DzActiviste.info Publié le jeu 25 Avr 2013

Le citoyen, le pouvoir et l’opposition

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Par HAMMANA Mahmoud

algerie-manifestationLe militaire a toujours été à l’endroit des sociétés fatalistes , inconscientes et ou le maraboutisme fait autorité beaucoup plus que la loi, la logique et la vertu, le plus convaincant par ce que il est, tout autant que l’intellectuel et l’opposant, tout simplement le produit. Plus motivé et qui n’abdique pas aussi facilement, aidé par le contexte de ces entités aux prises avec leurs contradictions et qui portent les facteurs de leur propre débâcle, qui remontent loin dans le temps, et dont il est pleinement conscient dans un pays ou il y a des opposants mais sans opposition.

Ces sociétés ont toujours constitué le prolongement du système et son ultime recours. C’est pourquoi, l’opposition algérienne est toujours au stade des initiatives privées disparates, désorganisée et souvent véhiculant des tendances politiques contradictoires et parfois subjectives du fait que le concept d’opposition lui-même ,toujours assimilable chez la majorité des algériens à une traitrise à la nation ,n’est pas suffisamment ancré dans l’esprit de l’algérien pour constituer une culture et une tradition à laquelle il tient tout autant que n’importe quel autre comportement individuel dans sa vie.

On est en face du problème de l’unicité de la pensée qui rend impossible l’émergence d’un esprit capable de générer un courant idéologique qui répond à la définition d’ »opposition « mais une volonté sociale commune de s’entendre sur un consensus national de combat, l’opposition n’étant pas nécessairement l’expression de l’hostilité au pouvoir.

Le citoyen au fait ne hait pas le militaire car il y voit cette force protectrice qui le sécurise et sans laquelle il devient vulnérable peut-être par ce qu’il est masochiste sans le savoir à travers une dépendance ombilicale.

Pour avoir une opposition, il faut au préalable avoir un peuple. Un peuple n’est pas cette masse humaine qui, au sens du droit constitutionnel, occupe un territoire mais un citoyen conscient des enjeux et disposé à tous les sacrifices et qui n’accepte pas que ses droits fondamentaux fassent l’objet de concessions qui lui sont faites par le pouvoir. Le poids d’un peuple préconise un passé qui honore et qui est le patrimoine de toute une nation qu’aucune force ne peut monopoliser ou instrumentaliser ou revendiquer des droits spéciaux à son propos, un présent qu’on maitrise  judicieusement sans préjugés, sans complexes et un avenir pour la préparation duquel la société toute entière est impliquée.

La démocratie ne veut pas dire disposer d’un logement et d’un emploi mais de décider souverainement de son système politique et de ses gouvernants car c’est justement là où Boumediene voulait nous conduire et il a réussi malheureusement car dès que le jeune trouve un logis et une masure, il se croit avoir tout gagné pour avoir obligé au prix de quelles souffrances les autorités à lui reconnaitre ce qui lui revient de droit pour verser dans un élan élogieux à l’endroit de ses oppresseurs oubliant dans un enthousiasme éphémère toutes ses souffrances. Ce cas de figure a été manifeste à l’occasion de l’indisponibilité des liquidités au niveau des institutions financières et l’enthousiasme qui s’est emparé du citoyen suite au dénouement de cette crise sciemment entretenue par la mafia au pouvoir pour rappeler au citoyen son utilité et tous les efforts qu’elle déploie pour lui venir en aide. Un stratagème devenu caduc tant il fut mis à contribution lorsque les impératifs du moment l’exigent.

Ainsi, est-il possible de concevoir une opposition représentative et compétitive dans un tel contexte ou la cupidité et l’égoïsme l’emporte sur les idéaux et sur l’avenir de ceux-là qui dans un moment d’inadvertance se détachent de la société pour faire inconsciemment (ou consciemment au motif du besoin) le jeu du pouvoir.

Cette conception simpliste de la démocratie montre les limites de l’esprit algérien véhicule d’un faux orgueil ,partisan du moindre effort et porté vers la résignation et à l’anarchie ,mais qui est au fait préoccupé par la satisfaction de ses besoins en se voilant du voile pudique de la défense des valeurs morales, non seulement chez le citoyen mais,pire encore, chez la classe intellectuelle sensée être la locomotive de la société et un facteur de promotion de la pensée.

L’algérien ne veut pas suivre, il veut être suivi et se veut une source d’inspirations et va jusqu’à proposer ses…..expériences à autrui alors qu’il ne maitrise que les diatribes comme moyen de dialogue et est à des années lumière de ceux auxquels il se croit supérieur et lorsqu’il s’expose à la fin de non recevoir et ramené à sa juste proportion ,il reprend son refrain: tout le monde lui en veut, c’est la faute au Qatar (dont les émirs , amis personnels du président , s’attaquent à notre patrimoine cynégétique au point ou les espèces rares sont menacés d’extinction au nom d’une coopération économique sans incidence sur le quotidien du citoyen) et à Israël (dont les conseillers ont initié nos bourreaux à la technique des tortures auxquels ils ont participé lors de la décennie rouge et rétribués à coup de millions de dollars) et au NATO qui dispose de deux bases dans le Sud généreusement attribuées par nos »généraux »pour échapper au TPI et dont les drones scrutent notre espace aérien et terrestre)et à la CIA qui a des bureaux à Alger et dont la présence devient le secret de polichinelle.

HAMMANA Mahmoud , retraité -Algérie


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