tout autant, l’Algérie est retombée dans le flou politique avec un président malade et absent, peu d’activité gouvernementale et une grande interrogation sur les personnes qui gouvernent effectivement, le plus souvent cité étant Saïd Bouteflika frère du président. Les opposants tentent de se fédérer, avec des résultats inégaux.

Le terrorisme islamique en principe « résiduel » continue, notamment dans le sud, ainsi que l’agitation berbère, notamment au Mzab, en réaction à l’arabisation linguistique et démographique.

Là dessus est arrivée la baisse du prix du pétrole qui s’est conjuguée à la flambée des importations et de la consommation de carburant, laquelle réduit les quantités exportables (voir nos lettres depuis deux ans), flambée qui s’explique par la distribution massive d’argent pour éviter un « printemps algérien ». Au prix actuel du pétrole, le pays ne pourra plus payer ses importations dans deux ou trois ans. Pour éviter la catastrophe humaine, il faudrait supprimer les subventions (bientôt un tiers du budget, principalement pour les carburants, donc pas pour les plus pauvres) et avoir une gestion plus rigoureuse de la fonction publique, mais cela déclencherait des protestations que le vide du pouvoir rendraient dangereuses. On se contente donc de déclarations lénifiantes qui ne font qu’inquiéter. Bref, le flou économique s’ajoute maintenant au flou politique.

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Displaying 1 Comments
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  1. Farhat dit :

    En somme, un flou artistique savamment entretenu pour berner un ghachi (gâchis??) laissé en son état de second collège depuis la nuit es temps! Gallek a sidi ya ben sidi, François le Hollandais rahou jey leddzeyer pour arbitrer la succession de qui vous savez; a3lach? il peut pas le faire depuis son bureau des chanzylizy?

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