DzActiviste.info Publié le sam 3 Mar 2012

Laskri: Aucun pays n’est à l’abri du changement

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Conférence de presse du premier secrétaire

Alger, le 3 mars 2012

DECLARATION LIMINAIRE

Comme vous le savez, le conseil national du FFS,  réuni en session extraordinaire le 2 mars 2012, après communication du président du parti, Hocine Aït-Ahmed, et après délibération plénière, a pris la décision d’une participation aux prochaines élections législatives.

Dans son intervention, le président du parti a longuement insisté sur la crise multidimensionnelle qui secoue le pays depuis plusieurs décennies. Il a surtout souligné les divergences majeures qui nous séparent des groupes dirigeants au pouvoir ; divergences qui, de notre point de vue,  empêchent une sortie de crise politique et démocratique.

Pour le FFS, cette participation est une participation tactique, un moyen parmi d’autres dans une stratégie globale d’action politique qui vise à :

–      Remettre le peuple en mouvement et remettre du mouvement dans un statuquo politique et institutionnel destructeur de l’Etat et de la société algérienne ; seule cette remise en mouvement peut permettre de dépasser les impasses du pays, de la Kabylie et du pouvoir.

–      Poursuivre la lutte politique, pacifique et populaire pour les droits politiques, économiques, sociaux et cultuels.

Permettez-moi de revenir sur quelques moments forts qui ont mené à cette décision dont le sens a été dévoyé par une certaine presse.

La convention nationale du FFS, prévue de longue date par nos statuts, a constitué pour nous un moment éthique et politique très fort. Le débat militant qui a associé la société civile est pour nous d’une importance fondamentale. Ces moments ont permis une véritable communion avec toutes celles et tous ceux qui ont discuté avec nous pour nous conforter dans nos analyses ou pour nous critiquer. Libre alors à certains de parler de «faux suspense», de «supercherie» et autres divagations. Plus fondamentalement ce qui nous désole chez certains praticiens de la presse c’est le refus pathologique du débat public dans un espace public fondateur de la démocratie.

Comme nous laissons à une certaine élite politique ou universitaire le soin de prouver leurs assertions malveillantes et haineuses sur des prétendus «quotas» ou contacts avec le DRS. Nous leur conseillons même d’aller chercher du côté de Wikileaks; nous invitons certains anciens «harkis» du système à la retenue sinon à rendre des comptes sur certains événements très graves survenus alors qu’ils occupaient des postes importants dans la hiérarchie du pouvoir de l’époque. Ils portent une grande responsabilité dans les désastres que le pays a connus.

Permettez-moi maintenant de revenir à des choses plus sérieuses pour vous exposer une première synthèse de la situation politique dans le pays et qui a conduit à la prise de décision de la participation tactique aux élections de mai 2012.

Mesdames, messieurs,

L’Algérie connaît des évolutions internes profondes dont nous mesurons encore mal toute l’ampleur et la portée.

Le peuple algérien aspire au changement démocratique.

La position du pouvoir s’incarne dans le maintien délibéré, injustifié voire provocateur d’un statuquo politique intenable. Ce statuquo est le verrou qui empêche le décollage économique du pays et obère tout espoir de développement.

Le contexte international et régional est incertain.

Des stratégies de puissances sont à l’œuvre pour un nouvel ordre mondial. Nous ne savons pas encore de façon précise l’impact qu’il aura sur la région et sur le pays. Les dernières décennies ont fragilisé le pays et font apparaître de nouveaux besoins de sécurité nationale. La démocratisation du pays est le fondement principal de cette sécurité. Le pays a besoin d’un contrat politique et économique librement discuté et négocié entre les forces politiques, économiques et sociales représentatives.

C’est une hérésie dans la situation actuelle de prétendre que rien n’a changé. Aucun pays n’est à l’abri du changement.

Mesdames, messieurs,

Nous sommes conscients du désintérêt de la population algérienne pour toute échéance électorale en ce moment. Et nous le comprenons.

Nous savons que les élections ne sont pas la préoccupation cruciale des femmes et des hommes de ce pays en ce moment de détresses multiples. Les Algériennes et les Algériens souffrent de la mal vie; ils sont en quête de tranquillité et d’espoir ; ils veulent être rassurés sur l’avenir de leurs enfants.

Oui les Algériens veulent changer. Oui les Algériens veulent un changement pacifique parce qu’ils connaissent le prix exorbitant humain et politique d’un changement violent.

Quant à nous, nous partageons cette conception ; seul le changement pacifique peut donner une réalité et un avenir à un projet démocratique en Algérie. Nous en acceptons toutes les implications.

C’est pourquoi nous avons refusé la logique des coûts et des avantages dans le processus qui a mené à la décision de participation aux élections législatives. Notre choix c’est un choix politique cohérent : ces élections nous permettront de remobiliser le parti et nous l’espérons, la population.

Dans le même esprit, nous ne surestimons pas l’impact de cette participation dans notre démarche globale de sortie de crise. Comme nous sommes décidés à maintenir une pression constante sur les pouvoirs publics sur la question des droits politiques et des droits de la personne humaine.

Nous insistons sur le fait que seule la qualité du dispositif de surveillance peut rendre un minimum de crédit à ce scrutin.

Mesdames, messieurs,

Nous espérons que cette participation aux élections sera un commencement, un nouveau départ pour la construction du parti et la remobilisation politique de la société.

Notre participation n’est ni un reniement ni une reddition ni une capitulation. C’est notre choix souverain.

Merci


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