DzActiviste.info Publié le lun 7 Mai 2012

L’ancrage de la bonne gestion Par Dr Ahmed BENBITOUR

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En plus de la vulnérabilité aux plans économique et sociale, il y a une vulnérabilité politique marquée par une violence subversive, durant près de deux décennies, qui a creusé un énorme fossé entre gouvernants et gouvernés. Une génération d’Algériens a été perdue durant cette période dévastatrice, elle exprime son mécontentement par les émeutes et la destruction des symboles de l’Etat.

D’où l’urgence de dépasser le statut quo politique et économique face au bouillonnement social qui est motivé par l’apparence évidente, de la corruption, de l’incompétence ; l’absence d’imputabilité (moussa’ala), de transparence et d’intégrité ; de même que l’inefficacité, le gaspillage et l’insensibilité aux exigences des populations. Il faut bannir la pratique qui consiste à prendre des décisions sans coordination aucune, entraînant des dégâts contraires aux attentes. Il faut se préoccuper sérieusement du risque de voir se créer en Algérie, deux sociétés antagonistes : celle des nouveaux riches par la rente, l’aisance financière, le gaspillage et la corruption ; et celle des laissés pour compte parmi les régions et à l’intérieur des régions. Dans un tel cas, le pays s’installerait dans la contestation sociale grandissante, sans que cette dernière puisse déboucher sur une révolution et les changements qui l’accompagnent. Ce serait, alors « la trappe d’inégalité et de misère ». La misère appelle les émeutes, qui à leur tour augmentent la misère à cause de l’instabilité politique et économique qui en résulterait. De fait, toutes les institutions sont bloquées au moment où il y a un besoin urgent de mobiliser l’ensemble des ressources de la Nation pour faire face à la crise multidimensionnelle qui mine l’avenir d’un pays et d’une économie.

L’ancrage de la bonne gouvernance propose de lire, de débattre, de critiquer et de repenser les éléments d’un programme ne dissimulant aucune ambition politicienne démesurée, mais plutôt une action d’aiguillage et/ou un tableau de bord pour l’avion-Algérie longtemps cloué au sol, afin de lui permettre cette fois-ci, une véritable opération de décollage. Au moment où le pays dispose de très fortes potentialités pour s’en sortir, il devient inacceptable, pour ceux qui en ont la capacité, de se taire sur la possibilité d’engager l’Algérie dans le sentier de sortie de crise ; Il faut que la mécanique se transforme en dynamique et que les équipages soient hautement qualifiés et suffisamment outillés techniquement, intellectuellement, et avant tout moralement. D’où l’urgence de l’ancrage d’un programme de bonne gestion des affaires publiques. Pour apprécier la bonne gestion, il est nécessaire de l’analyser et de la mesurer. Alors, il devient nécessaire de définir des critères et de construire des indicateurs pour mesurer ces critères. Pour rappel, le critère est un élément d’analyse et l’indicateur est la mesure de ce critère.Nous vous proposerons la semaine prochaine des critères et des indicateurs.

Par Dr Ahmed BENBITOUR
elkhabar.com 07 05 2012


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