DzActiviste.info Publié le mar 11 Juin 2013

Le coup d’Etat permanent.

Partager

Par Said Radjef

regime_arabe_algerieL’Algérie semble ne retenir aucune leçon des coups d’Etat contre Benbela, Chadli et Boudiaf, pourtant si riches en enseignements, pour éviter d’autres drames et tragédies. Le régime est un mauvais élève. Un élève qui ne retient pas ses leçons, qui pense qu’avec la ruse et la triche il réussira tous ses examens.

En tout état de cause, les choses étant ce qu’elles sont, depuis l’hospitalisation de Bouteflika, un inquiétant parfum de coup d’Etat plane sous le ciel d’Algérie. Des voix s’élevant tout hautes, appellent de leurs vœux l’armée à mettre un terme au mandat de Bouteflika. Le dernier à s’exprimer ainsi Med Mechati, l’un des membres du groupe des «21 », débauché la veille du 1er novembre 1954 par les membres du CC et chassé des maquis de Kabylie par Krim Belkacem et Ali Mellah. Pourquoi bousculer les institutions avec un autre coup d’Etat, alors que les cartels de l’armée qui detiennent et exercent le pouvoir sans partage depuis 1958 à ce jour n’ont en face d’eux aucun adversaire capable de leur ravir la décision politique ?

Pourquoi un coup d’Etat contre une personne dont on dit qu’elle est cliniquement morte, sans légitimité et sans le moindre soutien du peuple ? Pourquoi les cartels de l’armée qui retiennent en otage l’Etat sans que personne ne trouve à redire, devraient-ils commettre un autre coup d’Etat ? Y aurait-il des forces obscures dont le peuple ignore l’existence, qui nichent à l’ombre et attendent le moment opportun pour s’approprier le pouvoir ? Qui sont ces forces obscures que la mort de Bouteflika va ragaillardir et requinquer ? Qui est donc cet autre ennemi du peuple dont les algériennes et les algériens, hormis la presse et Mechati, ignorent tout ? Personne ne demande à l’armée de justifier le pouvoir qu’elle exerce seule et sans partage depuis plus d’un demi siècle. Le seul à l’avoir fait, Abane Ramdane en 1956, il a été sauvagement exécuté par ses pairs, sans que cela n’émeuve quelqu’un parmi ses protégés.

En quoi la maladie de Bouteflika est-elle une entrave aux cartels de l’armée et à la « démocratie » que la presse algérienne veut à tout prix préserver ? Pourquoi les cartels de l’armée n’agiraient-ils pas dans la légalité en appliquant les règlements de la loi fondamentale du pays en pareille circonstance ? La famille Bouteflika aurait-elle en bradant les richesses du pays mis sur pied, dans le secret le plus absolu, une force capable de résister à l’hégémonie des cartels de l’armée ?

Au lieu, avec son parcours et son âge, de plaider pour la construction d’une vraie école à même de produire des citoyens ayant le sens des responsabilités civiques et morales et d’édifier des institutions bien établies, notre révolutionnaire à la noix de coco ne trouve rien à dire que d’appeler les caporaux à commettre un autre coup d’Etat. Cette façon d’agir nous amené à nous poser cette question : l’algérien peut-il s’exprimer autrement que par la violence, la flagornerie et les boniments ? Combien de coups d’Etat faut-il à ce pays pour qu’il retrouve la paix, la citoyenneté, le savoir et la science ?


Nombre de lectures: 1552 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>