DzActiviste.info Publié le dim 23 Sep 2012

L’Algérois et la Kabylie croulent sous les ordures

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Les décharges sauvages poussent comme des champignons. Elles touchent des lotissements entiers, des villages, des sites industriels et touristiques, des cités, des chefs-lieux et autres bidonvilles. Une vraie catastrophe écologique.

Voilà un chiffre qui donne froid dans le dos : 2 263 décharges illicites, donc sauvages, ont été recensées de janvier à fin août 2012. La police spéciale, relevant des services de la Gendarmerie nationale, a mené des enquêtes approfondies, essentiellement basées sur les déplacements et les constatations qui ont buté sur un décor désastreux. Parce que la gestion des déchets constitue le point noir des gouvernements qui se sont succédé, ces décharges ont, non seulement dégradé le cadre de vie des citoyens, mais ont mis fin à cet espoir éphémère de voir un jour nos gouvernants parler d’esthétique des villes et villages. Ainsi, et dans le cadre de la protection de l’environnement et de la préservation de la santé publique, en application de la loi n°03-10 du 19 juillet 2003, relative à la protection de l’environnement dans le cadre du développement durable et la loi n°01-19 du 12 décembre 2001, relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets, les unités de la GN ont recensé, en huit mois, 819 décharges publiques autorisées et 2 263 autres illicites à travers le territoire national, soit quatre fois plus que les sites autorisés.

La Kabylie ceinturée par 1 488 décharges sauvages

Selon un rapport rendu public par la cellule de communication de la GN, 12 wilayas sont très touchées par la prolifération de ces décharges illicites. Il s’agit, d’Adrar (110), Oum El-Bouaghi (26), Béjaïa (21), Biskra (30), Bouira (107), Tlemcen (30), Tizi Ouzou

(1 361), Djelfa (35), Sidi Bel-Abbès (29), M’sila (73), El-Bayadh (108) et Souk-Ahras (26). Ces wilayas, à elles seules, totalisent un taux de 86% du nombre global de décharges illicites à travers le territoire national. Cette forte concentration de décharges a causé d’énormes dégâts, surtout d’ordre sanitaire. En revanche, cinq wilayas, à savoir Saïda, Annaba, Illizi, Tindouf et Ghardaïa n’ont enregistré l’existence d’aucune décharge illicite, et ce, même si le cadre de vie laisse à désirer. Déduction, la Kabylie recèle 1 488 décharges sauvages. Il ressort également que les unités du Groupement territorial de la GN de Tizi Ouzou ont recensé le plus grand nombre de décharges illicites à travers les zones hors agglomérations, soit un taux de 60% du nombre global existant à travers le territoire national. Ce chiffre ne tient pas compte des décharges situées à l’intérieur des villages et à proximité des nouveaux lotissements à la sortie des villages. Selon le rapport de la police spéciale de la GN, la plupart des décharges recensées sont “situées à proximité des agglomérations, des oueds, dans les forêts où, longeant les voies de communication, elles attirent les animaux errants et les insectes, sources de pollution et de maladies contagieuses, pour les citoyens habitant à proximité en dehors du fait qu’elles endommagent et dénaturent l’image de l’environnement et du paysage (…) Ce phénomène de prolifération de décharges illicites et de jets d’immondices influe sur la santé de la population et augmente les risques de propagation de maladies”.

L’Algérois à la tête des infractions avec 444 cas

Ces unités de la GN ont, par ailleurs, constaté 170 infractions liées à la gestion des déchets à travers 24 wilayas du pays, où 14 personnes ont été arrêtées, et 26 camions mis en fourrière. Ces infractions s’ajoutent à celles enregistrées par les cellules de la protection de l’environnement, avec 564 infractions liées aux atteintes à l’environnement à travers le territoire national, et ce, en plus des autres activités dans le cadre des missions qui leur sont dévolues. En ce sens, note-t-on encore, la cellule relevant du 1er CR/GN implantée à Alger, a enregistré le nombre le plus élevé en matière de constatation des infractions, soit 444 cas, avec un taux de 78% du nombre global des infractions constatées par les 3 autres cellules implantées à l’échelle nationale. Ce taux élevé de décharges et d’infractions s’explique, selon le document en notre possession, par la forte présence d’une activité industrielle et économique, qui n’obéit à aucune norme universelle en matière de gestion des rejets d’immondices et de gravats. Cette situation qui influe sensiblement sur l’environnement et le cadre de vie du citoyen, est causée par une surpopulation anarchiquement implantée dans les périphéries des grandes agglomérations. Ce laisser-aller encourage l’implantation de bidonvilles, de décharges non réglementaires, les écoulements des eaux usées, l’installation de marchés informels, d’actes de vandalisme, vol de poubelles et retards dans l’évacuation des déchets.

10 wilayas sous le parfum des… eaux usées

Le rapport détaillé de la Gendarmerie nationale fait aussi référence au danger que représentent les eaux usées dans l’irrigation des terres arables. La forte tension sur les légumes et les fruits étant ressentie, les agriculteurs indélicats recourent davantage à ce procédé dans 10 wilayas du pays. Il s’agit des wilayas de Batna, Biskra, Blida, Tébessa, Sétif, Skikda, Médéa, M’sila, Mascara et El-Bayadh. La région de Médéa est la plus touchée par ce phénomène, surtout qu’elle constitue un point nodal dans le centre du pays. Selon ledit rapport, les interventions de la police spéciale ont abouti à des saisies spectaculaires en matière d’équipements, comme les pompes, et la destruction de 25 hectares de cultures irriguées avec des eaux usées. L’irrigation avec des eaux usées représente une véritable menace pour la santé publique. Mais, l’Algérie n’est pas le seul pays qui connaît cet état de fait. En 2008 déjà, une étude mondiale a révélé que les pays du tiers-monde recourent davantage à l’usage des eaux usées dans l’irrigation, particulièrement à la périphérie des petites agglomérations et des grandes villes. Ce document indique que dans 80% des cas, les agriculteurs utilisent les eaux usées non traitées à des fins agricoles. En 2009 et 2012, les mêmes unités avaient relevé deux cas de figure dans l’Algérois (Zéralda et Rouiba) où des terres entières étaient irriguées à partir des oueds où se déversaient des eaux usées.

F B
Liberté Algerie le 23 09 2012


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